‹ Les œuvres de Hugues de Saint-Victor: essai critiqueChapitre 13 sur 39 · ŒUVRES PUBLIÉES DANS LE TOME DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ŒUVRES PUBLIÉES DANS LE TOME DEUXIÈME

L InstUutiones in Decalogum legis dominicœ.

Ce traité n'est pas, dit-OD, contestable à notre Victorin. On ajoute : « On y trouve des traces évidentes de sa doctrine. » Assurément. Nous allons pourtant élever une contestation. Ces Institutions ne sont pas, en effet, un ouvrage, un traité composé par Hugues de Saint- Victor ; c'est un ensemble fabriqué par les éditeurs de 1648 avec des pièces authentiques, mais fort mal assorties. Il se compose de quatre chapitres, dont les trois premiers sont, en effet, une paraphase des préceptes du Décalogue ; mais le quatrième, qui traite de l'amour, ne s'y rapporte en rien.

Les trois premiers chapitres, commençant par Avdi, Israël : Deus tuus Deus unus est, se rencontrent isolément dans quelques manuscrits, sous les titres de : De decem prœceptis Decalogi; Tractatus de Audi Israël (1). D'autres nous en offrent un

(l) Bibl. nation, no» 1908, 2929.

fragment intitulé : De prœceptis secundœ tabula (1). Il semble que les anciens copistes se soient entendus pour donner à ces trois chapitres, soit réunis, soit démembrés, les titres les plus variés. Que néanmoins on ne les accuse pas d'avoir tendu ce piège aux futurs critiques; ils pouvaient en effet intituler à leur convenance des morceaux par euxmêmes détachés de l'ouvrage le plus important, le plus célèbre, de notre docteur. Gomme l'abondance des manuscrits nous l'atteste, cet ouvrage était, au moyen âge, dans toutes les mains. C'est le Traité des Sacrements, Dans le premier livre de ce traité, douzième partie, chapitres vi, vu et viii, se retrouvent les chapitres i, ir, m des Institutiones in Deçàlogum legis dominical. Ainsi les éditeurs de. 1648, et, suivant leur exemple, ceux de 1853 ont publié deux fois le même texte. C'est donc un nouveau péché d'étourderie. Nous ferons en outre remarquer que cette glose sur le Décalogue est plus correcte dans le Traité des Sacrements qu'elle ne Test

Ayant remis à leur place les trois premiers chapitres de ce faux traité, nous arrivons au quatrième qui commence par : Quotidianum de dilectione sermonem serimus. Dans tous les manuscrits, et ils sont très nombreux, ce prétendu chapitre est, au contraire, un traité complet, que tous les copistes, les anciens bibliographes et les compilateurs (2) intitulent De suh-

(1) Bibl. nat. no 14303.

(2) Voir notamment Thomas d'Irlande, dans son Manipulus florum, au mot Dilectio.

stantia dileclionis{i). Quelques copistes Tayant attribué par mégarde à saint Augustin (2) , il a plusieurs fois été publié soit parmi les œuvres authentiques, soit parmi les œuvres supposées de ce Père (3). Mais Terreur de cette attribution est depuis longtemps reconnue. On faisait d'ailleurs grand tort au Victorin en lui refusant cet opuscule dont le style est d'une remarquable élégance.

Page 1