IV. De imione camis et spiritus
Les éditeurs ont réuni sous le même titre deux opuscules auxquels nous devons restituer leurs titres distincts. Le premier, commençant par Quod natum est ex carne caro est^ peut être, en efifet, intitulé : De unione camis et spiritus; mais le second, qui commence par Semel locutus est Deus, a pour titre, dans les manuscrits, De verbo Dei. Notons bien qu'ils n'ont ensemble aucun rapport. C'est pourquoi les manuscrits nous les offrent toujours séparés ; quelques-uns même contiennent Tun et non pas l'autre (1).
Le premier renferme de très curieux renseignements sur la philosophie de notre chanoine. On y voit qu'il soupçonnait quelques-unes des thèse3 princi-
(1) Le premier est, séparé du second, dans les n<» 14303 et 15695 de la Bibliothèque nationale. Le second, qui se trouve aussi dans ces deux recueils^ est encore, sans le premier, dans les n<» 12261, 13422, de la Bibliothèque nationale, 307, 433 de la Mazarine, 85 de Tours et dans un volume de la Ijaurentienne décrit par Bandini. (CaiaU bibl. Laur.j t. IV, col. 610.)
pales de la psychologie thomiste. Ainsi, comme saint Thomas, il distingue Tàme des bêtes de rame des hommes, en disant que Tâme des bêtes éprouve des sensations, recueille des images, des fantômes, et ne Va pas plus loin, tandis que Tàme des hommes pense après avoir senti. Avec le même docteur, il établit rimagination dans le domaine de la sensibilité, où, dit-il, elle s'emploie à façonner certaines similitudes des corps extérieurs, qu^elle transmet ensuite à l'intelligence. Et ces opinions sont exprimées en des termes nets et précis, qui n^appartiennent pas à la langue des mystiques. On trouve quelques passages de cet opuscule dans le deuxième livre du De anima. Mais nous avons dit que ce deuxième livre est Touvrage d'un compilateur anonyme, qui n'a pas déclaré ses emprunts.
Le second, farci d'allégories et d'antithèses, est un écrit purement théologique. Il y a beaucoup d'esprit ; il y en a même trop : les ornements de la forme empêchent souvent de bien voir le fond. Le titre ou chapitre xvii du sixième livre des Mélanges, intitulé De verbi Dei efficacia; n'est qu'un abrégé de ce traité De verbo Dei.
Il n'y a pas de débat sur l'auteur de ces deux opuscules. Tous les manuscrits les attribuent au chanoine de Saint- Victor.