VTRE
RE.SI>ONSF, A UN DF.FFY (I).
Comme vu galant et braue Clieualicr, Vous m’appeliez en combat singulier D’amour, de vers, et de prose polie.
Mais à si peu mon cœur ne s’humilie, le ne vous tiens que pour vn escolier.
Et fussiez-vous braue, docte, et guerrier; En cas d’amour n’aspirez au laurier.
(I) Oltc pièce s’adressait à Irmieaii.
POÉSIES
Rien ne déplaist à la belle Iulie,
Comme vn galant.
Quittez l’Amour : ce n’est vostre mestier, Faistes des vers, traduisez le Psautier : Vostre façon d'écrire est fort iolie.
Mais gardez-vous de faire de folie :
Ou ie sçauray, ma foy, vous cbastier Comme vn galant.
AVTRE.
AV MESME
Vous parlez comme vn Scipion ,
Et si vous n’estes qu’vn Pion,
D'vn mot ie vous pourrois deffaire.
Mais vne palme si vulgaire.
N'est pas pour vn tel champion.
le vous le dis sans passion ,
N’ayez point de présomption ;
Et songez de quelle manière Vous parlez.
Eussiez-vous 1e corps d’Orion, Auecque la voix d’Arion :
Deuant moy vous vous deuez taire.
Ne craignez-vous point ma colere ?
Qu’est-ce là, petit embrion t Vous parlez !
DE MONSiEVR DE VOITVRE.
AVTRE.
Eli boa François politique et deuot ^
Vous discourez plus braue (I) qu’vn Magot. Vostre chagrin de tout se formalise :
Et l’on diroit que la France et l’Eglise Tournent sur vous, comme sur vn (2) piuot.
A tous propos vous faites le bigot,
Pleurant nos maux auecque maint sanglot : Et vostre cœur Espagnol se déguise En bon François.
Laissez l’Estat, et n’en dites plus mot.
11 est pourueu d'vn tres-bon matelot.
Car, s’il vous faut parler auec franchise, Quoy que sur tout vostre esprit subtilise.
On vous connoist, et vous n’estes qu’vn sot , En bon François.
BALIJ^DE
EN FAVEVR DES CEVVRES DE NEVF-GEBMAIN.
Par tous les coins de l’Vniuers Le Cygne Mantoüan resonne :
L’aueugle Thebain de ses vers Encor toute la Terre estonne.
Mais ie n’accorde la couronne.
Pour le Grec, ni pour le Romain :
Et l’employant mieux, ie la donne Au beau Monsieur de Neuf-Germain.
(I) D'autres éditions portent : plia graue. (Z) D'autres éditions portent : leur péuol.
POÉSIKS
L’autre ioiir le grand Apollun Pere du iour et de la gloire,
Tenoit au Ciel vu violon Marqueté d’ébene et d’yuoire ;
Kt dit aux filles de Mémoire :
le le veux mettre en bonne main.
Car ie le garde pour la foire Au beau Monsieur de Neuf-Germain.
Mercure luy dit : C’est vn fou ,
Que de trop bon œil tu regardes :
Il fit des vers sur Trilbardou ,
.Aller des paroles Lombardes.
Mais ses rymes sont trop hagardes :
Et Mars iura par saint Firmin ,
Qu’il voiiloit donner des nazardes Au beau Monsieur de ISeiif-Ciermaiii.
l,es Muses lors firent vn cry Qui passa la dixiesme Sphere ;
Et défendant leur fauory.
Pleines d’vne iuste colere,
Iiirerentè lupin leur pere,
Qu’elles partiroient dés demain ,
Si pas vn d’eux osoit déplaire Au beau Monsieur de Neiif-tjermaiii.
lupiter dit à haute voix :
Mes cheres filles, ie me fie Entièrement à vostre choix .
Quel qu’il soit, ie le déifie :
Et veux , ie vous le certifie ,
Que sur Parna.sse ou en chemin , Cinquante veaux on .sacrifie Au beau Monsieur de Neiif-tjerrnain.
DE MONSIEVR DE VOITVRE