PLACE
A VNB DAME.
Plaise à la Duchesse tres-bonne (I Aux yeux fres-clairs, aux bruns cheueux, Reyne des flots de la Garonne,
Dame du Loth, et de tous ceux Qui virent iamais sa personne :
De laisser entrer franchement,
Sans peine et sans empeschement,
Vn homme au lieu de sa demeure ;
Qui , s’il ne la voit promptement , Enragera dedans vne heure.
On a pour luy trop de rigueur Chez vous : et tout haut il proteste,
Que par vn larcin manifeste,
On retient son ame et son cœur.
Et que l’on ne veut pas le reste.
L’vn est dedans, l’autre est dehors,
Et l’vn et l’autre est tout en flame :
Il est raisonnable, Madame,
Ou que l’on reçoiue son corps.
Ou que l’on luy rende son ame.
Il se voit pris comme au lacet ,
Et souffre vn estrange supplice.
Mais le pauuret est sans malice.
Ne refusez pas son Placet ;
Car sans doute il est de iustice.
Il a trop souffert de moitié.
Au nom de sa ferme amitié.
Consolez son ame abbatuë :
Ou dites, au moins, par pitié A vostre Suisse, qu’on le tuë.
(I) La duchesse d'Aiguillon.
I>K MONSIEVIl DK VOITVRK.
AVTRK.
A MONSEIGNEVR LE CARDINAL MAZARIN
Plaise, Seigneur, plaise à vostre Eminence, Faire la paix de l’aflligù Cocher Qui par malheur, ou bien par imprudence. Dessous les flots vous a fait trébucher.
On ne luy doit ce crime reprocher :
Le trop hardy meneur ne sçauoit pas ,
De Phaëton l’histoire et piteux cas.
Il ne lisoit Métamorphosé aucune :
Et ne croyoit qu’on deust craindre aucun pas, En conduisant César et sa fortune.
AVTRE.