‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 193 sur 229 · GLOSE · texte numérisé non relu

GLOSE

De bon rœtir ie vous fais hommage, l'inspinble an Comte Cniplieus.

DK MONSIEVU DK VOl'l VKK.

Mais ie l»ay for en mon coiirage,

Ce failly glouton (rArnaktus.

le croy qu’il a les sens perdus ;

Ni bien, ni sang il ne ménage :

Et luy qui sçait tant de rébus,

Est moult ecliars de son langage.

Le gluut, pourtant, |>ar lois fait rage : Et pour en parler sans abus,

Nous n’aurions pas grand auantage.

<.^uand tels ribauds seroicnt (xnidus.

Mais ie voudrois que vous, sans plus.

Ayant d’écrire le partage ;

Tout autre écriuain fiist perclus :

Ce ne seroit ia grand dommage.

NOVVELLES OEVVRES

DE MONSIEVR

DE VOITVRE.

LE LIBRAIRE AVX LECTEVRS.

Qvelqnes i>ersonnes ont ou «•cite opinion, des divers«-s Impressions que ie vous ay données iusqu’icy, des Lettres et des Vers de feu Monsieur de Voiture ; qu’on n’auoit pas fait vu choix assez exact de ses écrits, qu’il n'y deuoit entrer que les pièces les plus aclieuées; et que les belles choses qu’il a faites, y perdent vue partie de leur grâce, par le mcslangc des médiocres. Quelques autres ont tenu, au contraire, que tout estoit précieux de cét Autheur; qu il n a point tiré de si petite ligne qui n ait son prix ; et que tout ce qu’il escriuoit , gardant tousiours le rare charactere de son Esprit, il se falloit bien donner de garde d’en supprimer les moindres billets. L’vne et l’autre de ces deux opinions a eu ses partisans, et partisans si qualifiez et si célébrés, qu il seroit difficile de se déterminer à I vn des partis, au préjudice de l’autre. Aussi n’ayant garde d’entreprendre de décider icy, lequel de ces deux sentimens est le plus plausible et le mieux fondé, ie vous diray seulement, que l'accüeil fauorable que le public a fait aux Oeuures de cét Autheur, m’a animé à la recherche de quelques autres pièces de sa façon, qui ne fussent point encore veniies à vostre connoissance : Et ie n'ay pas esté si malheureux en cette seconde nauigation, oii ie me suis embarqué par le désir de vous complaire; que ie n’y

LE LIBllAIKE AVX LECTEVKS.

a,ve descouuert de nouuelles terres abondantes en fruicts, dignes de Yostre curiosité, et de \ostre goust. Mais comme il est des productions de l’Iiisprit comme de celles de la Nature ; et que dans les vues ni dans les autres tout ne se rencontre iamais d'égale force, ni de pareille valeur : si tout ne vous semble pas exquis decelles-cy ; au moins j’ose vous asseurer que vous n’y trouuerez rien qui ne soit digne de vous estre offert; et il ne m’arriuera point de rougir de mon présent, tandis que ie ne vous donneray que ce qui part de cette main. Feu Slonsieur le Comte d’Auaux, dont la Vertu sera tousiours également reuerée des François et des Estrangers, qui seul pouuoit par son estime faire la réputation d’un Autheur, et qui estoit vn de ceux qui disoient qu’il ne falloit rien perdre des escris du nostre : nous aurait bien donné par cét auis, l’exemple de faire de quelques vnes de ses Lettres, qui ont esté trauuées parmy les papiers de l’Aulheur, ce qu’il conseilloit qu’on fist de celles de l’Autlieur mesme. En effet elles sont si belles, et si capables de contribuer à la gloire de l’vn et de l’autre; que ic n’aurois fait aucune difficulté de les donner au Public ; si les Maistres des rares trésors de son Esprit, et qui en r’enfennent beaucoup d’autres dans leur cabinet, l’auoient voulu permettre. Que si le temps les met en quelque meilleure disposition de vous obliger ; et que quelque autre obtienne d’eux ce consenlemcnt, ie ne manquera}' pas de vous les donner. Elles vous forceront d’auoüer que ce grand homme, n’estoitpas moins consommé en la science de bien dire, qu’en celle de bien faire , et qu’il estoit capable de toutes choses. le ii’cu vseray pas de mesme d’vue antre pièce, dotit vue personne d’émincute condition de l’autre sexe, vous auroit voulu priuer. Vous serez donc aucrtis sur ce sujet, qu’vue Dame de grande qualité , et sans comparaison de plus grand mérite : ayant inuenté le plus ingénieux sujet de Roman dont l’esprit humain se puisse auiser, sous le nom fameux

LK LlUtlAlRli AVX LKGTEVRS. :.ÎW

d'Àlcidalis : A'ostrc Authcur sur le dessein qu’elle luy en auoit coinuiuniquc, auoit commencé de le rédiger par escrit, et les fueilles manuscriptes en ayant pareillement esté trouuées parmy ses papiers apres sa mort; si le jugement que la modestie de cette Dameluy fait faire, d'vn Ouuragc où elle a tant de part, en auoit esté creu, il auroit continué de demeurer euseueli dans les mesines tenebres où il a esté jusqu'iey. Mais ce Fragment en Testât que pour son malbeur, (ou plustost pour le nostre) il se trouue aujourd'huy ; mérité mieux, que la considération particulière de ce qui la regarde, ne luy permet d'en penser. C’est vn échantillon d’vne fort belle pièce, qui tout esloigné qu’il est de sa perfection et de la derniere main de l’Autheur : ne laisse pas de donner suffisamment à connoistre la uobii^sse et la dignité de son sujet, et qui en laisse dans l’esprit vne si belle Idée, que ce ne sera pas sans laisser en mesme temps à la postérité qui le verra, vn regret eternel que TEscriuaiii en soit demeuré là. A moins que le mesme Esprit à qui la gloire de Tinuention en est deiie, voulust donner la piece toute entière de sa façon. Aussi Monsieur de Pinchesne, ncueu de l’Autlieur, à qui vous deupz le premier recueil de ses Oeuures, comme plus intéressé que j)ersonne à la gloire de Monsieur son Oncle, dn a jugé auec quelques-vns de ses Amis, plus fuuorablcment qu’il n’a pieu à cette illustre personne de faire. Monsieur Costar entre autres a appuyé de son auis par escrit, le jugement qu’il eu auoit fait : et prétendant qu’autaut sur leur commun conseil, que sur la foy du nom de ses Autheurs, il n’y a rien à craindre de cét Ouurage; il a creu, qu’il me lepouuoit linrer de son chef, siius aucune autre anthorité, et qu’eu se chargeant tout seul du reproeheque le publie luy en pourroit faire, il n’estoit pas besoin d’vn ample consentement. Vous lui aurez encore à la faneur de ce premier, l’obligation d’vn autre Fragment de TEloge du Comte-Duc d Oliuares; qui tout tronqué qu’il est, ne laisse jws

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