‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 194 sur 229 · LI-: LIURAIlUi: AUX LECTKUUS · texte numérisé non relu

LI-: LIURAIlUi: AUX LECTKUUS

|miir la grauitr de son sujet, et pour les nobles sentiinens d vn véritable Ministre d'Estat (jui s’y trouuent, d'estre digne de vostre curiosité. C’est tout ce que j'ny pù reciieillir de plus rare et de plus uouucau, des écrits d'vn Autbeur si célébré : et comme apres l’applaudissement que ses premières Ocuures ont eu, c’est mériter du public que d’en faire de nouuelles recherches; ie vous prie, pour principal payement, de m’en sçauoir au moins quelque gré.

^OVVELLES LETTRES

DK MOMSIKVII

DE VOITVRE.

A MOASEIG-NKVR LE CARDINAL DE LA VALETTE. I.ETTHK I.

Moisseionevb ,

lusqu’it ce que la Rochelle ail esté rendue, ie croy qu’il a esté necessaire que vous ne qiiitassiez point le Roy; et qu’vne si grande affaire comme celle-là, auoil besoin, pour estre acheuéc, de vostre presence, et de l’assistance de vostre genie. Mais si vous ne reuenez bien viste, à celte heure que vous n’auez plus de prétexté de vous yarrester, vos affaires seront en plus mauuais termes que celles des Huguenots; et dans le temps de la félicité publique, et que tout le monde espere d'estre en repos, vous seul ne jouyrez jioint de la paix, et aurez vne dangereuse guerre sur les bras. Il y a desia quelques iours. Monseigneur, ipie l’on commence à murmurer icy, de ce (pie vous demeurez-là trop long-temps. Quelques Ennemis couuerls, (pie vous niiez aiipn-s de vous, ont esorit, que vous ne vous y ennuyez pas assi>z : et \i’ouïs l’autre iour lire vne lettre, oii l’on asseuroit que l'on vous y- voit rire quelquefois. Cela irrita icy contre vous les esprits de tout le monde. Vne Dame qui ne se fasclie pas legerement, mais ipii ne pardonuc iamais; témoigna d'en estre fort offensée : et Mademoiselle de Rambouillet, et Mademoiselle Paillet s’en hérisseront toutes, et en rugirent horriblement, et proposèrent à l’heure inesme, d’aller piller vostre logis. Si vous s<.'aiiiez. Monseigneur, aussi bien que moy, de quelle sorte leur haine est à craindre , et combien de maux ont à endurer ceux qui souffrent leur persécution : vous abandonneriez toutes choses, iHiiir reuenir en diligence , et ne vous arresteriez pas vu moment en elie-

NUVVKLLKS LbTTUES

min, que |Kiiir boire du lait à toutes les postes. Car si vne fois elles conspirent contre vous, vostre Dignité ne vous s\auroit mettre à couiiert : vous serez par tout en alarme, et en inquiétude : et il n’y aura plus dans le Monde vn lieu de seureté pour vous. Pour raoy. Monseigneur, dans les tounnens qu’elles me donnent, si ie vois qui“l<iuc consolation , c’est seulement en l’esperance de vostre retour : et ie m’imagine, que ce me sera quelque soulagement, que d’aiioir l'honneur de vous voir, et le plaisir de n’estre plus obligé d’escrirc à personne. .Ne vous estouncz donc pas, s’il vousplaist, que ie le souhaite ardemment; puisque j’y ay tant d’interest, et que ie suis passionnément.

■4V MESME

LETTRE II

MoNSElGPiEVn,

Quoy que j’espere estre dans quelques iours plus prés de vous que ie ne suis : ie crois qu’il est à propos que j’en prenne congé dés cette heure; et que ie vous die, qu’enfm, après beaucoup de [>eine, ie suis résolu d'aller Irouuer mon Maistre, voyant que ie n’en ay plus icy. Selon que ie puis entendre, çe n’est pas me mettre du costé des plus forts : et ie ne crois pas que ie le fortifie guère par ma présence. Au moins, ie vois bien, par l’exemple de Monsieur de Lorraine , et le peu de secours qu’il a apporté aux affaires de rEni|>ereur : que les grands hommes ne font pas lousiours toutes choses; et qu’ils ont besoin de l’assistance des autres, et de celle de la Fortune. Tant y a. Monseigneur, que ie feray tousiours vne grande aclion en sortant de Paris : et ie crois qu’il faut autant de courage et de force pour quitter cette Ville, que pour en prendre autant fjoe le Roy de Suède en tient en .Allemagne. 11 est vray, Monseignem-, qu’il y a moins de difficulté, à cette-beure, que vous n’y estes pas. Et j’auouë que la fortune m’a aydé beaucoup à m’y résoudre, en vous en tirant. Car, sans mentir, ie doute si j’eusse iamais pû en sortir, tant que j’eusse eu l’honneur de vous y voir, et que j’eusse pù y demeurer auec vu si beau prétexté (jiie celuy d’estre auprès de vous. Mais, Monseigneur, les j>ersonnes, (pii me iKiurroient icy donner de la joye, remettent toutes les leurs k vostre retour: et tous

DE M0N8IEVH DE VOITVIŒ.

les desseins de Hais et de Comédies se different iiisques à ce tempslà. le ne sçay pas. Monseigneur, si c’est vostre absence, ou celle de la Cour, qui ostc quelque chose de leur gayeté. Mais ie vous asseure que ie ne leur vois plus rien faire de bon cœur, que quand elles parlent de vous. Dans vn si grand nombre des plus aymables personnes du monde, dont vous possédez raffeelion; ie n’ay garde de croire , Monseigneur, que la mienne vous puisse estre considérable. Mais il me semble, que ie serois ingrat, si ie m’empeschois de vous dire, que les grâces que j’ay receuës de vous, ont fait en moy l’effet qu’elles doiucnt en vn cœur bien reconnoissant; et qu’entre tant d'hommes à qui vous auez fait du bien, il n’y en a point qui soit tant que moy.

AV MES.ME

LETTRR ni.

MO.NSEIOaEVB,

l’cstois en doute, si ie deuois vous parler d’vne affaire qui m’est extrêmement importante. Mais Madame la Marquise de Ramlmiiillet m’a asseuré, qu’il n’y auoit point de danger. Et ie ne fay point do difficaillê de la croire : vous ayant oüy dire beaucoup de fois , qu’elle est vnc des plus prudentes pci-sonnes du monde ; et que l'on ne

peut faillir par son conseil

Ayant desia receu tant de bien de vous, ie n’eusse pas osé vous importuner encore de cette affaire, si elle eust esté pour moy de moindre coiiscqiience. Mais, Monseigneur, ie sçay bien que vous ne vous lassez iamais de bien faire : et j’espère, que vous qui n’auez pas espargné vostre bien pour me secourir, serez bien-aise de sauner le mien, en cette occasion; et de me faire le plus important plaisir que ie puisse iamais receuoir de personne. le vous supplie tres-hiimblement. Monseigneur, de me psuxlonner, et de croire que ie suis auec toute sorte de respect,

MonsKiGNEVB, Votlre, etc.

NüVVKLLKS Lm'RtS

AV MESME

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