‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 204 sur 229 · I.ETTBE XIV · texte numérisé non relu

I.ETTBE XIV

MoNSBIONKVn,

le ne puis différer plus long-temps à me seruir de la permission que VOUS m’auez donnée ; et à vous dire, qu’apres auoir vefi la plus belle partie de l’E-spagne, ie demeure tousiours dans l’opinion que j’auois, qu’elle n’a rien de si rare que V. E. Dans tous les lieux où j’ay passé, ie n’ay rien remarqué auec tant de plaisir, que le respect que tout le monde porte à vostre nom, et aux recommandations qui viennent de vostre part. Celles dont il a pleùà V. E.de m’hononu-, ont fait par tout l’effet que j’en ponuois esperer : mais nulle part, comme dans l’AIcaçar de Senille, où j’ay trouué tout le bon accueil, et toute la courtoisie, qui se doit attendre d’vn lieu, où vous commandez. C’est à mon auis la piece de toute l’Espagne, qui mérité autant d’estre veué : et si l'Escuriala quelque chose de plus grand, et de plus magnifique ; ce Palais a des dons particuliei-s, et des grâces naturelles, qui le rendent remarquable entre tous les autres, le vous asseiire pourtant. Monseigneur, que ses dorures, sesiardins, cl ses fontaines, ne sont pas les choses qui m’y ont semblé les plus agréables : et j’y eslimay plus que tout cela, la rencontre que j’y ay faite d’vn Ijentilhomme, qui parle de V. E. quasi auec autant d’affection que moy ; et qui m’a apris beaucoup de particularitez de cette vie, qui me semble la plus admirable du monde. le prie Dieu, Monseigneur, qu’elle soit aussi longue que l>elle : et qu'il me conserue la mienne, jusqu’à ce (pie j’aye pù témoigner à V. E. combien véritablement j’honore les singulières vertus qui sont en elle, et auec quelle passion ie suis,

Monsbigxevr, yoKlro,elc.

K .Setiillf» 10 Aoust l&<3.

Dli MONSIEVH DE VÜirV UE.

A MOSIEYR DE CHAVDE-HONAE.

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