‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 205 sur 229 · I.CTTRE XV · texte numérisé non relu

I.CTTRE XV

MoNsiEvn ,

Si ie meurs, vostre Philosophie vous consolera assez. Mais ie croy que ce sera auec quelque peine; et qu’il y a long-temps que la Fortune ne vous a rien fait perdre qui vous fust si cher, le pense qu’il seroit bien mal à propos, que ie vous donnasse icy des asseurances de mon affection. Vous connoissez mon cœur, comme ccluy qui l’auez fait en partie ; et vous scauez les obligations que ie vous ay. Cela estant, il est impossible, que vous ne voyez bien, que vous l’auez tout-entier. le rcconnois. Monsieur, que c’est à vous à qui ie dois le meilleur de ma vie ; et à qui j’cspere deuoir la résolution que j’auray à la mort. Si j’en viens jusques-là, comme il est assez douteux, ie vous supplie tres huniblement de consoler mon pere autant que vous pourrez; et de dire adieu pour moy à toutes mes amies, que ie quitteray auec quelque sorte de regret. le vous su[)plic aussi trcs-huniblement, de vouloir reconnoistre [wur luoy les obligations que j’ay à Monsieur de Piiylaurens. Pour et; qui est de l’amitié que vous auez pour moy, ie vous prie de la continuer toqsiours. Car c’est vue chose que ie ne me puis résoudre de perdre, mesme en quittant le monde. .Adieu Monsieur, ie suis comme vous s\auez ,

.Monsievb, Voslre,clc.

k Madrid cc II de Septembre I03J. (1|

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