I.ETTHKS
(laine de KanitMiüiUeleii donna l’AiresI, à la requeste de Mmleinoiselle sa fille; et de Mademoiselle Paulet. Elles en annient remis l’execution au retour de Madame la Prinœsse, et de vous. Mais elles s’auiserent depuis, de ne pas différer plus long-temps, et qu’il ne fallnit pas remettre des supplices à vne saison quideuoit estre toute destinée à la joye. l’eus beau crier et me deffendre : la couuertiire fut apportée; et quatre des plus forts hommes du monde furent choisis pour cela. Ce que ie vous puis dire, .Mademoiselle, c’est que iainais personue ne fut si haut que moy, et que ie ne croyois pas que la fortune me dcustiamais tant esleucr. A tous coups iis me perdoient de veuê,et m’enuoyoient plus haut que les Aigles ne peuuent monter. le vis les montagnes abaissées au dessous de moy ; ie vis les vents et les nuées cheminer dessous mes pieds; ie décomiris des pais que ie n’aiiois iamais veus, et des mers que ie n’auois point imaginées. Il n’y a rien de plus diuertissant que de voir tant de choses à la fois, et de descouurir d’vne seule veuë la moitié de la Terre. Mais ie vous asseure. Mademoiselle . que l’on ne voit tout cela qu’auec inquiétude , lors que l’on est en l’air, et que l’on esl asseuré d’aller retomber. Vne des choses qui m’efîrayoit autant, estoit, que lors que j'estois bien haut, et que ie regardois en bas; la couuerture me paroissoit si petite, qu'il me S('mbloit impossible que ie retombasse! dedans : et ie vous auoiie que cela me donnoit quelque émotion. Mais parmy tant d’objets differens, qui en mesme temps frappèrent mes yeux, il y en eut vn, qui pour quelques moments in’osta de crainte, et me toucha d'vu vcritable plaisir. C’est . Mademoiselle, qu’avant voulu regarder vers le Piedmont, pour voir ce que l’on y faisoit , ie vous via dans Lyon que vous passiez la Saône. Au moins, ie vis sur Teau vne grande lumière et beaucoup de rayons à l’entour du plus beau visage du monde. le ne pus pas bien discerner qui estoit avec vous , pource qu'à cette heure-là j’auois la teste en bas, et ie croy que vous ne me vistes point. Car vous regardiez d'vn autre costé. le vous lis signe tant que ie pàs. Mais comme vous commençastes à leuer les yeux, ie retombois; et vne des pointes de la montagne de Tarare vous empescha de me voir. Dés que ie fus en bas, ie leur voulus dire de vos nouuelles. et les asseuray que ie vous auois veuë. Mais ils se prirent à rire , comme si i’eusse dit vne chose impossible; et recommencèrent à me faire sauter mieux que deuant. Il arriua vn accident esirange . et qui semblera incroyable à ceux qui ne l’ont point veu. Vne fois qu’ils m’auoicut esleutî fort haut, en descendant , ie me trouuay dans vn nuage, lequel estant fort épais , et moy extrêmement le-
UK MONSIKVR UE VolTVRK.
ger, ie fus vu grand espace embaiTassc dedans sans retomber. Ut; sorte qu’ils demeurèrent long-temps en bas, tendant la rounerlurc, et regardant en haut, sans s<! {louuoir imaginer ce que j’estois deuenu. De bonne fortune, il ne faisoit {K)int du tout de vent. Car s’il y en eust eu, la nuée en cheminant m'enst porté de costé ou d’autre ; et ainsi, ie fuss<! tombé à terre. Ce qui ne me |H)uiioit arriuer .sans que ie me blessasse bien fort. Mais il suruint vn plus dangereu.x accident. Le dernier coup qu’ils me jetterent en l'air, ie me trouuay dans vne troupe de grues, lesquelles d'abord furent estonnées de me voir si haut. Mais quand elles m'eurent approché; elles me prirent pour un des Pigmées, auec lesquels vous svauez bien , Mademoiselle, qu’elles ont guerre de tout temps ; et crûrent que ie les estois venu epier jusques dans la moyenne région de l’air, .\ussitost, elles vinrent fondre sur moy à grands coups de bec; et d'vne telle violence que ie crens estre percé de cent coups de poignard : et vne d’elles qui m’auoit pris par la jambe, me poursuiuit si opinifttrément, (pi’elle ne me laissa point, que ie ne fusse dans la couuerture. Cela fit appréhender à ceux qui me tounnentoient, de me remettre encore à la mercy de mes ennemis. Car elles s’estoient amassées en grand nombre, et se tenoient suspendues en l’air., attendant que l'on m'y rcnvoyast. Un me reporta donc en mon logis, dans la mesme coiiuerture, si abbatlii qu’il n’est pas possible de l’estre plus. Aussi, à dire le vray, cét e.xercice est vn peu violent, pour vn homme aussi foiblequc iesuis. Vous |iouuez iuger. Mademoiselle, combien cette action est tyrannique, et par combien de raisons vous estes obligée de la desapprouuer. Et sans mentir, à vous qui estes née auec tant de qualitez |)our commander : il vous importe extrêmement de vous accoustumerde bonne heure de hai'r l'injustice; et de prendre ceux qu’on opprime, en vo.sire protection. le vous supplie donc. Mademoiselle, de déclarer premièrement cette entreprise vn attentat, que vous des-auoüez : et pour réparation de mon honneur et de mes forces, d’ordonner, qu’vn grand pauillon de Gaze me sera dressé dans la chambre bleue de l’Hostel de Ramboüillet ; où ie scray seruy et traitté magniliquement huict jours durant par deux Demoiselles qui m'ont esté cause de ce malheur : qu’à vn des coins de la chambre on fera à toute heure des confitures : qu’vne d’elles soufnera ie fourneau, et l’autre ne fera autre chose que mettre du syrop sur des assiettes, pour le faire refroidir, et me l’apporter de temps en temps. Ainsi, Mademoiselle, vous ferez vne action de justice, et digne d’vne aussi grande, et aussi belle Prince.s.se que vous
LETTRKS
estes : et ie seiay «litige il’estre auec plus de respect et de vérité que |)ersonnedu monde,
Madkmoisf.i.lb,
Vostre , etc.
A M(K>iSEI(:iNi;VR LE CARm^AL DE LA VALETTE (I). I.KTTRE X.
MONSEIONEVn ,
le voy bien que les anciens Cardinaux prennent vue grande aiithorité sur les derniers reccus : puisque vous ayant écrit lieancoup de fois sans auoir rec-eii vne de vos lettres, vous vous plaignez de ma paresse. Cependant, ie voy tant d'honnestes gens, qui m’asseurent que vous me faites trop d’honneur de vous souuenir de moy, et que ie suis obligé de vous escrire pour vous en remercier 1res humblement, que ie veux bien suiure leur conseil, et passer par dessus ce qui peut estre en cela de mon interest. Vous sçaurez donc. Monseigneur, que six iours apres l’éclypse , et quinze iours apres ma mort. Madame la Princesse, Mademoiselle de Bourbon, Madame du Vigean, Madame Aubry, Mademoiselle de Ramlioiiillet, Mademoiselle Paidet, et Monsieur Chaude-bonne , et moy, partismes de Paris, sur les six heures du soir, pour aller à la Baire, où Madame du Vigean deuoit donner la collation à Madame la Princesse. Nous ne trouuasmes en chemin aucune chose digne d’estre remarquée, si ce n’est qu’à Ormesson nous vismes vn grand chien qui vint à la portière du carrosse me faire feste. (Vous serez, s’il vous plaist, auerty. Monseigneur, que toutes les fois que ie diray nous trouuasmes, nous vismes , nous allasmes , c’est en qualité de Cardinal que ie parle.) Df là , nous arriuasmes à la Barre , et entrasmes dans vne salle, où l’on ne marchoit que sur des roses, et de la fleur d’orange. Madame la Princesse , apres auoir admiré cette magnificence, voulut aller voir les promenoirs, en attendant l’heure du souper. Le Soleil se coucboit dans vne nuée d’or, et d’azur ; et ne donnoit de ses rayons qu’autant qu’il en faut pour faire vne lumière douce, et agréable : l’air estoit sans vent et sans chaleur, et il
(I) Un des plus grands capitaines de son temps. Il mourut en Italie en 1639, âgé de quarante-sept ans.
UE MONSIEVK DE VOITVKE.
senibloit que la terre et le Ciel , à l’envy de Madame du Vigeaii, vouloieiit festoyer la plus belle Princesse du monde. Apres auoir passé vn grand parterre, et de grands jardins tous pleins d'orangers, elle arriua en vu l)ois, où il y auoit plus de cent ans que le iour n'estoit entré, qu’à cette heure-là, qu’il y entra aiiec elle. Au bout d’vne allée grande à perte de veuC , nous trouuasmcs vne fontaine , qui jettoit toute seule plus d'eau que toutes celles de Tiuoli. A l'entour estoient rangez vingt-quatre violons, qui auoient de la peine à surmonter le bruit qu'elle faisoit en tombant. Quand nous nous en fusmes approchez, nous descouurismes , dans vne niche qui estoit dans vne palissade, vne Diane à l’Age d'onze ou douze ans, et plus belle que les forests de Grece et de Thessnlie ne l'auoient iamais voué. Elle portoit son arc et ses flèches dans ses yeux ; et auoit tous les rayons de son frere à l’entour d’elle. Dans vne autre niche auprès , estoit vne de ses Nymphes, assez belle et assez gentille pour estre de sa suite. Ceux qui ne croyent pas les fables , creurent que c'estoit Mademoiselle de Bourbon, et la pucclle Priande (I). Et à la vérité elles leur ressembloient extrêmement. Tout le monde estoit sans proférer vne parole , en admiration de tant d’objets, qui estonnoient en mesme temps les yeux et les oreilles : quand tout à coup la Deesse sauta de sa niche, et auec vne grâce qui ne se peut représenter, commença vn bal qui dura quelque temps à l'entour de la font^ne< Cda est estrange. Monseigneur, qu’au milieu de tant de plaisirs, qni deo«^^ remplir entièrement, et attacher l’esprit de ceux qui en joüissoient, ÔD' ne lanaa pas de se souuonir de vous : et que tout le monde dist, que quelque chose manquoit à tant de conlentemens , puisque vous et Madame de Bamboüillet n’y estiez pas. Alors ie pris vne harpe , et cbantay.
Pues quiso mi guerte dura,
Que faltando mi Senur
Tambien faltase mi dama.
Etcontinuay le reste si mélodieusement, et si tristement , qu’il n’y eut personne en la compagnie à qui les larmes n’en vinssent aux yeux , et qui ne pleurast abondamment. Et cela eust duré trop longtemps, si les violons n’eussent vistement sonné une sarabande si gaye , que tout le monde se leua aussi ioyeux , que si de rien n’eùt
(I) Mademoiselle .tubri. depuis madame de Noirmoiistier.
LÜTTIU'îs
esUï. Et ainsi sautant , dansant ^ voltigeant , piroüettaiit, capriolant, nous arriuasmes au logis, on nous trouuasmes vne table qui sembloit auoir esté scruic par les Fées. Cer y , Monse^eur, est vu endroit de l’aucnture qui ne se peut descrire. Et certes, il n’y a point de couleurs ny de figures en la Rhétorique, qui puissent représenter six potages , qui d’abord se présenteront à nos yeux. Cela y fut particulièrement remarquable, que n’y ayant que des Deesses à la table, et deux demy-Dienx, à sçauoir Monsieur de Chaude-bonne et moy, tout le monde y mangea, ne pins ne moins que si ç’eussent esté véritablement des personnes mortelles, .\ussi, à dire le vray, iamais rien ne fut mieux seruy : et entre autres choses, il y eut douze sortes de viandes, et de déguisemens , dont personne n’a encore iamais oüy parler, et dont on ne sçait pas encore le nom. Cette particularité , Monseigneur, a esté rapportée par mal-heur à Madame la Mareschalle de Saint-Luc : et quoy qu’on luy ait donné vingt dragmes d’Opium plus que d’ordinaire, elle n’a iamais pfi dormir depuis. Au commencement du souper, on ne .beut point à vosti’e santé , pource que l'on fut fort diuerty : et à la fin on n’en fit rien non-plus, pource qu’à mon auis, on ne s’en auisa pas. Souffi-ez , s’il vous plaist , Monseigneur, que ie ne vous flatte point ; et qu’en tidelle Historien, ie raconte nuëmcnt les choses comme elles sont. Car ie ne voudrois pas, que la Postérité prist vne chose pour l’autre: et que d’icy à deux mille ans, on creust que l’on eust beu à vous, cela n’ayant point esté. 11 est vray que ie suis obligé de rendre le témmgnago à la vérité, que ce ne fut pas manque de souuenir, car durant le souper on parla fort de vous : et les Dames vous y soubaitterent; et qnelques>vnes de fort bon cœur, ou ie ne m’y connois pas. Au sortir de table , le bruit des Violons fit monter tout le monde en haut: où l’on trouua vne diambre si bien éclairée , qu’il sembloit que le iour qui n’estoit plus dessus la terre, s’y fust retiré tout entier. Là , le bal recon>mença , en meilleur ordre , .et plus beau , qu’il n’auoit esté autour de la fontaine. Et la plus magnifique chose qui y fust, c’est. Monseigneur, que j’y dansay. Mademoiselle de Uourbon jugea, qu'à la vérité ie dansois mal ; mais que ie tirois bien des armes , pource qu’à la fin de toutes les cadences , il sembloit que ie me misse en garde. Le bal continuoit auec beaucoup de plaisir, quand tout à coup vn grand bruit que l’on entendit dehors, obligea toutes les Dames à mettre la teste à la fenestre : et l’on vit sortir d’vn grand bois qui estoit à trois cens pas de la maison, vn tel nombre de feux d’artifice : qu’il sembloit que toutes les branches et les troncs des
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DE MONSIEVR DE VOITVRE
arbres se conucrlissenl en fusées; que toutes les esloilles du Ciel tombassent; et que la Sphere du feu voulût prendre la place de la moyenne région de l’air. Ce sont, Monseigneur, trois hyperboles, lesquelles appréciées, et réduites à la juste valeur des choses, valent trois douzaines de fusées. Apres s’estre remis de l’estonneinent oii celte surprise avoit mis vn chacun, on se résolut de partir : et on reprit le chemin de Paris à lu lueur de vingt flambeaux. Nous'trauersâmes tout l’Ormessomiois , les grandes plaines d'Espinay, et passasmes sans aucune résistance par le milieu de Saint- Denis. M’estant trouué dans le carrosse auprès de Madame du Vigean, ie luy dis de vostre part , Monseigneur, vn Miserere tout entier : auquel elle répondit auec beaucoup de gentillesse et de ciuilité. Nous chantasmes en chemin vne infinité de Srauans, de l‘etils-dois , de Bonsoirs, de Bon-Bretons. Nous estions enuiron vne lieuë par delà Saint-Denis ; et il estoit deux heures apres minuit. Le trauail du chemin , le veiller, rcxcrcice du bal, et de la promenade, m’auoient extrêmement appesanty; quand il arriua vn accident , que ie creus deuoir estre cause de ma totale destruction. 11 y a vne petite bourgade entre Paris et Saint-Denis, que l’on nomme la Vilette. Au sortir de là, nous rencontrasmes trois carrosses, dans lesquels s’en retournoient les Violons, que nous auions fait jouer tout le iour. Voicy, Monseigneur, qui est homble ! le Diable alla mettre en l’esprit de Mademoiselle de Rambouillet , de leur faire commander de nous suiure, et d’aller donner des sérénades toute la nuit. Cette proposition me fit dresser les cbeueux en la teste. Cependant tout le monde l'approuiia. On fit arrester les carrosses, on leur alla dire le commandement. Mais de bonne fortune les bonnes gens auoient laissé leurs violons à la Barre : et Dieu les benie. Par là , Monseigneur, vous pouuez juger, que Mademoiselle de Ramlioüillet , est vne aussi dangereuse Demoiselle pour la nuit, qu’il y en ait au monde , et que j’auois grande raison chez Madame Aubri , de dire, qu’il falloit faire sortir les violons , et qu’il ne falloit rien jiour se rembarquer, tant qu’on les voyoit presens. Nous conlinuasmes notre chemin assez heureusement ; si ce n’est qu’en entrant dans le faux-bourg, nous trouuasrnes six gi’ands Plastriers tous nuds, qui passèrent deuant le carrosse où nous estions. Enfin nous arriuasmesà Paris. Et ce que ie m’en vay vous dire , est plus épouuantable que tout le reste. Nous vismes, qii’vne grande obscurité couuroit toute la ville : et au lieu que nous l'auions laissée, il n’y auoit que sept heures, pleine de bruit , d’hommes, de chenaux, et de carrosses; nous trouuasrnes vn grand silence,
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et vne efTroyable solitude par tout ; et les rues tellement despeuplées , que nous n’y rencontrasines pas vn homme , et vismes seulement quelques animaux, qui à la lueur des flambeaux se cachoicnt. Mais , Monseigneur, ie vous diray le reste de cette auenture vne autre fuis ,
Qui è'I fin del Canto, e torno ad Orlando. A dio Signor, à voi mi raccomaodo.
A MADEMOISELLE PAVLET (I).
LETTRE XI
Mademoiselle,
Il n’y eut iamais de si beaux encliantemens que les vostres : et tous les Magiciens qui se sont serais d’images de cire , n’en ont point fait de si estranges effets que vous. Celle que vous auez envoyée, a rempli d’estonnement tous ceux qui l’ont veut- : et, ce qui est beaucoup plus admirable, et que ie pense que toute la Magic ne peut faire, elle a donné de l'amour à Madame la Marquise de Rambouillet, et à moy de la joye, le mesme iour que vous estes partie. le ne comprens pas comme cela vous est pù arriuer. Mais la lettre et le présent qui vinrent de vostrepart, me firent oublier tous mes maux : et ie receus la petite Europe auec autant de contentement, que si l’on m'eust donné celle qui fait vne des trois parties du Monde, et que l’on diuise en plusieurs Royaumes. Aussi vaut-elle dauantage , puis qu’elle vous ressemble. Et Madame la Marquise, sous ce prétexté, me l’osta par force, et jura Stix qu’elle ne sortiroit point de son cabinet. Ainsi Europe a esté rauie pour la seconde fois ; et beaucoup plus glorieusement , ce me semble , que lors qu’elle fut enlcuée par lupiter. Il est vray, que pour m’appaiser, l'on m’a donné deux chiens, qui ont le museau si long, qu'à mon aduis ils valent bien vne Demoiselle : et ie ne sçay s’il y en a vne dans Paris, pour qui ie les voulusse donner. Aus.«i bien, en l’humeur où ie me trouue, ie ne dois plus conuerser auec les
(I) La femme la plug liel le et la plus spirituelle de l'hAtel Rambouillet. Elle mourut en test.
DE MONSIEVR DE VOITVRE
creatures raisonnables : et dans le désespoir où ie suis, ie voudrois estre en vn desert , entre les griffes du plus cruel des Lyons, moy qui disois que l’on ne deuoit aymer que les chiens. Vous qui les auez rendus galans., faites , s'il vous plaist, aussi qu’ils soient reconnoissans , et qu’ils se souuiennent quelquefois de moy ; puis que ie les honore plus que personne du monde, et que ie suis.
Mademoiselle, Voslre,etc.