‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 56 sur 229 · I.KTTIIE L.X.X · texte numérisé non relu

I.KTTIIE L.X.X

Madkmoisrllk ,

Puis-que la dicrelion est une des principales parties d’vn Galant : ie croy «[u’en vous eu enuoyanl douze , ie vous paye bien libéralement ce que ie vous dois. Ne craignez pas d’en prendre vn si grand nombre, vous qui jiisqiies icy u'en auez voulu receuoir pas r u. Car ie vous asseure tpie vous poiuicz vous fier en ceux-cy, et ((ii'ils se sçaurout taire des faneurs (pie vous leur ferez. Chielque gloire qu'il y ait à receuoir des vostres ; ce n'est pas peu de cho:<e, d'en auoir tant trouué do cette humeur, en vn temps, où ils sont tous si pleins de vanité. .Vtissi a-t-il fallu les aller quérir bien-loin.

LETTRES

et les faire venir de delà la mer. Vous s<.'auez bien , Mademoiselle , que ce ne sont pas les premiers de ce païs-lù, qui ont esté bien receusen France. Maisvoicy, sans doute , les plus heureux de tous ceux qui en sont venus : et si vous les receliez , ils ne doiucnt pas cnuier ceux qui ont seruy les Princesses , et les Reynes. Car, sans mentir, Mademoiselle , il n’y a rien sur la Terre au dessus de vous : et quiconque auroit part en vostre esprit, se pourroit vanter d’estre en la plus haute place du monde. le parle beaucoup, pour vn homme qui paye une discrétion. Mais considérez, s’il vous plaist, que ce n’est pas trop , qu’vn poulet pour douze galans : et que ceux pour qui i’cscris , au moins ceux de leur pais , ont vne si estrange façon fie se faire entendre , qu’il semble qu’ils parlent d’amour quand ils ne font que des complimens. Ne trouuez pas estrange , qu’estant leur Secrétaire, i’aye en quelque sorte imit^ leurstileiet soyez assciirée, que si ic n’eusse eu il parler que pour moy, ie me fusse contenté de dire que ie suis, Mademoiselle , auec toute sorte de respect ,

Vostre, etc.

A LA MESME

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