I.ETTRE r.xxtir
Moxsievr,
Apres auoir fait vn grand siege, et deux petits; et auoir esté quinze iours en Flandre sans équipage ; n’est-il pas v ray, que c’est vn grand rafraîchissement, que d’aller assiéger Itapaume , et de recommencer tout de nouucaii au mois de Septembre, comme si l’on n'auoit rien fait? Il me semble que les Chcualiers du temps passé , en auoient beaucoup meilleur marché, que ceux d’à cette heure. Car ils en estoient quittes, pour rompre quatre ou cinq lances par semaine, et pour faire de fois à d’autres vn combat. Le reste du temps , ils cheminoient en liberté , par de belles forests, et de l>elles prairies , le plus sonnent , ancc une Demoiselle, on deux , et depuis
iH.
LETTKES
le Roy Perion de Gaule ^1), iiisqii’au dernier de la raee des Aiiiadis , ie ne me soiiuiens pas d’en auoir veu pas vn , empesché à faire vne circoniiallation , ou à ordonner vne tranehée. Sans mentir, Monsieur, la Fortune est vne grande trompeuse ! Rien sonnent, en donnant aux hommes des charges et des honneurs, elle leur fait de mauuais prescns : et pour l’ordinaire, elle nous vend bien chèrement les choses qu’il semble qu’elle nous donne. Car enfin , sans considérer le hazard du fer et du plomb , ( ce qui ne vaut pas la peine d’en parler;) et supposant que vous combattiez tousiours sous des armes enchantées : vous ne sçauriez empescher, que la guerre ne vous retranche vne grande partie de vos plus beaux iours. Elle vous oste six mois de cette année : et à vous, qu'elle a laissé viure , elle vous a osté depuis quinze ans, prés de la moitié de vostre vie. Et cependant. Monsieur, il faut auoüer, que ceux qui la font auec tant (je gloire que vous, y doiuent trouuer de grands charmes : et sans mentir, ce consentement de tout vn Peuple , auec tous les honnestes gens, à mettre vn homme au dessus de tous les autres, est vne chose si douce , qu’il n’y a point d’ame bien faite, qui ne s’en laisse toucher , ni de trauail que cela ne rende supportable. Pour moy. Monsieur, (car aussi bien que vous., ie pretens auoir ma part des inconunoditez de la guerre;) ie vous auoüe, que vostre réputation m’a consolé de vostre absence : et quelque plaisir qu’il y ait de vous oüir parler; ie ne le préféré pus à celuy d’ottir parler de vous. le souhaitte pourtant , que vous veniez bien-tost jouir icy de la gloire , que vous auez acquise : et qu’apres tant de courses , que vous auez faites , vous ayez le plaisir d’aller tout cét hyuer, quelque temps qu’il fasse , deux ou trois fois la semaine, de Paris à Ruel , et de Ruél à Paris. Alors, ie vous dirny à loisir, les alarmes où i’ay esté, pour l’amour de vous , et l’affection auec laquelle ie suis ,
Vostre , etc.
K Paru le IS Octobre 1611.
(I) Périon de Gaule était le pore d'Aiuadis.
AV MESME
Sur sa.prumotion à la charge de Maresclial Je France (l).
LETTRE eXXIV.
MonSEIOKEVR,
le me dédis de tout ce que ic vous auois dit contre la guerre : et puis qu’elle est cause de l’honneur que vous venez de recevoir, ie ne luy sçaurois plus vouloir de mal. 11 y a long-temps que ie iugeois, que tant de valeur, et de seruices , en vn homme de vostre condition , et vue personne si agréable à tout le monde, ne pouuoient n’estre pas bien-tost recompensez. Mais comme il y a tousiours vne grande différence entre les choses qui ont à estre , et celles qui sont en effet, ie n’ay pas laissé de receuoir vne extrême joye d’apprendre, que l’on auoit fait pour vous , ce que l’on ne pouuoit pas manquer de faire: et cette nouuelle m'a autant touché, et m’a esté aussi agréable , que si ie ne l’eusse pas attendue. Il est certain , Monseigneur, que la principale recompense de vos actions, est la réputation qu’elles vous ont acquise. Mais ce ne vous doit pas estre pourtant vn médiocre contentement de vous voir monté, à l’âge où vous estes , au dernier degré, où la fortune de la guerre peut conduire les hommes; et si vous songez , au trauers de combien de périls vous y estes arriué , quels hazards il vous a fallu passer, et combien vous aucz veu tomber de braucs gens , qui couroient dans le mesme chemin que vous : vous sçaurez quelque gré à la fortune, de vous auoir laissé viure jusques-là , et de ne s’estre pas opposée à vostre vertu. Parmy tant de sujets que j’ay de me resioüir de vostre bon-heur, j'ay vne satisfaction particulière que vous ne sçauriez auoir, et qui, en vérité , passe dans mon esprit toutes les autres : de connoistre par les iugemens libres et non suspects de tout le monde , que vostre gloire est sans enuie , et de voir qu’il n’y a personne qui ne soit aussi aise de vostre prospérité , que s’il y auoit quelque jwrt. Celte joye publique de vostre bonne fortune , m’est vn augure qu’elle sera suiuie de toutes les autres qu’elle peut produire : et j’espere que vous adjousterez bien-tost à l’honneur que le Roy vous a fait, (les honneurs qu’il n’y a que vous qui vous puissiez faire , et qui à
(I) Celle lelli'c fut escrile huict iours apres la precedente.
LETTHliS
parler sainement sont pins solides et plus véritables, le pense que vous croirez bien que ie le s<nibaittc de bon cœur, puis que vous sçauez combien , par mille raisons , ie suis obligé d'estre auec toute sorte de respect et de passion ,
Monsf.ionevb , Vostre,etc.
A MOXSIEVR COSTART.
UHTRE eXXV.
MorssiEVB,
Toute vostre lettre m’a extrêmement plû. Mais ie n’ay pû lire , sans jalousie, les contentemens que vous auez eus sur les bords do la riuiere de Charente. Et moy, qui en toute autre occasion, me resioiiis de vos auantages plus que des miens propres , et qui ne vous enuie pas vostre réputation , vostre science , ni vostre esprit : ie vous porte enuie d’auoir esté huit iours auec Monsieur de Balzac, le sçay que vous aurez bien sccu profiter de ce bon-heur iii. Car sur tous les hommes que ie connois, vous estes celuy qui sçauez le mieux jouir d’vne bonne fortune.
et Deoruin
Muneribus sapienter vti.
Vous prendrez ce sapienter, comme il vous plaira , en sa propre signification, ou en la métaphorique. Car si on fait de lx;aux discours à Balzac , on fait aussi de bons disnez : et ie ne doute pas , que vous n’ayez sçeu goiister admirablement l’vn et l’autre. Monsieur de Balzac, n’est pas moins élégant dans ses festins, que dans ses liures. 11 est magister dicendi, et ccetiandi. 11 a vn certain art de faire bonne chere , qui n’est gueres moins à estimer que sa Rhétorique, et entre autre choses, il a inuentc vnc sorte de potage, que j’estime plus, que le Panegiriquo de Pline, et que la plus longue harangue d’Isocrate. Tout cela a esté memeilleiisement bien employé en vous. Car ce n’est pas assez de dire, que vous estes sapiens : vous estes sapieniipolcns , comme dit Ennius. le ne dis pas (]ue lous ne le soyez aussi de l'autre. A’ec enim sequilur, vt rut ror sapial, ei non sapiat palatus. C'est Cicéron au moins, qui dit cela : aliii que vous ne croyez pas que ce palatus soit de moy. Sans men-
~ iiti: d by Go('^Ic
Dli MONSIKVU DE VOITVIŒ. 270
tir, vüstre guiilte vous est venue lù comme à souhait : et ie ne svuy si voslre santé vous rendra iamais vn si ^rand seruice. Ce tour-là tout seul mérité que vous vous reconciliez auec elle, ou qu’au moins, vous ne l’appelliez plus une fluxion, et que vous ne feigniez pas de la nommer par son nom. Mais auoüez-le, n’auez-vous pas fait comme ce Cudius?
Sanas liniendo, übligaml(X|iic plantas, locedisque gradu laboriosu.
Car pour vous dire le vray, vue goutte qui vous prend si à propos, et qui vous arreste huit iours à manger des figues et des melons, > m’est vn peu suspecte/ Au reste, ie ne trouue nullement bon, que vous ayez fait vne si grande amitié auec le maistre du logis, et qu’il vous aime tant qu’il le tcsmoigne par toutes les lettres qu’il escrit icy. C’est tout ce que j'ay pft faire que de ceder à Monsieur Chapelain, et de souffrir d’estre nommé le second.
Non iam prima peto, MneSteus,ueque vincere ccrio,
Quanquam, 01
Mais ie ne souffriray iamais d’estre le troisiesme. Voyez -vous. Monsieur, ce Quanquam , O / est dit dans mon esprit , auec plus d’indignation et d’amertume , qu’il n’est dans Virgile. Prenez-y donc garde, et vous et luy, et l’autre, et vous conduisez bien délicatement. Car, enfin, ie ne syay si ie pourray souffrir tout cela, et si ie ne perdray pas patience. Tout de Iwn, il n’y a rien dont ie fusse si jaloux , que de l’amitié de Monsieur de Balzac. Sans mentir, il est vn des deux hommes du monde, auec qui j’aimerois le mieux passer le reste de ma vie. Vous iugez bien qui est l’autre. Sans parler de son esprit, qui est au dessus do tout ce qu’on en peut dire ,
Il n’y a pas sous le Ciel vn meilleur amy, vn meilleur homme, plus sociable, plus agréable, ni plus genereux : Vir (car ie le diray mieux , ce semble , en Latin) /aci7/«m«s, iucvndissimis, suauissimis moribus, summx integritatii, humanilatif, Jidei, liberaUssimus, erudilissitnus, vrbanissimus, in omni genere officij ornatissimus. L'amitié que nous conseruons ensemble , sans nous en rien escrire , et l’asseurancc que nous auons l’vn de l’autre, est vne chose rare et singulière; mais sur tout, de très-bon exemple dans le monde, et sur laquelle beaucoup d’honnestes gens, qui s<! tuent d’escrire de mauuaises lettres , deuroient apprendre à se tenir en repos, et à y laisser les aulres.
Ce que vous dites de hastir autour de Balzac , comme autour de
Digilized by Goc^le
LETlRliS
r.hilly, m’a semblé fort bon, et scroit en vérité, bien à propos. Mais nous autres beaux esprits, nous ne sommes pas de grands édificateurs ; et nous nous fondons sur ces vers d'Horace,
.Kdilicarc casas, plaustello adiungere muros,
Si quem deicctet Ixarbatum, ins^nia verset.
Au moins. Monsieur de Gombaut, Monsieur de l’Estoille, et moy, auons résolu de ne point bastir, que quand le temps reuiendra, que les pierres se mettent d’elles-mesines tes vnes sur les autres , au son de la lyre. le ne sçay si c’est qu’Apollon se soit dégousté de ce mestier-là, depuis qu’il fut mal payé des murailles de Troye, mais il me semble, que scs fauoris ne s'y adonnent point , et que leur genie les porte à d’autres choses, qu’à faire de grands bastimens. le vous remercie de vostre costau : et ie serais bien fou de faire bastir en vn lieu où j’ay desia vue si belle maison toute faite, le me suis imaginé que ce passage , Nulli potesl facilius esse loqui, quàm rervm naluræ pingere^ etc., estoit du jeune Pline : et J’ay trouué plaisant que vous ne me l’osiez plus nommer. Mais, à vostre aduis, n’eust-il pas mieux dit, Nulli potesl facilius esse loqui, quàm renim naturæ facere. Car premièrement, il y a plus d’opposition entre loqui et facere, qu’entre loqui et pingere ; ce qui donne quel- <|iie grâce. Et puis, c’est quelque chose de plus grand de dire, Nulli facilius est loqui, quàm rerutn naturæ facere : Il n’est si aisé à personne Je dire qu’à la nature de faire , que si l’on disoit : Il n’est si aisé à personne de dire, qu’à la nature de peindre. Ne m’aiioüerez-vous pas que cela est d’vn petit esprit, de refuser vn mot qui se présente , et qui est le meilleur ; pour en aller chercher auec soin vn moins bon et plus éloigné? Il est de ces eloquens, dont Ouintilien dit, Illis sordent omnia, quæ natura dictauit. Et en un autre endroit, Quid quod nihil iam proprium placet : dvm parum creditur diserlum, quod et alius dixissel. Il a pensé bien rafiner auec son pingere, et n’a rien fait qui vaille. En vous écriuapt cecy, ie me suis auisé, que ie serais bien attrapé, si ce passage estoit du vieux Pline. Mais si cela est, à son dam. le ne m’en desdiray point. Pourquoy parle-t-il comme son neueu? Nonsapit putruum en cél endroit-là, luy qui à l’esgard de l'antre, a accoustumé d’estre pa- Iruus pairuissimus, comme dit Plaute, ou Tcrence. Lequel est-ce d(‘S deux ? le croy que c’est le premier.
Uitcs-moy, ie vous supplie, qui est le rosier qui a porté les ros*-.s que vous m’auez enuoyées. Sans mentir, ni Pccslum , ni l’Egypte , ni la Grèce , ni l'Italie, n en ont jamais produit de si. belles. Ce pour-
DE MONSIEVK DE VülTVllE.
mit bien estre vous, Tucinnamomum, tu rota. Vous auez la mine de croire que cela est du Cantique des Cantiques, et c’est de Plaute, l’ay de la peine à m’imaginer, que ces vers soient d’vn moderne. Mais s’ils en sont, ie serois bien fasché que ce fust vn autre que vous, ou Monsieur de Balzac, qui les eust faits. Qui que ce soit, il en doit estre bien glorieux : et ces roses en vérité, valent beaucoup de lauriers. Mais dites-moy, ie vous prie , de qui elles sont? Die, mi anime, mea rota, meavoluplas. Auec vos roses, vous m’auez eniioyc des espincs , eu me proposant les deux passages que vous me donnez à expliquer. Premièrement, pour celuy de .Saluste , il faut considérer que la chasse estoit vn exercice loüable parmy les Scythes , les Numides , les Grecs mesmes , et particulièrement les Lacedemoniens. Mais ie ne me souuiens pas d’auoir guere veu de mar- ([ues, que parmy les Romains ce fust l’exercice des honnestes gens. Pour l’agriculture, il faut distinguer les temps. Dans la vieille Home, les hommes Consulaires, et ceux qui auoient esté Dictateurs, du maniement de la Republique retounioient à la chamië : et c’estoit le mestier des Papiriens , des Manlicns et des Deciens. Mais ils le quittèrent, lors qu'ils eurent goustc les delices de l’.\sie, et de la Grece : et vous pouuez bien iuger que des gens qui se faisoient pincer le poil des bras et des cuisses, qui se frisoient, et qui se parfumoieiit , estaient bien esloignez de piquer des bœufs. Il me semble <|ue c’est dans la vie des Gracches , que j’ay leu , qu’vne des causes (|iii poussa l’vn d’eux à mettre en auant la loy Agraria, fut, qu’ayant voyagé par l’Italie, il n’auoit trouué par les champs, que des esclaues qui labouroient les terres , au lieu qu’autrefois c’estoient des Citoyens Romains. Or puis que cela estoit ainsi dès ce temps-là : nous polluons iuger, que du temps de Saluste , il estoit encore plus ordinaire que les serfs fussent employez au labourage. De sorte que la chasse et l’agriculture, qui sont quæsluosæ artes, il les appelle seruilia officia : quia aul à seruis exercebantur aut exerceri poteranl.
Pour l’autre, ie pense que quand Ausone dit, arguetur rectius Seneca, qvàm prædicabitur, non erudiisse indolem Neronis, sed armasse sæuitiam ; il ne veut pas dire , que Seneque ait iamais incité Néron à estre cruel : mais qu’au lieu de le loüer, d’auoir appris à son disciple assez de Philosophie pour le rendre clement , on le reprendra de luy aiioir appris assez do subtilité et de Rhétorique pour défendre sa cruauté. De sorte qu’armare en cét endroit , ne s'entend pas des armes offensiucs, mais defensiucs. Et de fait, ie pense que Tacite dit, que quand cét honneste hoinine-là eut tué sa
incre ( c'estoil vnc terrible Cycogne : ) Seneque l’aida à escrire au Sénat sur ce sujet , et à trouuer des prétextés pour pallier l’horrible action qu’il auoit faite. Ce passage m’a fait lire là harangue d’Ausonc toute entière. Sans cela, ic ne me fusse iamais aduisé d’y mettre le liez. Et tant que ie sçache tous les bons autheurs par cœur, ie ne lirois pas vnc ligne de ces autres-là. Mon Dieu ! ()iiel jargon ils ont, de quelle sorte ils escriuent , et qu’vn homme qui est accoustiimé il Cicéron est étonné , quand il se trouue parmy ces gens-là !
De toutes les lettres que j’ay receuës de vous , il ii’y en a point qui m’ait semblé si belle, ni si agréable que la derniere. Mais l’endroit qui m’y a plû dauantage , c’est celuy, où vous me parlez de Monsieur l’Abbé de Lauardin. Les honnestetez qu’il veut bien que vous me disiez de sa part, me font croire, ou qu’il est extrêmement ciuil , ou qu’il a assez bonne opinion de moy : et lequel que ce soit des deux , ie m’en resioüis extrêmement , ou pour son interest, ou pour le mien, le vous supplie. Monsieur, de me faire la grâce de luy dire de ma part , que ie reçois l’honneur qu’il me fait auec tout le respect et toute la reconnoissance qui est deué à vne (lersonne de sa condition , et de son mérité , mais que ie ne me contente pas de receuoir des ciuilitez de luy, que ie prêtons à bien dauantage, et ((ue j’ay fait vn grand dessein de gagner quelque iour l’honneur de son amitié.
le ne fus pas plus estonné , quand j’entendis les Religieuses de Loudun parler Latin , que ie l’ay esté de vous voir dire tant d’Italien. En vérité, vous l’alleguez, comme si vous l’entendiez! Mais j’espere que ie seray vengé à vous l’entendre prononcer. Car pour l’ordinaire , l’Italien appris en Poitou , n’a pas l’accent extrêmement Romain : et quelque chose que vous y puissiez faire, sapiet Poitauinitaiem.
Vostre quod tnircrc, dans le passage de Tacite, parlant du jeu des Allemans, est bien remarqué, et bien entendu. Mais il faut sçauoir ce que S. Ambroise dit là dessus {ie ne sçay par quel hazard ie sçay ce que dit saint Ambroise ;) /'crMiii Hunnos,c.c dit-il, eùni sine legibus viuant, alex solius legibus obedire, inproctnclu luderr, lesseras simul et arma portare, in Victoria .<ua cnptiuos fieri.
Dites-moy ce que veut dire Tabliope. Autrefois on appelloit vu trictrac, vn tablier.
Au reste, j’approuue vostre baltismos , et mesme la médaillé de Yigencri’. Mais croiriez-vous que Cordonniers vienne de ce qu'ils donnent des cors? le le lis l’autre iour croire à vu bien honneste lioinmc.
DK MÜNSIEVR DE VÜITVRE. 283
Pour ce qui est des mois sur lesquels vous me consultez; ie vous (liray ce que j’en ay appris, apres m’en eslre informé. On dit, c’es/ vn Cordon bleu. Il y auoit plusieurs Cordons bleus. Mais non pas , Il est Cordon bleu.
C’est parler mal que de dire, // mange mal, en la signification que vous dites.
Procure ei dotuiison ne valent rien.
^couuerj et recouuré, se disent.
lia des finesses les nom parei lies , ne se dit point.
Vous me demandez lequel est mieux dit vn sauls ou vue saule; ni l’vn ni l’autre ne vaut rien. Il faut dire vn saute. On dit pourtant quelquefois au pluriel des saux en poésie.
Courre est plus en vsage que courir, et plus de la Cour. Mais cottrir n’est pas mauuaiSj et la rime de mourir et de secourir, fera (pie les Poètes le maintiendront le plus qu’ils pourront. On en peut vser deux ou trois fois 1a semaine.
bienfaiteur n’est pas bon. Dien/acteur ne se dit guere; dites s’il vous plaist Dienfaicleur.
l’ay quelquefois oüy dire netir en des lieux où l’on parle mal ; Mais roler et regeste , de ma vie ie ne les ay oüy dire.
Il faut dire /*en/ecoï/e et Couuent. Des câpres, des moules, des noisettes, vne linotte (Ne croyez-vous pas que ce mot-lîi peut venir de XivT]? le n’en sçay pas l’accent, mais ie sçay bien que c’est à dire vue chanson.)
Le poinct du iour, et la pointe du tour, masle ou femelle. Vous en vserez comme il voul plaira, et selon l’humeur où vous serez.
Quelques-vns disent encore chaire, sans que l’on se moque d’eux, mais il vaut mieux dire chaise.
lesuisle et lesuile ; lesuite plus communément.
Depuis vn an ou deux, on commence à prononcer arbre et marbre. Cypre et chile.
Fourbe ctjourberie se disent, auec quelque diuersité de signification. Siinplésse se dit encore quelquefois.
Vostre Présidial de charpente m’a fait rire, et tous ceux h qui ie l’ay dit. Legros porte , a fait le mesme effet.
Hé talion, comme réparation. Difformité, déformité est mort depuis dix ou douze ans.
Deux cens hommes, sans vous arrester à l’exemple de deux mille hommes. Ilbuuoil, llfalloit.
Après tout, ie ne pretens pas rien apprendre aux Gentils-hommes de l’oilou. le counois icy de si honnestes gens de ce pais là , que
LE1TRES
tela me donne bonne opinion de tous les autres , et ie ne cioy pas (|ue ce soit mal parler que de parler comme eux.
l’oublierois bien plustost mille Maistrcsses, que ie n’oubliei-ois Monsieur de Chiues, et Monsieur Girard (1), par nobile fratrum : et ie vous oublicrois quasi aussi-tost vous-mesnie. Si vous auez (pielque commerce auec eux, ie vous supplie de me faire la faueur de les asseurer, que ie suis tousiours leur tres-humble seruiteur, auec autant de passion que iamais : etque ie tes supplie de ne vous pas mieux aimer que moy, et de ne me pas faire l’infidélité que m’a faite Monsieur de Balzac, en me quittant pour de nouueaux venus. Adieu, Monsieur; et soyez tousiours asseuré, s’il vous plaist, que ie n’aimcray, et n’estimeray iamais rien plus que vous, te suis de tout mon cœur,
Vostre, etc.