‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 101 sur 326 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

C'est à une jeune fille, MUe Clémentine Cuvier, la fille du grand Cuvier, qu'est due la fondation, en 1825, de l'Association protestante de bienfaisance. Une personne qui eut le privilège de la connaître a laissé d'elle ce portrait : « Mlle Clémentine Cuvier se distinguait par un esprit supérieur, un sérieux et une pénétration où se reflétait le génie de son père et qui s'associait à toutes les grâces et à tous les enjouements de la jeunesse. »

Malheureusement elle ne put exercer longtemps les qualités si remarquables de son cœur et de son intelligence. Deux ans plus tard, en 1827, elle était enlevée à l'affection de ses parents à l'âge de vingt-deux ans.

Dans sa correspondance, M. de Salvandy lui a rendu un touchant hommage qu'il nous semble intéressant de transcrire ici : « Cette mort de Clémentine Cuvier est affreuse. Tout le monde avait ouï parler d'elle, la connaissait, savait ce qu'elle valait, et s'afflige de cette perte infinie. C'est qu'une créature si parfaite ne pouvait être ignorée. Le parfum de ses douces et simples vertus perçait à son insu. Il est si rare d'avoir vécu sans connaître et sans laisser après soi un mauvais sentiment. Si les malheureux parents pouvaient trouver une consolation à leur infortune dans la manière dont le public s'y associe, jamais cette consolation n'aurait été plus prodiguée à un père et à une mère, jamais aussi on n'a tant perdu... Elle avait tant d'âme! »

Mais l'œuvre fondée par Mllc Clémentine Cuvier devait lui survivre: so amies, M,les Marie Juillerat et Boissard, qui l'avaient secondée dès la première heure, continuèrent à s'occuper des pauvres. — Les débuts de la Société furent des plus humbles; en 1833 les recettes ne dépassaient pas 2,705 fr..

ŒUVRES DE CIIAI5ITK

tandis que les dépenses s devaient à 2,309 IV. réparties sur IO'i familles et I '\ jeunes orphelines. M"' Filleau succéda comme présidente à MUe Cuvier et se dévoua complètemen.1 à l'oeuvre. « La charité, » disait-elle dans son rapport

MADEMOISELLE CLEMENTINE CUVIER

de 1840, " précepte divin qui seul ferait de la religion chrétienne la plus belle et la plus utile des religions; la charité qui remplit de joie tous ceux qui la pratiquent et qui, n'importe d'où elle vient ni sous quelles formes elle se présente, est toujours féconde dans ses résultats ». Quelques années après le

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