‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 117 sur 326 · MONUMENT DE MADAME MALI. ET · texte numérisé non relu

MONUMENT DE MADAME MALI. ET

ŒUVRES Dl'] CHARITE

Mais pour faire cotte acquisition et constituer un propriétaire légal, L. Meyer ne dut pas rester seul; il s'associa donc son collègue le pasteur L. Valletle et M. Ulric Zellweger, banquier de Bàle, auxquels s'adjoignit bientôt M"" Jules Mallet, cette noble et généreuse femme chrétienne qui a si puissamment contribué à fonder l'Œuvre.

Or, il fallait construire un vaste bâtiment pour les nombreuses classes des écoles, et à cet effet ces premiers associés durent faire un emprunt de 100,000 fr. par actions. Ils demandèrent vingt-cinq ans pour rembourser, mais contre toute attente tout a été pavé en moins de six années. Ainsi l'Œuvre prospéra et le nombre des élèves s'éleva en peu de temps au chiffre considérable de 560, dont 200 enfants des balayeurs étaient recueillis dans des classes spéciales, à eux seuls affectées.

Pendant celte période de création, l'évangélisation se poursuivait activement. L. Meyer tenait des réunions populaires le soir, auxquelles les parents des enfants des écoles assistaient avec une intérêt extrême, et une persévérance que rien ne rebutait; c'est qu'aussi L. Meyer était remarquablement qualifié pour cette œuvre. Doué d'une belle stature et d'une physionomie qui attestait la supériorité, L. Meyer savait se mettre à la portée des petits et les captiver par sa parole pleine d'autorité et surtout de bienveillance. Mais c'était surtout dans ses rapports personnels et dans l'intimité qu'il avait puissance sur les âmes. Son regard, extraordinairement pénétrant, semblait pouvoir sonder le lond des cœurs, et sous son œil scrutateur bien des consciences se réveillaient, de sorte que dans le sentiment de leurs péchés bien des gens se trouvaient mal à l'aise en sa présence. Mais d'un autre côté quel amour, quelle tendresse animait tout son être! Pressé par la charité de Christ, il exhortait en temps et hors de temps et inspirait une telle sympathie à tous ceux qui l'approchaient que ceux qui avaient ce privilège, une fois â côté de lui, ne pouvaient plus le quitter. Que de bonnes, longues et douces heures on passait quelquefois le soir chez, lui ! Mais si sa personnalité même avait une si grande puissance d'attraction, quelque chose d'autre encore augmentait et entretenait son ascendant. L. Meyer était homme de prière. Peu de chrétiens, peu de pasteurs même priaient comme lui. La prière, pour lui, n'était pas l'accomplissement pénible d'un devoir, c'était L'élan d'un cœur débordant de foi et d'amour, et c'est cette vie intérieure si intense, qu'on ressentait si bien en étant avec lui. Il passait bien des heures tous les jours â prier, n'oubliant personne de ceux qu'il portait sur son cœur. Son amour pour ses paroissiens de Saint-Marcel lui ouvrait les yeux sur toutes

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