ŒUVRE DE SAINT-MARCEL
leurs misères, et sa compassion pour eux le rendait ingénieux à trouver le remède à leurs maux; c'est celte vigilance pleine d'affection qui lui dicta successivement tous les développements de son Œuvre, et c'est ainsi que sous son inspiration on se mit à visiter les familles, et qu'un Comité spécial s'occupa d'elles; on patronna des enfants en apprentissage et déjeunes ouvriers. Enfin on institua le culte officiel du dimanche matin, qui compléta L'ensemble des moyens d'action de l'Eglise et de l'école.
Mais en 1867 Dieu reprit à Lui son fidèle serviteur L. Meyer, qui ainsi échappa aux grandes douleurs de l'époque néfaste cpii allait survenir bientôt. L. Vallette prit alors la présidence du Comité de l'Œuvre et en dirigea l<"> délibérations. Hélas! pourtant arriva la grande tourmente de 1870 qui sembla devoir tout anéantir. Mais enfin elle passa, et les 200 enfants allemands étant partis, l'Œuvre reprit ses travaux avec les 300 élevés fiançais qui lui restaient, lorsqu'en 1872, nouvelle épreuve, L. Vallette fut à son tour retiré. C'est abus que M. le pasteur Félix Ruhn (auteur de la belle Histoire de Luther en langue française), actuellement président du Consistoire luthérien de Paris, a accepté la succession de L. Vallette à la présidence du Comité de l'Œuvre. Depuis lors et jusqu'à présent l'Œuvre a continué sa marche d'une manière normale, quoique entravée souvent par les difficultés financières inhérentes, hélas! a presque toutes les œuvres chrétiennes.
A présent donc les écoles populaires protestantes du quartier Saint-Marcel suivent leurs cours, et on voit chaque année sortir de leurs classes 12 ou 15 élèves munis de leur certificat d'études. L'école du dimanche est fréquentée par une centaine d'enfants et 25 à 30 catéchumènes sont admis chaque année dans l'Eglise. Le culte public est très suivi.
Le cours supérieur, qui prépare aux examens, a fourni depuis quinze ans environ qu'il a été ouvert 119 institutrices très bien qualifiées, tant sous le rapport de l'instruction que sous celui de la piété.
Mais la carrière d'institutrice est tellement encombrée que maintenant peu de jeunes filles osent l'aborder ; s'il en est encore qui recherchent le brevet, c'est en vue d'autres vocations, soit dans le commerce, soit dans l'administration.
Or, pour subsister l'Œuvre a besoin de fonds assez considérables : 28,000 fr. par an lui sont nécessaires, tant pour servir les traitements du personnel nombreux indispensable aux classes (12 professeurs et 5 subalternes que pour l'entretien des bâtiments et les services matériels. 11 y est pourvu
ŒUVRES DE CHARITÉ
par des dons et collectes, l'Œuvre n'ayant que très peu de ressources propres. Il sérail bien désirable, pour le bon fonctionnement administratif de l'Œuvre, qu'elle eût toujours à sa disposition un fonds de roulement de 12 à 15,000 fr., car elle éviterait par là ces déficits sans cesse renouvelés qui l'obligent à des emprunts toujours très onéreux, et sont cause de graves soucis.
Le total de ce qu'a coûté l'Œuvre depuis sa fondation s'élève maintenant à environ un million trois cent cinquante mille francs.