‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 124 sur 326 · ŒUVRES DE CII.MUTE · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE CII.MUTE

quelques mots ne sont (|ii'un hommage d'affectueux respect à l une des figures les plus fortes, les plus charitables et les plus originales de notre protestantisme français contemporain, hommage cpii s'impose en quelque sorte, au moment où l'on doit parler d une œuvre qui fut celle de sa vie.

La fondation de l'Œuvre protestante des Prisons de femmes, connue d'abord sous le nom d'Association de dames autorisées à visiter les détenues protestantes de la prison de Saint-Lazare, remonte à 1839, époque de la deuxième visite en France de Mmc Elisabeth Fry.

On s'était peu préoccupé jusqu'alors de la réforme matérielle des prisons, et moins encore du relèvement moral des détenues. Quelques personnes cependant, émues à jalousie par ce qu'elles avaient entendu dire des efforts tentés en Angleterre par Mme Fry en faveur des prisonnières, et des encouragements qu'elle avait recueillis, l'avaient pressée de venir en France pour les aider de ses conseils et de ses expériences.

Mmo Fry répondit à leurs instances, et dès son arrivée à Paris se mit à l'œuvre. Elle visita les diverses prisons de notre ville, puis elle convoqua une réunion de personnes éclairées et dévouées qui désiraient suivre son exemple. Elle leur fit part de ses observations, et suggéra les réformes les plus importantes à demander, insistant sur la nécessité de porter les premiers efforts sur la prison de Saint-Lazare, où 950 femmes avaient attiré son attention. En même temps elle adressait au roi Louis-Philippe un mémoire dans lequel elle sollicitait le libre usage des saintes Ecritures dans tous les établissements publics français, et consignait dans une lettre à M. le préfet de police ses observations et ses idées sur le régime des prisons, aussi bien que sur le caractère et le degré d'instruction des surveillantes placées auprès des détenues.

A la suite de la réunion dont nous avons parlé un certain nombre de dames se formèrent en comité. C'étaient Mme' Cuvier, Juncker, Martin-Paschoud, comtesse de Montigny-Jaucourt, Matter, Adèle Monod, baronne Mallet, Emilie Mallet, baronne Pclet, baronne de Sahune, comtesse de Perthuis, M,uu Voidel, Mllu Dumas. Nous tenons à mentionner ces noms, car ils se retrouvent à l'origine de la plupart de nos Œuvres protestantes. Quatre noms nouveaux vinrent s'y ajouter dès la publication du premier compte rendu; ceux de Mme François Delessert, de M"10 Vermeil, dont l'activité charitable devait se concentrer sur la Maison des diaconesses, et de deux sœurs qui restèrent jusqu'à leur mort parmi les membres les plus actifs du Comité, la baronne Bartholdi-Walther, et Mme André-Walther.

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