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DIACONAT DE L'ÉGLISE RÉFORMÉE DE NIMES

Le Diaconat a été dirigé longtemps par le Consistoire qui avait un agent payé attaché à ce service, quand, en 1879, M. Viguié, président du Consistoire, proposa de donner une plus grande autonomie au Diaconat; cette proposition fut approuvée et on invita les deux diacres les plus anciens à étudier un nouveau règlement. Ce règlement a été voté par le Consistoire le 18 juin 1878 et accepté en Assemblée générale par le Diaconat le 6 mars 1879.

D'après ce règlement, les diacres nomment, au scrutin secret, un Bureau composé de : un vice-président, un trésorier, deux secrétaires chargés de diriger l'œuvre, d'étudier toutes les questions intéressant le service des indigents et l'administration du Diaconat, et d'apporter toutes les modifications qu'ils croient nécessaires au service des pauvres. Le Bureau est l'organe autorisé du Diaconat

ŒUVRES DE CHARITÉ

auprès du Consistoire, notamment pour tout ce qui concerne le règlement du budget et les questions d'une nature statutaire. Le vice-président est nommé pour deux ans, il n'est pas immédiatement rééligible. Les autres membres sont rééligibles.

Le Diaconat est composé de 30 diacres envi ion choisis par le Consistoire et nommés au scrutin secret par les membres du Consistoire et du Diaconat réunis. Deux votes contraires font suspendre l'admission.

Voici maintenant l'organisation du Diaconat telle qu'elle existe aujourd'hui (1893) à la suite de diverses modifications apportées clans le service des pauvres par le Bureau :

Chaque diacre est chargé d'un quartier de la ville.

Il doit réserver une heure chaque jour pour recevoir les demandes de ses pauvres. Il délivre des bons pour le médecin et le pharmacien. En cas de décès d'un pauvre, il fournit un bon pour Irais d'inhumation. Il ne peut délivrer aucun autre secours sans y avoir été autorisé par ses collègues, à la séance du jeudi, présidée par le pasteur de semaine ou à son défaut par le vice-président du Diaconat. Cependant, dans des circonstances pressantes, il peut donner quelques cartes et un premier secours de 3 fr. ; la ratification doit en être faite à la plus prochaine séance.

Quand un diacre fait une demande de secours pour un pauvre qui ne figure pas sur le grand-livre, il doit fournir une feuille de renseignements qui est lue avant le vote par le président de la séance. Sur cette feuille sont inscrits : les noms, professions, âge, domicile, nombre d'enfants, prix du logement, habitudes religieuses et causes de la détresse de la famille présentée. Si le secours est voté, ces indications sont reportées sur le grand-livre des familles assistées.

Les charités se divisent en deux classes; les secours temporaires et les secours permanents.

On donne les premiers aux pauvres qui sont dans une gène momentanée par suite de maladie, de couches, de décès d'un membre de la famille, etc. Les ouvriers sans travail sont envoyés à l'œuvre d'Assistance par le travail, fondée en 1891 par MM. les pasteurs Babut, Trial, Schulz et M. de Boyve.

On compre nd encore sous la dénomination de « secours temporaires » : les sommes accordées pour envoi d'un enfant dans un Orphelinat, pour achat de mobilier, pour secours de nourrices. Ce dernier secours n'est donné qu'aux femmes dont l'état de santé, constaté par le médecin, ne leur permet pas

DIACONATS

d'allaiter leurs enfants; au préalable, la Commission des nourrices constate l'indigence de la famille.

Les pensions permanentes sont accordées aux vieillards, aux infirmes, aux veuves ayant des enfants en bas âge et aux femmes abandonnées par leurs maris, jusqu'au jour où leurs enfants sont en état de gagner leur vie. Ces pensions sont suspendues aussitôt que la position de la famille s'améliore.

Les pensions temporaires ou permanentes ne sont accordées qu'après une demande du diacre et la visite de commissions spéciales dont lés rapports doivent encore être approuvés par le Diaconat réuni en Assemblée générale.

Les secours délivrés par le Diaconat, en dehors du dispensaire, consistent en argent, bons de pain, de lait, de viande, cartes de bain, vêtements, gilets de flanelle, chaussures, bandages, objets de mobilier, literie.

Certaines donations lui permettent de relever les familles en leur achetant des machines à coudre ou des objets nécessaires à leur industrie, les fonds d'autres donations sont distribués aux vieillards, infirmes et malades et aux enfants qui ont soigné avec dévouement leurs vieux parents.

Le Diaconat ne perd pas de vue un seul instant ses pauvres et, en dehors du patronage direct du diacre du quartier, une Commission de revision, composée du secrétaire et d'un ancien diacre, va tous les ans visiter chaque famille assistée et s'enquérir de sa situation. Ces visites de 450 familles environ prennent environ trois mois à ceux qui en sont chargés. Elles ont donné lieu à des études pratiques sur les logements ouvriers, sur le nombre des industries atteintes par le chômage, sur les causes de la misère, sur les familles relevées par le Diaconat.

En résumé le Diaconat de Nimes, après avoir étudié les différents systèmes de la charité en France aussi bien qu'à l'étranger, s'est fait une règle de ne secourir aucune famille sans avoir fait sur elle une enquête sérieuse et sans avoir trouvé quelle était la meilleure méthode à employer pour le relèvement.

Le Diaconat distribue dans ces conditions 45,000 fr. par an, et ses frais généraux s'élèvent à 200 fr. environ pour circulaires et feuilles de service. Exemple frappant de la supériorité de la charité privée sur celle faite par l'Etat ou de l'association libre sur le socialisme d'Etat (1).

De BoYVE, Secrétaire.

(1) Il n'est pas d'Eglises où la charité ne soit exercée sous les formes les plus diverses. A côté de l'action des Diaconats se place celui de ces nombreuses Sociétés de couture, dont l'influence est si bienfaisante. Elles constituent l'une des formes les plus intéressantes de l'activité charitable par l'union, dans une même pensée de secours et de relèvement, des femmes de l'Église. On les retrouve jusque dans les moindres paroisses, et les résultats d'un semblable travail pour être moins connus n'en sont pas moins

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