VUE DE L'ASILE EMILIE
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(fui lui fut donné. Ce fut l'œuvre d'une mère dans le deuil, frappée dans ses plus chères affections, mais d'une mère chrétienne, consolée par l'amour de Dieu.
L'Asile ne fut pas bâti de toutes pièces, niais installé dans une maison de maître, appropriée à sa nouvelle destination, et à laquelle on ajouta diverses constructions. Dès le début, l'œuvre eut un caractère d'intérêt général et recueillit des enfants de tous les points de France. Celles qu'il abrite actuellement appartiennent à 14 départements.
Elle fut d'abord, et pendant seize ans, administrée par la fondatrice ellemême, assistée par un Conseil qui, tout en lui laissant la haute direction et par là même la responsabilité, employait son influence à lui procurer des ressources, arrêtait annuellement les comptes et en publiait les résultats. Justement préoccupée d'assurer l'avenir de l'œuvre qu'elle avait fondée, M,ne Bouycr la légua en mourant (1870) au Consistoire de l'Eglise réformée de la Trembladc, qui l'accepta et la fit administrer par une Commission jusqu'en 1883. — A cette date (12 juin 1883) l'Asile fut reconnu par l'Etat comme établissement d'utilité publique, et, depuis lors il est administré par un Conseil de neuf membres appartenant à la communion protestante, renouvelable par tiers chaque année, et qui a sous ses ordres une directrice, une institutrice et une maîtresse de couture. C'est à cela que se réduit tout le personnel de l'établissement. L'Asile n'emploie aucune domestique. Tous les travaux de la maison : blanchissage, repassage, couture, confection des vêtements, ménage et culture du jardin potager, à l'exception des gros travaux, sont faits par la main des enfants.
A travers les diverses phases de son existence, le but de l'œuvre est resté constamment le même : recueillir les jeunes filles protestantes pauvres, orphelines, abandonnées, pour les soustraire au vice et à la misère, les élever dans les principes de la piété chrétienne et les préparer à gagner honorablement leur vie. Il ne peut en être admis à simple titre de pensionnaire. L'Asile s'interdit également d'en recevoir ayant moins de quatre ans ou plus de dix.
Il les garde jusqu'à dix-sept ans et, pour prévenir tout retrait anticipé qui les priverait des bienfaits d'une éducation chrétienne et les exposerait le plus souvent à retomber dans un mauvais milieu, le Conseil d'administration exige des survivants, père, mère ou tuteur, rengagement régulier de verser, avant tout retrait effectué contre son gré, une indemnité qui varie selon les circonstances et les dangers qu'il redoute. C'est le seul moyen dont il ait constaté l'efficacité pour protéger les enfants qu'on lui confie contre le caprice ou la cupidité des personnes ayant légalement des droits sur elles.
ORIMI E LIN ATS DE FILLES
Les règlements prévoient, en outre, le paiement d'un droit d'entrée de 50 fr. pour servir à la formation du trousseau et, pour aider à l'entretien, d'une allocation annuelle de 150 fr., rarement accpiittée intégralement.
L'âge de sortie arrivé, le Conseil, selon les cas, rend les enfants à leurs parents ou les place comme domestiques et femmes de chambre dans des familles honorables, en les recommandant à la sollicitude de dames patronnesses, et il s'efforce lui-même de ne pas les perdre de vue.
L'Asile peut contenir normalement 50 enfants. Au delà de ce chiffre, il y a encombrement, avec les inconvénients qui en résultent.
Six ans après sa fondation, il atteignait presque ce maximum avec 47 enfants. La moyenne des dix dernières années donne 50 présences.
Placé en dehors du coquet village d'Avallon, à l'extrémité nord du plateau qui domine la Saline et les célèbres parcs à huîtres de La Tremblade et de Marennes; entouré d'arbres séculaires, à une courte distance de l'Océan, dont il reçoit les brises fortifiantes, l'Asile Emilie doit, sans nul doute, à ces circonstances favorables, ainsi qu'à la remarquable propreté qui y règne et aux soins dont les enfants sont l'objet, d'échapper à la plupart des épidémies et de n'avoir eu, en vingt ans, qu'un seul décès.
Au point de vue financier, l'œuvre tire la totalité de ses ressources, moins un dixième environ, de la libéralité des fidèles.
De 1854, année de sa fondation, à la fin de l'exercice 1891-1892, elle a reçu, en chiffres ronds, 405,697 fr. et dépensé une somme totale de 398,774 fr.
MADAME BOVVLll
ŒUVRES DE CIIAIMTE
Le premier exercice, L854-1855, accusait 5,097 fr. de recettes; 3,435 fr. de dépenses (ordinaires 1,992 fr. ; extraordinaires 1,443 fr.) et 17 enfants.
Le dernier exercice, 18e.) I- 1 892, accuse une recette de 10,91 r\ fr. ; une dépense ordinaire de I 1,480 IV. cl 54 présences.
La moyenne des dix dernières années donne : recettes 12,017 fr. ; dépenses ordinaires, 11,702 fr., ce qui représente, pour une moyenne de 53 personnes (ôl) enfants cl '.\ maîtresses), une dépense, par jour et par personne, d'un peu plus de 00 c.
Le président du Comité est .M. A. Ballande, pasteur à Etaulcs, et le secrétaire M. Tolluire, à La Tremblade (Charente-Inférieure).
A. Ballande.