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CASTRES — ORPHELINAT PROTESTANT DE GARÇONS

L'Assemblée pastorale de Toulouse, en mai 1839, émit à l'unanimité le vœu de la création d'un orphelinat de garçons, vœu ratifié la même année par l'Assemblée pastorale de Montauban. MM. Dejean et Durant, pasteurs de Castres, n'hésitèrent pas à proposer au Consistoire de cette ville de prendre l'initiative de cette création, en lui offrant les locaux alors vacants de la Maison de charité de l'Eglise. Le Consistoire accepta et annonça aux Eglises réformées la fondation de l'Orphelinat par une circulaire en date du 10 mars IH'iO. En septembre de cette même année les 20 premiers orphelins entraient dans la Maison de charité et le 7 décembre IS'il avait lieu la première séance générale sous la présidence du pasteur Antoine Rabaud. Quelques années plus tard, le 21 mai 1845, était inauguré le nouveau local, acquis grâce à de généreuses souscriptions. Le

ORPHELINATS DE GARÇONS

10 juin 1854, les services rendus permettaient la reconnaissance de l'Orphelinat comme établissement d'utilité publique.

Mettre les enfants en mesure de gagner leur vie, grâce à l'apprentissage d'un métier fait en dehors de l'Orphelinat, dans des maisons spécialement recommandées, voilà le caractère distinctif de l'institution de Castres. Munis d'abord d'une forte instruction primaire, l'école de l'Orphelinat étant une des meilleures, sinon la meilleure du département, les enfants, à l'âge de quinze ans, entrent dans la catégorie des apprentis, et ce sont les parents, le Comité et le goût des enfants qui décident du métier à suivre chez un patron de la ville. Mais ils ne cessent point de résider à l'Orphelinat, où ils restent placés sous une excellente direction morale et religieuse. Le système a si bien fait ses preuves que les orphelins sont toujours sûrs de trouver le patronage qu'ils désirent; lorsqu'ils quittent l'Orphelinat à l'âge de dix-sept ans, maîtres d'un métier, ils peuvent n'être pas inquiets du lendemain. Aussi, l'œuvre de Castres a-t-elle pu arracher à la misère et au vice 676 malheureux orphelins qui, à de rares exceptions, sont devenus des citoyens honnêtes et laborieux et dont plusieurs ont fourni de belles carrières. Nombreux sont ceux qui se trouvent établis à Castres et dont plusieurs, devenus patrons, reçoivent avec une affection particulière les jeunes orphelins que le Comité leur confie.

Dirigé avec la plus sage économie, l'Orphelinat a un budget de dépenses d'environ 35,000 fr., auquel font face des recettes provenant des dons, legs, revenus qui ont toujours permis d'éviter le déficit, et cependant le nombre des enfants qui lui demandent asile varie de 90 à 110. Mais le personnel de l'établissement est aussi réduit que possible et les enfants sont appelés à rendre tous les services qu'on est en droit de leur demander.

L'œuvre est dirigée par un Comité de huit membres, et depuis l'origine quatre présidents se sont succédé, consacrant à l'orphelinat leur zèle et leur dévouement : MM. de Falguerolles, Guibal, Albi, De France. Le président actuel du Comité est M. Cambon et le directeur M. Salvaire.

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