AL AI S — MAISON DE SANTÉ PROTESTANTE
Rappelons en deux mots l'origine de cette œuvre. En 1866 un fait regrettable se produisit à l'hôpital civil d'Alais : un malade protestant abjura in extremis sa religion. Si ce fait avait été purement accidentel, il eût peut-être passé inaperçu ; malheureusement ce n'était qu'un épisode de ce prosélytisme tracassier et déloyal qui se pratiquait sous l'empire. Depuis longtemps, dans les hospices, la neutralité religieuse des sœurs de charité était illusoire, et les protestants préféraient mourir dans le dénuement le plus absolu plutôt que de recourir à leurs soins.
Désireux de mettre un terme à un tel état de choses, M. le pasteur Bonnefon,
260 ŒUVRES DE CHARITÉ
l'aumônier mémo de l'hôpital civil d'Alais, se décida à fonder une Maison de santé protestante. Ce projet fut jugé d'abord téméraire et imprudent. Néanmoins le 19 mai 1866 l'œuvre était fondée, et dés le 6 août une modeste maison s'ouvrait avec une garde-malade et 3 pensionnaires. En fait de ressources assurées on n'avait qu'une inébranlable confiance dans la protection divine et dans La charité des fidèles. Trois ans après, le local étant devenu insuffisant, on ouvrit une souscription pour l'achat d'un immeuble en rapport avec les nécessités de l'œuvré. Les constructions étaient à peine commencées lorsqu'éclata la guerre de 1870; elles ne furent reprises et terminées qu'en 1872. A partir de ce moment, les malades affluèrent de toutes parts, non seulement d'Alais, mais de nos Cévennes protestantes, si pauvres et si déshéritées; les dépenses s'élevèrent proportionnellement, mais grâce à Dieu les ressources ne firent jamais défaut. Les chiffres sont ici éloquents. En 1866, la Maison reçut 20 personnes, en 1892 elle en a soigné 105 ; l'oeuvre avait débuté avec 3 lits, elle en compte aujourd'hui 50 ; les dépenses de la première année s'élevaient à 2,649 fr. ; dans les dernières années, elles ont dépassé 17,000 fr. Aucune dette ne pèse sur l'établissement.
Ajoutons en terminant que l'œuvre a été reconnue par l'Etat établissement d'utilité publique depuis 1877. Le Comité vient de créer une œuvre nouvelle : l'Œuvre des garde-malades en ville. Désormais les familles protestantes pourront faire soigner leurs malades par des infirmières protestantes.
Le Comité a pour président M. le pasteur Bonnefon, et pour secrétaire .M"" Élic Gounelle.