‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 182 sur 326 · VALLON — ASILE AGRICOLE PROTESTANT · texte numérisé non relu

VALLON — ASILE AGRICOLE PROTESTANT

L'Asile agricole protestant, après avoir vécu dix ans à Gilhoc (Ardèche), a été transféré à Vallon (même département), le 12 août 1866. Un décret du 22 janvier 1867 l'a installé dans les locaux légués par M. François Peschairc, et un autre décret du 27 février 1885 l'a reconnu comme établissement d'utilité publique.

Cet Asile recueille les enfants pauvres du sexe masculin, orphelins, délaissés ou abandonnés, appartenant à l'Eglise réformée de France, pour faire leur éducation religieuse, intellectuelle et morale, et leur donner une profession honorable en dirigeant principalement leurs goûts vers les travaux agricoles.

L'Asile a reçu à Vallon 115 enfants. Il ne peut en abriter que 30 à la fois, et il se félicite de ce que le plus grand nombre des élèves sortis de l'établissement lui font honneur et sont des citoyens honnêtes et dévoués à leurs familles et à leur pays. L'Asile est entouré de l'estime des diverses autorités dont il relève et qui le protègent et lui accordent des secours. Il tient aussi une place honorable dans le protestantisme, qui pourvoit à son entretien et concourt à favoriser son présent et à assurer son avenir.

Le président du Comité est M. le pasteur Crès, et le secrétaire M. J. Alzas.

AuG. CltKS, Paslcur.

CATÉCIIUMÉNATS

DIJON (Côte-d'Ou) — CATÉCHUMÉNAT

La Bourgogne est une des provinces où la révocation de l'Edit de Nantes a complètement ruiné les Églises protestantes. Elles se reforment peu à peu. par suite de la dispersion des familles protestantes dans toutes les parties de la France. Vers 1820, quelques Suisses et Allemands ont formé à Dijon un petit noyau d'Eglise, qui est allé grandissant, et a été constitué en 1830 en Eglise officielle, érigée en 1852 en chef-lieu de Consistoire embrassant les trois départements de la Côte-d Or, Haute-Marne et Saùne-et-Loire.

ŒUVRES DE CHARITÉ

Actuellement ce Consistoire comprend une seconde paroisse officielle, le Creusot, cl six postes d'évangélisation de la Société Centrale pourvus, chacun, d'un pasteur pour desservir les nombreux disséminés établis dans ces trois départements.

Le danger, pour ces familles isolées dans des milieux entièrement catholiques, était l'impossibilité de l'éducation religieuse des enfants. La libéralité de M"10 Schneider, veuve de l'ancien président du Corps législatif, y a pourvu en pailic par la fondation d'un catéchuménat pour les filles, à Dijon.

Les élèves y sont reçues pendant deux années, de douze à quatorze ans ; pendant ce temps elles reçoivent, outre l'instruction ordinaire de l'école, l'enseignement religieux de l'école du dimanche et du jeudi, et du catéchisme jusqu'à leur première communion.

Le catéchuménat est établi, avec l'école primaire protestante, dans un bel immeuble, vaste, bien aéré, avec cour et jardin, dont est possesseur la Société pour l'Encouragement de l'Instruction primaire. Les élèves peuvent y être reçues gratuitement ; cependant, toutes les familles qui le peuvent sont invitées à payer une redevance de 5 fr. par mois. Le budget se compose des revenus d'une fondation faite par Mme Schneider s'élevant à la somme de 6,000 fr. de rente, dont 1,600 fr. sont consacrés à former une partie du traitement du pasteur chargé de desservir tous les disséminés de la Côte-d'Or. L'établissement peut recevoir 12 élèves; depuis sa fondation en 1887 il en a reçu 35, dont 12 sont actuellement présentes.

Cette institution si précieuse est appelée à rendre de grands services au protestantisme de la Bourgogne, en conservant à la foi évangélique bien des jeunes filles qui, sans elle, auraient été entraînées vers le catholicisme.

Z. An>\VL, Président du Consistoire de Dijon.

TONNEINS — CATÉCHUMÉNAT

C'est pour remédier aux graves dangers que fait courir la dissémination aux familles protestantes que le Catéchuménat de Tonneins, pour les jeunes protestants disséminés ou moralement abandonnés, a été fondé en 1866 par M. le pasteur E. Monbrun, et M. Philippe de Monbrison fut son premier président.

Le Catéchuménat a reçu, depuis vingt-sept ans, plusieurs centaines d'enfants originaires de :}8 départements. La plupart appartiennent à des familles

ASILES, MAISONS DE SANTÉ

d'ouvriers et ont été admis gratuitement. Détail important à relever et qui démontre mieux que des paroles l'utilité du Catéchuménat, les services qu'il a rendus et qu'il rend tous les jours, c'est que 61 0/0 de ces enfants avaient déjà reçu le baptême catholique. Tous ont été conservés à notre Eglise, alors que sans le Catéchuménat de Tonneins ils auraient été perdus pour elle.

L'établissement fait en môme temps une œuvre de charité proprement dite en recevant comme internes, avec les garçons pauvres des protestants disséminés, les enfants moralement abandonnés, depuis l'âge de neuf ans, et en les gardant jusqu'à quatorze ou quinze ans, époque de leur première communion. Il peut recevoir 40 pensionnaires. A leur sortie, ils sont remis à leurs parents ou à leurs protecteurs, placés ou mis en apprentissage par les soins du directeur. Le Catéchuménat de Tonneins rendrait beaucoup plus de services si les Eglises lui confiaient tous les jeunes protestants disséminés pendant la période de leur instruction religieuse. Il ne vit que du produit des collectes. Son budget varie entre 10 et 12,000 fr. Il est en instance pour obtenir la reconnaissance d'utilité publique. Le Comité est composé de 15 membres : MM. J. Calas, pasteur, président; J. Laffiteau, secrétaire.

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