NEUILLY-SUR-SEINE — MAISON DE SANTÉ (CITÉ DES FLEURS
Pendant le choléra de 1866, à Paris, une panique se produisit un jour à l'hôpital Bcaujon. Lady Harriet Cowper, dame visiteuse, émue de pitié en trouvant une salle de cholériques abandonnée, s'établit auprès d eux, les secourut, les consola, et ranima les courages par son exemple. Quelque temps après, elle pria le Dr Henri Morin d'installer à ses frais une Maison pouvant recevoir
12 cholériques. Cette sorte d'ambulance fut créée à Batignolles, dans un local nommé « la Cité des Fleurs ». Quand l'épidémie eut cessé, lady Cowper céda sa Maison, en y laissant tout le mobilier, à un Comité présidé par M. le pasteur L. Vernes. Elle fut consacrée aux malades hommes de toutes les Eglises protestantes de Paris, et soutenue, dans ses débuts difficiles et souvent décourageants, par le D1' Morin, qui ne craignit pas de prendre à sa charge la responsabilité financière. Ainsi fut fondée l'œuvre de la Maison de convalescence, ou
ŒUVRES DE CHARITÉ
« Cité des Fleurs », qui passa ensuite, en conservant sa gracieuse dénomination, à Neuilly, où elle est devenue propriétaire en 1885 de l'immeuble situé boulevard Bineau, 57.
En vingt-trois ans d'existence, trois directions s'y sont succédé : les noms de M. et Mme Ellenberger (1867-1868), de M. cl Mme Pilate (1868-1890) ne peuvent être prononcés sans émotion et reconnaissance. Aujourd'hui, deux diaconesses en font une Camille. Les pauvres y trouvent de bonnes salles confortables; ceux qui sont plus à leur aise des chambres particulières. Les uns et les autres sont entourés par les sœurs et le Comité d une pitié discrète, d'une charité persévérante; guéris, ils partent avec regret; mourants, ils ont presque tous le nom de leur Sauveur sur les lèvres.
Les membres du Comité appartiennent à toutes les Eglises, réformée, luthérienne et libres; c'est dire que la « Cité des Fleurs » est l'œuvre de tous les protestants de Paris, qui ont voulu avoir un asile spécial pour les malades hommes; car la Maison des diaconesses, rue de Reuilly, n'est organisée que pour recevoir des femmes.
Le jeune homme isolé dans la grande ville, le célibataire sans famille, le malade qui redoute l'hôpital, ou qui en sort trop faible pour reprendre son travail, peuvent se faire soigner à la Cité des Fleurs par des mains amies. Le culte de famille s'y fait chaque jour, et la Maison est visitée régulièrement par le pasteur réformé de Neuilly, et le pasteur luthérien de Courbevoie. Depuis sa fondation, elle a abrité 2,682 pensionnaires — plus de 8,000 journées de malades par an. Présentés par les pasteurs, les diaconats, des visiteurs d'hôpitaux et les membres du Comité, ils sont acceptés sans distinction de nationalité : Suisses, Anglais, Américains, Allemands, Hollandais, Belges, Russes, Suédois, Italiens, et d'autres encore, s'y mêlent comme des frères à nos Français et à nos Alsaciens. Au point de vue médical, l'établissement est placé sous la surveillance des docteurs Défaut, médecin ordinaire, Charles et Louis Monod, et Landolt, oculiste.
La Cité des Fleurs, exposée au midi et au nord, s'élève entre deux jolis jardins. Elle se compose de trois étages, qui renferment un petit salon, une grandesalle à manger, la cuisine et toutes ses dépendances, la pharmacie et les chambres des sœurs; puis six pièces pour les 24 lits des hommes, et deux pour les (') petits lits des enfants au-dessus de quatre ans; et deux chambres particulières. Celles-ci reviennent à .") fr. par jour; les lits ordinaires sont taxés à 'A fr. avec toutes les réductions possibles. 13 lits gratuits sont en outre patronés par les bienfaiteurs de l'œuvre; le 14e appartient aux diaconats.
ASILES, MAISONS DE SANTÉ
Le personnel inférieur se compose de trois infirmiers, d'un veilleur de nuit et d'une cuisinière. Une collecte annuelle, des dons privés, et la pension des malades sont toutes les ressources de la Maison. Elle peut aussi recevoir des legs, sous le titre de Société anonyme du boulevard Bineau, 57, à Neuilly (Seine).
Les dépenses annuelles sont d'environ 35,000 fr.
LOUIS VeRNES, Pasteur, Président du Comité.