‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 209 sur 326 · PARIS — MAISON DE CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

PARIS — MAISON DE CONVALESCENCE

La Maison de convalescence pour les femmes protestantes sortant des hôpitaux de Paris a été fondée, en 1859, par un Comité de dames protestantes, sous la présidence de Mme la baronne de Staël ; une diaconesse fut appelée à la direction de cette œuvre naissante.

Nous trouvons dans un rapport de 1877 ces quelques lignes sur Mmc de Staël et sur ce qui détermina la fondation de l'œuvre : « Pendant de longues années, Mrac de Staël avait consacré une grande partie de son temps à la visite des hôpitaux de Paris. Affligée de la détresse des pauvres femmes lorsqu'elles quittent leur lit de maladie pour retomber dans la misère ou dans l'abandon, elle ne pouvait en prendre son parti. Elle appelait de tous ses vœux la création d'un asile qui pût les recueillir à ce moment, on tant de soins sont encore nécessaires, et surtout où sa charité pût les suivre et veiller encore sur leurs âmes, qu'elle cherchait à amener au Sauveur. Un jour vint où Dieu lui montra la voie. Son désir fut réalisé d'une manière bien modeste d'abord, mais qui devait être le point de départ d'une œuvre importante. Mmc de Staël aimait à rappeler « le temps de ces petits commencements », alors que 4 lits de convalescentes furent établis à Passy dans la maison d'un jardinier, « au milieu des fleurs », nous disait-elle. Dieu a abondamment béni ces premiers efforts.

A cet humble début succédèrent deux installations, toujours à Passy. Puis la Maison dut être transportée, 18G7, à Levallois-Perret, dans un local plus vaste et mieux approprié à l'extension de l'œuvre. MUo Scholten van Aschat, qui fut alors appelée à sa direction, lui donna l'impulsion qu'elle a gardée depuis.

Après six ans, l'œuvre revint à Passy, près du Trocadéro. Elle eut là plusieurs années de bénédiction sous la direction de MIUC Rouget, qui l'installa dans le local actuel, rue de Longchamp, dont le Comité, constitué en Société civile, s'est rendu propriétaire. Cette nouvelle retraite peut recevoir 20 femmes et 6 enfants, total 32 convalescentes. La maison est grande et conlortable ; le

ŒUVRES DE CHARITE

jardin, bien ombragé, est d'un précieux secours. Les résultats comme convalescence sont excellents; l'étal sanitaire y a toujours été bon; les encouragements ne manquent pas non plus, quant à l'action morale, et donnent sujet de bénir Dieu pour sa fidélité.

La dépense est d'environ 27,000 IV. par an ; le séjour est entièrement gratuit; l'œuvre n'est soutenue que par les cotisations des dames du Comité et la collecte faite par leurs soins. Une Vente bisannuelle, depuis 1879, permet d'équilibrer le budget. La Maison reçoit annuellement de 300 à ;})}0 personnes; le total, depuis 1867, a été de 6,<S(.)2 convalescentes, toutes protestantes, sans distinction de nationalités. Le séjour est de trois semaines; il peut être prolongé, quand cela est nécessaire : il est pourvu, autant (pie possible, au placement des domestiques, à leur sortie de la Maison.

La direction a été confiée en 188!$ à deux diaconesses de la Maison de Paris. L'œuvre a pour présidente Mme Pli. Hottinguer, et pour secrétaire M'"" la baronne Bartholdi. V. Duval.

Page 1