‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 210 sur 326 · PARIS — ASILE DE NANTERRE · texte numérisé non relu

PARIS — ASILE DE NANTERRE

L'Asile de Nanterre, destiné aux femmes infirmes, a été fondé au mois de juillet 1862. Les dames fondatrices de l'œuvre, frappées de la triste situation des femmes incurables dans le milieu protestant de Paris, où il n'existait aucune institution pour cette catégorie de malades lorsqu'elles n'ont pas atteint soixante ans, âge réglementaire d'admission dans les établissements de retraite, ont cherché à donner à cet Asile un caractère spécial, celui d'une maison de famille pour les abandonnées, dans laquelle les plus infirmes, les plus solitaires et les moins âgées auraient les premiers droits d'entrée.

En juin 1868, l'Asile, installé d'abord aux Batignolles, fut transféré â Nanterre, 5, rue Saint-Denis, dans une propriété acquise â des conditions avantageuses, et le nombre des infirmes fut porté â 28. Lorsque la guerre éclata, il fallut transporter â Paris, dans une maison amie, les malades qui étaient sous le feu du Mont-Valérien, et l'œuvre subit une pénible crise, qui ne put être traversée que grâce au dévouement de la directrice et à la générosité d'une de ses plus fidèles donatrices.

On peut dire qu'une seconde période de la vie de l'Asile de Nanterre commença après la guerre; la maison, en se rouvrant aux infirmes, accueillit d'autres abandonnées, les petites filles orphelines ou séparées de leurs parents à la suite

ASILES, MAISONS DE SANTÉ

des événements douloureux que la France venait de traverser. Un Comité plus nombreux se forma, la direction générale fut confiée à une diaconesse de Paris, la sœur Heiscr, et dès lors les progrès furent très marqués.

L'Asile de Nanterre, reconnu d'utilité publique en 1880, a été beaucoup agrandi; il peut recevoir actuellement 38 à ^0 infirmes et 20 enfants en bas âge (de dix-huit mois à sept ans, moment où l'on peut les placer dans d'autres orphelinats). Des bâtiments solidement construits, une chapelle, un joli jardin, le tout clos de murs, donnent une valeur réelle à la propriété. Les chambres, bien aérées, chauffées au calorifère et éclairées au gaz, sont des plus confortables.

Cette œuvre ne reçoit aucun secours de l'Etat et n'est soutenue que par des dons, des souscriptions, une Vente bisannuelle et les pensions des infirmes et des enfants; aussi est-elle appelée à compter sur la bénédiction de Dieu, qui ne lui a jamais fait défaut, et sur le concours de tous ceux qui ont à cœur l'intérêt des déshérités de ce monde.

Baronne Hottinguer, Présideme.

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