PARIS — ASILE TEMPORAIRE POUR FEMMES
Cette œuvre, fondée en janvier 1888 par l'initiative privée d'une dame qui s'est adjoint un Comité en 1891, recueille les femmes sans asile. Une carte imprimée, de 3 fr., délivrée par un protecteur et payable après avoir été utilisée, donne droit à un séjour d'une semaine, qui peut se prolonger un mois grâce au renouvellement hebdomadaire de la carte. Les femmes prennent part aux travaux de la maison et de l'atelier; ce dernier rapporte pou, le but essentiel de l'œuvre étant d'accorder aux femmes le temps et les sorties nécessaires pour trouver du travail ou des places.
Cet Asile est situé, 48, rue de la Villettc; seul de ce genre à Paris, il répond à des besoins réels. Il n'est pas un simple asile de nuit, ni un refuge, mais plutôt un home ouvert à toutes les catégories de femmes protestantes privées de ressources; plusieurs sont restées en rapport avec la direction et d'autres sont revenues en des moments de détresse.
L'Asile occupe, dans un quartier bien aéré de Paris, une maison avec un jardin; les femmes s'y trouvent dans d'excellentes conditions et beaucoup d'enfants recueillis avec leur mère ont senti les bons effets de ce séjour. Dans l'année 1892 il y a eu (),I9() journées de présence, soit une moyenne de 17 par jour; la durée du séjour étant généralement assez courte, on a pu porter secours à plusieurs centaines de femmes. La dépense totale s'est élevée à 7,.') 19 fr. 10 c. Les recettes proviennent du paiement des cartes, 1,574 fr., du travail des femmes, 360 fr., de souscriptions annuelles et de dons, malheureusement trop peu nombreux pour qu'on puisse répondre à toutes les demandes d'admission.
M""' A. Risler est présidente de l'œuvre.
PORT-SAINTE-FOY (Dordocne) — ASILE DE VIEILLARDS.
Cet Asile, fondé il y a une quarantaine d'années, par MM. les pasteurs Jousse et Pascaud, est destiné aux vieillards protestants des deux sexes (des quatre Consistoires de Montcaret, Gcnsac, Sainte-Foy et Bergerac. C'est aux dons des fidèles de ces Eglises qu'est due la prospérité d'un établissement qui rend de grands services, car les 24 lits qu'il renferme sont le plus souvent
ŒUVRES DE CHARITÉ
occupés par des infortunés. Aussi l'Asile a-t-il été reconnu d'utilité publique le 28 décembre 1886. Il est administré par un Comité de 12 membres, dont le président est M. le pasteur Paris et le secrétaire M. Germain.
ROUEN — HOPITAL LAMAUVE.
L'Hôpital Lamauve doit son nom à M. Lamauve, médecin en chef de l'hôpital général de Rouen sous la Restauration, qui, témoin des obsessions auxquelles les malades protestants étaient l'objet de la part des sœurs, laissa sa fortune pour la construction et l'entretien d'un Hôpital destiné aux indigents de l'Eglise de Rouen. Ce legs, dont le Consistoire n'entra en possession qu'après un long procès, permit d'inaugurer l'Hôpital le 13 juillet 1852. Devenu insuffisant, il fut transféré rue du Renard, 101 . Parfaitement aménagé et placé sous la direction d'une diaconesse de la Maison de Paris, l'hôpital a 18 lits et possède un revenu d'environ 14,000 fr., grâce aux dons généreux de son fondateur et de Mme Frey, née Thomas du Fossé, dont le nom rappelle celui d'un des plus zélés protestants de l'Eglise de Rouen.
TOULOUSE — ASILE SARRUS
Fondé en 1849 à la suite d'un don fait au Consistoire de Toulouse par Mme Sarrus, en souvenir de son mari. La somme (30,000 fr.) fut employée à l'achat et à l'appropriation de l'immeuble, qui se compose d'une maison spacieuse et d'un jardin. L'établissement fut ouvert en 1851. Il fut d'abord confié aux soins d'une diaconesse, presque aussitôt remplacée par Mlle Uranie MafFre, qui s'est dévouée pendant de longues années à cette œuvre et en a conservé la direction jusqu'à sa mort en 1885. Directrice actuelle : MUe Gaubert.
L'Asile Sarrus est administré par une Commission de 5 membres (président : M. Bermond-Lacombe), et placé sous le patronage du Conseil presbytéral. Il dispose de 22 lits, et il est soutenu par les dons des membres de l'Eglise de Toulouse. Les vieillards et les infirmes indigents de cette Eglise y sont admis gratuitement. Ceux du dehors peuvent y trouver place movennant le payement d'une pension annuelle. L'Asile reçoit aussi, mais plus exceptionnellement, quelques malades.
En 1870-71, à la suite de nos désastres, le Conseil presbytéral y organisa une ambulance où fuient recueillis un certain nombre de nos malheureux soldats.