STATIONS BALNÉAIRES, HIVERNALES ET THERMALES
ÉTABLISSEMENT DU GRAU-DU-ROI (Gard)
Cet Etablissement a été l'un des premiers construits en vue de la population ouvrière, si éprouvée, surtout dans les villes, par toutes les manifestations de la scrofule ou de l'anémie. Créé sur les bords de la Méditerranée, sur une plage du sable le plus fin, et largement ouvert au souffle vivifiant de la brise de mer, il offre, dans sa très grande simplicité, de bonnes conditions d'hygiène et de facilité de service. Les bâtiments, qui couvrent 650 mètres carrés, s'élèvent sur les trois faces d'un terrain planté d'arbres; le quatrième côté, fermé par une grille, laisse la vue s'étendre sur la mer, dont elle embrasse tout l'horizon. Le nombre des lits, qui à l'origine était de 80, a été porté successivement à 110, puis à 140. Pendant la saison des bains, qui, dans cette région, se concentre presque en juillet et août, l'Etablissement reçoit trois séries successives de baigneurs, auxquels il est accordé un séjour normal de trois semaines. Inauguré le 1er juillet 1857, il recevait cette année-là 191 malades, qui y passaient 4,289 journées. En 1892, il en a reçu 506, qui ont fourni 10,002 journées. Pendant cette période de trente-six ans, il a soigné 12,815 personnes, savoir : 6,572 enfants de douze ans et au-dessous, 4,891 femmes, 1,353 hommes, qui ont fourni 252,258 journées.
La construction de l'Établissement, terrain, bâtiment et mobilier, a coûté 53,325 fr. 55 c. Les dépenses annuelles ont été de 3,095 fr. 40 c. en 1857, et
(I) Nous devons, pour compléter cette liste des Asiles protestants, mentionner l'Asile de vieillards de Bolbec (Seine-Inférieure), fondé par M. Jacques Fauquet, maire et bienfaiteur de cette ville', qui peut recevoir une vingtaine de vieillards; la .Maison de cbarilé de Mazères (Ariège), fondée, en 1860, par Mme Hérisson-Bellor, en faveur des pauvres et des malades de cette Église, et dont la direction est confiée à une diaconesse de Paris ; la Maison de santé d'Uzès, fondée, en 1853, par le Consistoire de cette ville et qui, soutenue par les libéralités des fidèles, rend les plus grands services à la population protestante de La contrée.
ŒUVRES DE CHARITÉ
de 9,483 IV. 'iO c. en I8C.)2. Il a été pourvu à toutes ces charges par les recettes
suivantes :
Pensions payées par ou pour les baigneurs 91,113 fr. '.10 c.
Collectes clans les Eglises 148,176 fr. 05 c.
Dons individuels 34,299 fr. 60 c.
Subventions de La ville de Nimes, du département du
Gard, du ministre de l'intérieur ,51,200 fr. »
Total 324,788 fr. 95 c.
L'administration de l'œuvre appartient à un Comité dont le siège est à Nimes; la direction pendant la saison de bains a été confiée, de 1858 à 1878, au zèle dévoué de M. le pasteur Meyrargues, et depuis à M. le pasteur Frédéric Salles, d'Arles. M. Salles met toute son intelligente sollicitude à utiliser le mieux possible les locaux dont il dispose, mais il est arrivé à l'extrême limite des places à donner. Pour répondre plus largement à ce beau mouvement en faveur de l'enfance étiolée ou souffrante, qui multiplie les asiles au bord de la mer ou sur les montagnes, il faut agrandir l'Etablissement du Grau.
La salle réservée pour le culte de famille, matin et soir, s'ouvre le dimanche pour les nombreux baigneurs attirés sur cette belle plage par le soin de leur santé. Ainsi dans cette région d'où la persécution avait chassé les protestants, tout près d'Aigues-Mortes, en vue de la sombre tour de Constance, le chant des psaumes monte librement vers le ciel, attestant la miséricorde de Dieu et la vitalité du protestantisme français.
CETTE (Hérault) — NOUVEAU LAZARET
La plage de Cette a été la première en France qu'ont fréquentée les malades obligés de venir demander à la mer le rétablissement de leur santé. L'usage îles bains de mer, déjà pratiqué au commencement de ce siècle en Angleterre et en Allemagne, fut préconisé par l'illustre professeur Delpech, de la Faculté de Montpellier, qui signala soit à ses malades, soit dans ses écrits la plage de Cette comme la plus favorable aux effets thérapeutiques qu'on commençait à rechercher. On y accourut de tous les points de la France, et, depuis que l'usage des bains de mer s'est généralisé, on y accourt encore de tous les points du centre et du midi. La plage est, en effet, remarquable et offre une eau de mer sans la moindre altération de ses principes euratifs.