SERVICES RELIGIEUX DANS LES STATIONS THERMALES ET BALNÉAIRES
Une œuvre intéressante se poursuit dans la plupart des stations thermales de France; des lieux de culte ont été construits pour les protestants qui s'y rendent pendant la saison, et le service religieux est assuré par les soins des Consistoires, des Sociétés religieuses comme par l'initiative privée. Il nous a paru intéressant de relever les noms des principales stations où le culte protestant est régulièrement célébré.
Aix-les-Bains (Savoie). Culte du 15 mai au 15 octobre, dans la chapelle de l'Asile évangélique.
Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales). Service pendant l'hiver, par les soins de la Société Centrale.
Ax (Ariège). Culte pendant l'été, par les soins des Consistoires de Saverdun et du Mas-d'Azil.
Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Chapelle, 3, avenue du Salut. Service pendant l'été.
Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne). Chapelle de la villa Corneille, allée de Paquet; culte le dimanche, à 1 heure, du 1er juillet au Ier septembre, par les soins du Consistoire de Toulouse.
Beizeval (Calvados). Culte du 1" juillet au 30 septembre, à 10 heures et demie et 5 heures; Ecole du Dimanche, à 9 heures. Service tous les matins à la Maison évangélique, à 8 heures et demie.
Biarritz (Basses-Pyrénées). Culte tous les dimanches, à 3 heures, à la chapelle de la rue Peyroloubill.
Bourboule (La) (Puy-de-Dôme). Culte de juin à septembre, par les soins de la Société Centrale. Etablissement Chonsy, à midi et demi.
Cauterets (Hautes-Pyrénées). Rue de la Raillière. Service pendant Tété.
Ciialles-les-Eaux (Savoie). Culte à Chambéry, rue de la Banque, à 10 heures.
Courseulles-sur-Mer (Calvados). Culte à 11 heures. Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées). Culte pendant l'été.
:uo œuvres de charité
Eaux-Chaudes (Basses-Pyrénées). Culte pendant Tété.
Étretat (Seine-Inférieure). Culte, à la chapelle, de juillet à octobre.
Fécamp (Seine-InférieuTe). Service par les soins de MM. les pasteurs de la Gonsistoriale de Bolbec.
Lamalou-les-Bains (Hérault). Service en été par les soins du Consistoire de Bédarieux.
Lion-sur-Mer (Calvados). Culte du 15 juillet au 4 septembre, à 4 heures, dans la chapelle du Château.
Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône). Culte en juillet et août, dans la salle de la justice de paix.
Mont-Dore (Puy-de-Dôme). Culte de juin à septembre par les soins du Conseil presbytéral de Clermont-Ferrand.
Néius (Allier). Culte en été.
Palavas (Avevron). Culte pendant la saison des bains, par les soins de la Société Centrale (section des Cévennes).
Plombières (Vosges). Service en été.
Préfailles-la-Plaine (Loire).
Royat (Puy-de-Dôme). Culte pendant l'été, à l'hôtel Chabassiére. Sables-d'Olonne (Vendée). Culte hebdomadaire, du 15 juillet à fin septembre.
Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Culte le dimanche, du 15 juillet au 15 septembre.
Tréport (Seine-Inférieure). Culte hebdomadaire de juillet au 15 septembre, à 3 heures, et bi-mensucl le reste de l'année.
Trouville-Deauville (Calvados). Temple à Deauville, culte du 15 juillet au 15 septembre, à 10 heures.
Viciiv (Allier). Culte mensuel, d'octobre à juin, et hebdomadaire pendant la saison d'été.
SOCIÉTÉS D'INSTRUCTION
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SOCIÉTÉ DES TRAITÉS RELIGIEUX
La Société des Traités religieux, en se constituant à Paris en 1822, reprenait la tradition d'un glorieux passé et continuait l'œuvre des Philbert Hamelin, des Pierre Cliapot, des Etienne Mulart, « libraires portant marchandises sur champs », vrais colporteurs qui répandaient la Bible, les Evangiles et de courts écrits religieux au péril de leur vie, car nombreux furent ceux qui allèrent mourir, victimes de leur sainte vocation, en place de Grève ou sur la place Maubert.
La Société se proposait comme but unique « de répandre soit à bas prix, soit gratis, de petits écrits qui présentent sous des formes variées les vérités les plus importantes et les plus belles leçons du christianisme telles qu'elles sont renfermées dans l'Evangile ».
A la tête d une entreprise si chrétienne dans son inspiration nous voyons se succéder les hommes les plus marquants du protestantisme français : Lutteroth, Stapfer, Victor de Pressensé, Wilks, le comte Delaborde, l'amiral Ver-Huell, le baron Auguste de Staël, Jean Monod père et son fils Frédéric, Ch. Coquerel, Gœpp, François Delessert, Ernest André, Audebez, GrandPierre, Jules Hollard, de Yalcourt, Pédézert, D1' Lamouroux, Edmond de Pressensé, Jules Bonnet, Louis Bridel, Pilatte, Yulliet, Louis Vernes, Louis Meyer, Levray, Bersier, Rosseeuw Saint-IIilaire, Gauthey, Berger et tant d'autres pasteurs et laïques qu'il nous est impossible de nommer ici. Grâce à ces hommes de foi «et d'action, de pensée et de plume, appartenant à toutes nos dénominations religieuses, la Société des Traités est devenue une de ces œuvres interecclésiastiques qui font la force de nos Eglises et où s'affirme la cohésion et la vivante
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unité du protestantisme fi ançais. Parmi ses collaborateurs, elle compte dès le début, et elle comptera toujours, des écrivains du premier mérite; nous citons presque au hasard Yinet el Adolphe Monod, Louis Bonnet et Napoléon Roussel, Puaux père el de Félice, le comte et la comtesse Agénor de Gasparin, M. el M Armand-Delille, M. et MmeE. de Prcsscnsé, M. et Mme Bersier, Ch. Bois, Babut, etc.
La première assemblée annuelle de l'œuvre se réunit, le 15 avril 182)}, sous la désignation modeste de séance extraordinaire du Comité. Huit traités avaient été publiés; de plus on en avait reçu quatre, au nombre de 2,000 à 8,000 exemplaires, d'auteurs généreux. La Société avait imprimé 101,202 exemplaires de ses traités, dont 66,472 avaient été mis en circulation. Les dépenses, montant à 3,462 IV.. étaient plus epic couvertes par 4,454 fr. de recettes.
Quelques dépôts importants par leur activité fonctionnèrent dès l'origine dans les départements, et des Sociétés auxiliaires se fondèrent à Strasbourg, Mulhouse, Montpellier, Toulouse et ailleurs. Dans cette dernière ville, la Société des Traités religieux (l)qui s'affilia à celle de Paris, était née en 1820; à Montpellier, le pasteur Lissignol avait en réalité fondé l'œuvre des traités en France dès L815, et répandu en sept ans 270,000 exemplaires de petites brochures religieuses, comme nos premiers rapports nous l'apprennent. Empressons-nous de dire que la Société des Traités religieux de Londres se montra dès l'origine l'amie et la protectrice de celle de Paris. Soixante-onze ans de rapports continuels et d'aide bienveillante n'ont fait que cimenter cette amitié.
L'œuvre prit rapidement de l'extension. 11 n'est pas possible d'en suivre les progrès année par année; bornons-nous à choisir quelques dates et quelques chiffres qui nous paraissent significatifs.
En 1830 on avait déjà composé 66 traités ordinaires, plus une dizaine de traités-placards et quelques traités en allemand. Le Comité avait continué, en outre, à recevoir des dons de traités approuvés, sinon imprimés par lui. Cette lois les recettes, 7/i20 fr., avaient été loin de couvrir 12,064 fr. de dépenses.
Malgré cela le prix de YAlmanach des Bons Conseils, rédigé pour la première fois en 1820 par M. Lutteroth, fut abaissé de 2.") à 15 centimes; on voulait lui assurer une très large diffusion el Ton comptait sur les amis de l'œuvre pour lui en fournir les moyens.
A la série des publications pour adultes s'ajouta plus tard une série destinée aux enfants ; les deux séries historiques devaient venir ensuite.
i I Ne pas confondre avec la Société îles Livres religieux de Toulouse.
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Ce n'est pas tout ; un journal était né, et entrait dans la sixième année de son existence : V Ami de la Jeunesse, fort bien rédigé sous son format minuscule, une des premières revues illustrées qui aient paru en France, peut-être même la première de toutes. Dans la suite, le Comité publiera des volumes variés, plus ou moins considérables, dans sa Bibliothèque des Familles et dans sa Bibliothèque des Ecoles.
En 1849, le Comité jette un regard rétrospectif sur les vingt-cinq premières années de son activité; la situation est excellente, 11,814,334 traités imprimés, et 11, 604, 576 mis en circulation. On a dépensé 42,594 fr., niais on a reçu davantage, 45,842 fr. ont été recueillis. VAlmanach des Bous Conseils a eu un tirage de 130,000 exemplaires : qui pourra l'empêcher de devenir le pins populaire de tous les almanach français? Rien, en vérité, puisqu'à trois ans de là ses 146,000 exemplaires vendus laissent un bénéfice de 4,000 fr. à appliquer à l'œuvre générale. En 1856 il se tirait à 231,000 exemplaires, quand même il avait fallu attendre l'estampille du colportage, exigée sous le second empire. Quelques années se passent et le Comité s'excuse modestement de n'avoir vendu que (!) 225,000 almanachs.
Aussitôt les chiffres remontent, le tirage de VAlmanach des Bons Conseils s'élève au total étonnant de 259,000 exemplaires, puis 260,000 et enfin 261,000; ce dernier nombre n'a jamais été dépassé. L'Ami de la Jeunesse avait suivi une progression analogue : 1,500, 2,900, 5,000. 6,000, 8,000, 10,000 et, cette fois c'est le nec plus ultra, 11,000 abonnés. Le format avait augmenté avec le nombre des lecteurs. A cette même époque on avait écrit 337 traités pour adultes et 72 pour enfants; les recettes atteignaient 107,107 fr., contre 93,029 fr. de dépenses.
Viennent les années de nos grands désastres, tout est bouleversé; tout s'arrête, les ressources ont diminué dans une proportion affligeante : recettes 38,749 fr., dépenses 38,556 fr., mais dans des périodes aussi agitées de l'histoire, c'est beaucoup, déjà, d'avoir pu vivre. Aussi, lorsqu'en 1883 le Comité jette une fois de plus un regard en arrière, moins joyeusement qu'en 1849, d constate pourtant avec une reconnaissante émotion que, depuis 182,), près de 6 millions d' Almanachs (chiffre rond) ont été répandus, et 40 à 50 millions de traités, environ 300,000 exemplaires de V Ami de la Jeunesse ont été servis sous forme d'abonnements ou vendus en volumes à la fin de l'année, sans compter des milliers de volumes pris dans la Bibliothèque des Écoles et dans celle des Familles.
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Il ne faut jamais craindre de regarder la réalité en face; c'est un devoir élémentaire de loyauté; d'ailleurs c'est Dieu qui préside à la vie et au développement des œuvres entreprises en son nom, comme il préside à la vie des individus. L'année 1891 (nous en venons à des dates toutes récentes) n'apporte que 28,860 IV. de recettes contre 30,093 IV. de dépenses. On distribue 343,000 traites, 7 L5 lettres de Noël, 529 volumes de la Bibliothèque des Ecoles, 928 de celle des Familles, sans compter les publications d'autres Sociétés, vendues par commission à notre agence L' Almanach se vend à 82,000 exemplaires; VAmi <lc la Jeunesse et des Familles a 2,100 abonnements et place '.H I exemplaires de ses anciennes années.
Enfin, en LS92, 379,614 traités sortent, 80,000 almanachs se vendent et VAmi de la Jeunesse et des Familles ne voit pas augmenter le nombre de ses abonnés.
A des débuts tics humbles avait, on le voit, succédé rapidement une ère de brillante prospérité, qui ne s'est pas, loin de là, maintenue jusqu'à nos jours.
Notre Société était à l'origine la seule qui existât en France, à part des Sociétés locales qui répandaient ses publications; Y Almanach des Dons Conseils était le seul almanach évangélique de langue française dans notre pays; VAmi de la Jeunesse et des Familles n'avait pas un seul rival protestant illustré. Aujourd'hui on publie un liés grand nombre d'almanachs religieux et les journaux évangéliques illustrés sont devenus légion chez nous, pour ne rien dire de ceux qui nous viennent de la Suisse française. Cette concurrence (le mot est à peine chrétien quand il s 'agit d'alliés engagés dans la même croisade que nous, mais il correspond à une triste réalité commerciale), cette concurrence, qui croit toutes les années, nous rend la lutte pour l'existence extrêmement rude au point de vue financier. Toutefois, nous ne pouvons ni ne devons oublier que notre Société a pour elle son âge, son caractère universel et le genre plus spécialement français de ses publications; elle ne se décourage pas, convaincue qu'elle doit faire tous les efforts possibles pour sortir de la crise actuelle.
La longue maladie et la mort du pasteur Arbousse-Bastide, qui a été pendant vingt-sept ans notre agent infatigable, notre collaborateur, notre zélé collecteur, qui s'est dépensé sans réserve pour une œuvre qui lui était chère entre toutes, a amené un état de stagnation dont nous avons hâte de sortir.
A cet effet, La Société des Traités religieux de Paris a partagé la France en un certain nombre de régions et choisi dans chacune d'elles un pasteur
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intelligent et actif, destiné à la représenter et à défendre ses intérêts. Ces agents correspondent avec le Comité central, reçoivent et distribuent les traités, rendent compte des besoins des Eglises, provoquent la composition d'écrits variés et substantiels et recueillent les fonds destinés à l'œuvre. Cette organisation, toute récente, n'a pu encore se justifier par des résultats apparents, mais nous en attendons beaucoup.
Outre les traités d'édification, d'appel, de consolation, de saine controverse, d'histoire, il est indispensable que toutes les questions qui préoccupent aujourd'hui les masses soient abordées dans un esprit chrétien. Il faudrait prouver à notre peuple que rien de ce qui l'intéresse ne laisse indifférents les disciples de Jésus-Christ et cpie la religion véritable touche à tons les domaines de la vie sans exception.
Rien n'est plus nécessaire que de lutter contre la mauvaise presse en répandant à profusion des publications évangéliques. Les gens instruits, les riches, ont tous les moyens imaginables de se procurer des livres, des revues, des journaux. Mais pour l'ouvrier et le paysan il faut des brochures courtes et frappantes, rédigées avec cette science complète et ce talent magistral qui font les écrivains populaires dignes de ce nom.
Le bien opéré depuis soixante-onze ans par les publications de notre Société, les exemples de conversion, de relèvement arrivés à la suite de la lecture d'un traité sont nombreux ; nous ne pouvons en citer aucun dans l'étroit espace dont nous disposons ici. D'ailleurs les fruits les plus réels de l'évangélisation échappent bien souvent à toute statistique. Ce (pie nous aimons à rappeler, c'est qu'en bien des occasions les traités et YAlmanach des Bons Conseils ont amené les lecteurs à accepter l'Évangile, en leur révélant l'existence des Livres saints et en leur inspirant le désir de les lire et de les posséder.
En tenant compte de toutes les Sociétés de Traités, de tous les almanachs et de tous les journaux évangéliques, on constaterait probablement de nos jours une somme d'efforts et de résultats supérieure même à ceux que la Société des Traités religieux de Paris obtenait au temps de sa plus grande splendeur. Ce n'est pas une raison pour nous endormir dans la paresse, et puisqu'il y a beaucoup à faire dans la vigne de notre Maître, ce doit être pour nous un énergique stimulant. Le but que nous poursuivons vaut un labeur persévérant et infatigable et nous savons que « notre travail ne sera pas vain devant le Seigneur ».
Le Comité de la Société des Traités religieux de Paris n'a pas de président permanent; ses secrétaires sont MM. Louis Sautter et Emile Soulié.
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