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LA FRANCE PROTESTANTE

que dans la première, et plusieurs de ces noms comprennent vingt et trente groupes de familles différentes.

Renvoyant au Comité, lorsqu'il sentit sa fin approcher, tous les matériaux accumulés, correspondances, inventaires, copies exécutées à ses frais, M. Bordier lui écrivait : « Dieu veuille que vous preniez surtout des mesures pour faire achever l'ouvrage; car il a été entrepris pour la gloire de nos pères, mais s'il demeurait inachevé, il tournerait à leur confusion. »

Le Comité ne pouvait demeurer sourd à cet appel suprême. Cherchant d'abord un successeur aux ouvriers de la première et de la deuxième heure, il confia à M. le professeur Bernus, dont M. Bordier avait apprécié la rare compétence, le soin de rattacher les nouveaux anneaux de la chaîne si malheureusement rompue, de ressaisir les fils, de coordonner, contrôler, compléter, les milliers et milliers de fiches déjà préparées ou à préparer encore en France ou à l'étranger. Il reconstituait en même temps et agrandissait le Comité de la France protestante, lui laissant une indépendance nécessaire, mais centralisant à la Bibliothèque de la rue des Saints-Pères tout ce qui concerne la réception d'adhésions, de souscriptions, de communications et de dons.

Depuis 1890, le dépouillement des archives s'est poursuivi sans interruption. Celles des Eglises wallonnes des Pays-Bas centralisées à Leyde, et classées, plus spécialement en ce qui concerne Rotterdam, dans deux collections de fiches vraiment monumentales; celles de Suisse, où M. Bordier avait déjà beaucoup travaillé; des listes d'assistés et de réfugiés à Francfort-sur-le-Mein et ailleurs en Allemagne, et aussi en Angleterre ; et beaucoup d'autres documents conservés, entre autres à la Bibliothèque de la rue des Saints-Pères, ont fourni, pour la lettre G seulement, que M. Bernus doit rédiger en premier lieu, des milliers de noms huguenots.

SOCIETES D'INSTRUCTION

C'est donc une véritable œuvre de Bénédictins, niais qui a déjà porté des fruits abondants. Elle ne peut s'accomplir qu'avec patience et longueur de temps, et avec le concours de tous ceux, protestants français ou descendants des Réfugiés pour la foi, qui comprennent qu'il y a là une véritable dette de famille à acquitter, celle des enfants des Confesseurs et des Martyrs. A ces enfants l'on demandait: « Vos pères où sont-ils? » Ils pourront désormais répondre, avec une légitime fierté, en montrant la France protestante. « Les voici. » Charles Read.

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