‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 241 sur 326 · DIMANCHE · texte numérisé non relu

DIMANCHE

de vie, tout se réunit pour donner à ces Fêtes un intérêt que ceux qui les ont vues ne peuvent pas oublier.

Si nous résumons l'effort de ces quarante années de travail, prés de 1,200 Ecoles du Dimanche fondées, 100 Ecoles populaires, fondées parla Mission Mac Ail, au lieu de 6 que l'on comptait en 1873; environ 182 Ecoles du Jeudi ouvertes depuis 1882, pour donner aux enfants des Ecoles publiques laïcisées l'instruction religieuse qu'ils n'y reçoivent plus; notre Recueil de Cantiques arrivé à sa 26e édition, tirée à 10,000 exemplaires; enfin près d'un million dépensé pour ces diverses branches de la Société, somme énorme quand on la rapproche de notre modeste budget, voilà le bilan de l'œuvre accomplie par notre Société ou sous son influence, pendant ces quarante années.

Notre tâche est-elle achevée? Loin de là. Que de progrès à réaliser pour que tous nos enfants soient soumis à cette heureuse influence de l'Ecole du Dimanche! Que de questions à étudier pour améliorer les méthodes d'instruction ! Que d'efforts à faire pour nos jeunes gens, pour que les hommes les plus distingués de l'Eglise se disputent, comme en Amérique et en Angleterre, l'honneur d'instruire les enfants, et de présider un groupe à l'Ecole du Dimanche! Quel devoir pressant, que d'étudier les moyens d'unir les efforts de la famille à ceux de l'Ecole du Dimanche!

Que sera notre jeunesse ? Elle sera ce que nous l'aurons faite nous-mêmes par nos leçons, notre influence, nos exemples.

Nous ne pouvons mieux résumer nos devoirs qu'en rappelant les nobles paroles d'un penseur américain, Edward Everett : « Contemplez à l'automne un des chênes de la forêt couvert de milliers de glands; chacun de ces fruits est l'embryon d'un chêne aussi majestueux que le tronc paternel, qui élèvera ses branches vers le ciel, et bravera les orages de trois cents hivers. Il ne faut pour cela qu'une poignée de terre qui recouvre le gland tombé, un peu d'humidité qui le nourrisse, il ne faut que cela, mais il le faut absolument; sinon, faute de ce secours si insignifiant en apparence, pas un de ces fruits innombrables n'est destiné à devenir un arbre.

» Contemplez maintenant les cités, les villages de notre chère patrie; parmi tous ces milliers d'hommes qui nous entourent, il n'est pas une intelligence qui ne soit capable de grands progrès. Eh bien! pour éveiller chacune de ces intelligences, pour lui donner le sentiment de sa merveilleuse puissance, il ne faut que peu de chose, mais ce peu de chose est indispensable. Quand un gland tombe sur un sol défavorable pour y périr, c'est la perte d'un arbre comme

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celui dont le fruit s'est détaché; mais quand l'esprit d'un être immortel est étouffé, faute de culture, et manque aux grandes fins pour lesquelles il a été créé, c'est une perte que personne ne peut mesurer, une perte pour le temps et une perte pour l'éternité. »

HENRY PaUMIER, Président.

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