‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 248 sur 326 · ASSOCIATION PROTESTANTE POUR L'ÉTUDE PRATIQUE DES QUESTIONS SOCIALES · texte numérisé non relu

ASSOCIATION PROTESTANTE POUR L'ÉTUDE PRATIQUE DES QUESTIONS SOCIALES

Le protestantisme français ne pouvait rester étranger à la préoccupation des questions sociales qui est un des caractères les plus frappants et les plus louables du temps présent. Après avoir été abordé parmi nous par le côté religieux (Mission intérieure), par le côté moral (Ligue française pour le relèvement de la moralité publique) et par le côté économique (Coopération, Participation, Mutualité, etc.), le problème social fut posé soit devant les étudiants des Facultés de théologie, soit devant les Conférences pastorales : Conférence libérale de Montpellier, 1885 ; Conférence évangélique d'Alais, 1886. Quelque temps après cette dernière assemblée, un certain nombre de pasteurs appartenant aux diverses tendances ecclésiastiques du protestantisme, aidés de laïques des plus compétents, formèrent un Comité d'initiative qui lança (fin juillet 1887) une circulaire destinée à provoquer la formation d'une Association protestante pour l'étude pratique des Questions sociales. Les adhésions arrivèrent nombreuses et enthousiastes de tous les points de la France, et l'Association put s'organiser immédiatement, fonder et mettre en activité sa Bibliothèque circulante, et publier quelques études sociales.

En même temps que la circulaire dont nous venons de parler parut la Revue de théologie pratique et d'études sociales, aujourd'hui Revue du christianisme pratique, Vais (Ardèche), fondée par M. le pasteur C. Chastand sous l'empire des mêmes préoccupations qui avaient donné naissance à l'Association. Les deux entreprises firent alliance dès le début, et se présentèrent au public comme devant marcher de concert.

ŒUVRES SOCIALKS

Les 18 el I'.) octobre 1888, l'Association fini à Nimes, centre protestant par excellence, <|iii, sous l'inspiration de quelques laïques généreux, était déjà devenu un centre de philanthropie sociale, une assemblée solennelle à laquelle prirent part environ 150 adhérents, parmi lesquels nous citerons, pour ne nommer (pie les morts, MM. Bersier et Ch. Bois. On y remarqua aussi les délégués de deux Sociétés genevoises, créées à la suite de la nôtre (mai 1888) et presque sous le même titre.

L'assemblée entendit et discuta deux travaux de premier ordre, puis elle sanctionna les actes du Comité d'initiative en le réélisant tout entier, et le bureau demeura composé de M. le pasteur T. Fallot, président, MM. de Boyve et Ch. Gide, vice-présidents, MM. les pasteurs Gouth, secrétaire général, et Comte, secrétaire. — Les Statuts préparés par le Comité furent adoptés après une discussion approfondie. En voici les articles essentiels, qui sont comme la déclaration de principes de l'Association :

« Art. 1. — L'Association fail appel, sans distinction d'opinion, à tous les protestants, hommes ou femmes, qui comprennent leurs responsabilités et leurs devoirs en face des souffrances et des périls de la société actuelle, et qui sont résolus à poursuivre dans l'organisation de la société, aussi bien que dans la vie des individus, l'application des principes de justice et d'amour proclamés par Jésus-Christ.

» Art. 4. — Se plaçant avant tout sur le terrain moral et religieux, elle s'appliquera à rechercher et à mettre en lumière tout ce qui, dans l'ordre de choses existant, est contraire à la justice et à la solidarité, tout ce qui est de nature à empêcher le développement moral et religieux de l'individu, et par conséquent son salut.

» Art. 5. — Son ambition est de travailler à la réparation des maux dont nous souffrons en indiquant aux chrétiens leurs devoirs sociaux, en suggérant à leur initiative des œuvres de fraternité et de relèvement, et en agissant sur les pouvoirs publics pour déterminer les réformes nécessaires. »

Le succès de l'assemblée de Nimes décida le Comité à réunir des Congrès annuels. Le deuxième fut convoqué à Lyon en novembre 1889, et c'est sous l'impression des Travaux qui y furent lus et discutés que se fondèrent quelque temps après, à Lyon et à Nimes, des œuvres d'Assistance par le travail semblables à la Maison hospitalière de M. le pasteur Robin à Paris. Le troisième Congres se réunit à Montbéliard en juillet 1890 sous la préside nce de M. de Boyve, M. Fallot s'étant retiré pour raison de santé, il fut marqué par une participation

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