‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 249 sur 326 · ASSOCIATION PROTESTANTE · texte numérisé non relu

ASSOCIATION PROTESTANTE

plus active de l'élément laïque. Le quatrième s'est tenu à Marseille en octobre 1891 (1).

Nos Congrès (2) se sont réunis dans des milieux fort divers, mais chacun d'eux a gagné à l'œuvre de nouveaux amis. Beaucoup de craintes et de défiances ont accueilli notre Association à son origine; mais il a suffi qu'elle se montrât pour les dissiper. Sans s'inféoder à un parti ou à une école quelconque, sans professer un autre credo que l'Evangile lui-même, elle fait appel à tous les amis de la justice, de la liberté et du progrès, à tous ceux qui croient au royaume de Dieu et qui veulent en hâter l'avènement. Elle fait en même temps œuvre de conservation véritable, car l'évolution réformatrice et pacifique peut seule nous garantir de la révolution.

Il va sans dire qu'une Société de ce genre ne peut présenter pour sa justification des résultats qui se pèsent et se comptent par chiffres. Sa statistique est bientôt dressée (3) Mais ce n'est point par ce côté-là qu'on peut la juger. Ce serait plutôt par les zèles nouveaux qu'elle a pu stimuler et par les œuvres individuelles ou collectives dont elle a pu inspirer ou suggérer la fondation dans de nouveaux milieux (Sociétés coopératives, de secours mutuels, d'assistance par le travail, d'habitations ouvrières, de patronage, de placement, etc., etc.).

L'ambition du Comité qui dirige l'Association serait d'accroître son utilité

(1) Un cinquième Congrès s'est réuni au Havre en juin 1893.

(2) Les « Travaux » de ces Congrès ont été publiés à la librairie Fischbaclier, Paris. — 2 fr. 50 c. le dernier fascicule.

(3) Œuvre du Comité (article 10 des Statuts) : 1° Bibliothèque circulante créée dès 1887, au moyen des souscriptions des fondateurs et des cotisations des adhérents. Composée des meilleures productions littéraires des principales écoles d'économie politique et sociale, elle est gratuitement à la disposition des adhérents (sauf une partie des frais de port). Voir le Catalogue. S'adresser provisoirement à la présidence. — 2o Concours : Un généreux anonyme institua, dès avant l'assemblée de ÎN'imes, deux prix de 500 fr. pour des concours à établir, entre étudiants en théologie et jeunes pasteurs de langue française, sur des sujets de sociologie chrétienne. Le premier concours n'a eu qu'un demi-résultat (encouragement de 300 fr. à M. le pasteur Sibleyfas). Le deuxième est encore ouvert jusqu'au 1er mars 1894. — 3° Publication des Travaux des Congrès, et, en outre, d'un plan d'études rationnel et de diverses études sociales dans la Revue du Christianisme pratique.

Renseignements: Nombre d'adhérents inscrits au 1er janvier 1892 : 561, dont 35 dames. — Comité de trente membres. — Bureau: Président d'honneur, M. le pasteur Fallot; président, M. E. de Boyve; secrétaire général M. le pasteur Goulh (d'Aubcnas). — Cotisation : Minimum, 2 fr. par an. Le produit des cotisations est consacré, sous le contrôle du Comité : 1° à la Bibliothèque circulante ; 2° à la publication des Travaux de l'Association; 3° aux frais de propagande; 4" aux frais détenue des Congrès.

L'Association a obtenu une médaille de bronze à l'Exposition de 1889, à Paris (section d'Économie sociale.)

S'adresser pour adhésions et cotisations, et en général pour toutes demandes de renseignements, à M. de Boyve, président, 2, Esplanade, à Nimes.

ŒTVRES SOCIALES

el d'accentuer toujours plus sou caractère pratique en provoquant dans les principaux centres ouvriers la formation de groupes régionaux d'études et surtout d'activité sociales, à l'instar de ceux qui existent déjà dans quelques villes. Aujourd'hui que les préoccupations de cet ordre envahissent l'élite de notre jeunesse, la tâche de notre Société est de plus en plus grande et urgente, et si elle n'existait pas, il faudrait la fonder. Elle existe: ce que nous attendons de la bénédiction de Dieu et de la honne volonté de nos coreligionnaires, c'est que son action s'étende et se fortifie et qu'elle soit au sein de notre protestantisme français « le levain qui fait lever toute la pâte ».

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