PARIS — LA MAISON HOSPITALIÈRE
L'ouvrier que le chômage a réduit à la misère est exposé à devenir mendiant et vagabond. Prévenir pour cet homme une première condamnation en l'aidant à attendre la reprise de son travail, tel est le but que s'est proposé la Société de patronage en fondant la Maison hospitalière.
L'Asile a été ouvert, le 1er octobre 1880, rue Clavel, n° 32. L'ouvrier y est admis avec un bon de travail valant I fr. 50 c, qui n'est payé par le donateur
ŒUVRES SOCIALES
que s'il est utilisé. Si l'ouvrier est laborieux, il peut y demeurer dix jours en moyenne, ce qui décuple la valeur du hou reçu par lui. Telle est l'aide qu'offre la Société de patronage aux malheureux qui ne demandent qu'à travailler.
En 1886, M. Fuchs, professeur à l'Ecole des Mines, membre délégué de la Société de patronage au Congrès pénitentiaire international de Rome, fit admettre la déclaration suivante : « Que l'assistance publique soit réglée de telle manière que chaque personne indigente puisse trouver des moyens de subsistance, mais seulement en récompense d'un travail adapté à ses facultés corporelles. » C'était la sanction du principe adopté et pratiqué par la Maison hospitalière.
En 1887, la Délégation générale des Diaconats de l'Eglise réformée de Paris, par l'organe de son viceprésident Maurice Sautter, annonçait l'accord survenu entre elle et la Maison hospitalière : « Les protestants, réformés, hommes nouveaux venus à Paris, sans ressources et sans domicile , seront dirigés par la paroisse à laquelle ils s'adresseront, sur la Maison hospitalière, 32, rue Clavel. » Ainsi a été organisé à Paris par la Société de patronage l'exercice de la charité. Cette organisation permet de distinguer les mendiants et les vagabonds de profession des ouvriers dénués mais laborieux; elle respecte leur dignité en leur offrant du travail au lieu d'une aumône; de plus elle atténue considérablement les dépenses de la charité et permet d'étendre à un plus grand nombre les bienfaits de l'assistance par le travail.
Bien organisée, l'assistance par le travail doit tendre à couvrir la dépense de l'ouvrier et à lui procurer un salaire qui lui permette de renouveler ses vêtements usés et de se présenter convenablement aux ateliers.
Les frais d'outillage et d'administration doivent seuls rester à la charge de la charité. Dans ce but, la Société de patronage a acheté un vaste immeuble rue