‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 271 sur 326 · PARIS — ŒUVRE DU TRAVAIL DE LA RUE DE RERLIN · texte numérisé non relu

PARIS — ŒUVRE DU TRAVAIL DE LA RUE DE RERLIN

L'Œuvre du Travail de la rue de Berlin est la plus ancienne des œuvres d'assistance par le travail existant aujourd'hui à Paris. Elle avait bien été précédée sur la rive gauche de la Seine par une œuvre analogue, mais restée en quelque sorte privée et qui a pris fin avec sa fondatrice Mme J.-J. Haller. Pendant de nombreuses années Mme Haller a fait un grand bien en distribuant régulièrement chez elle de l'ouvrage à un groupe de pauvres ouvrières.

11 y a environ trente-cinq ans qu'une pieuse femme, Mmc V. de Pressensé, londa l'Œuvre dite de « la rue de Berlin ». Elle avait compris toute l'importance cl une œuvre qui viendrait en aide aux pauvres ouvrières en leur fournissant le

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moyen de gagner honorablement leur vie par un travail régulier et justement rétribué. Remplacer l'aumône qui trop souvent dégrade ou humilie celle à qui elle s'adresse, par le travail qui lui rend son courage et sa dignité, tel fut le but très simple mais très grand de l'Œuvre de la rue de Berlin. Ses débuts furent des plus humbles; M"10 de Pressensé, aidée de sa fdle et d'une jeune fdle amie, M1Ie E. Lamouroux, préparait chez elle l'ouvrage qui était distribué à quelques pauvres femmes : l'expérience, le savoir-faire, l'argent, tout manquait alors, et cependant l'Œuvre a grandi car elle venait à son heure répondre à de pressants besoins. — Petit à petit elle s'est organisée; la direction en a été confiée à une personne capable et dévouée; le nombre des ouvrières s'est accru, leur travail s'est perfectionné; il a fallu songer à avoir un dépôt pour les marchandises qui s'accumulaient, des Ventes annuelles pour les écouler, une maison où l'on pût pendant toute l'année aller faire les commandes et les achats (4, rue de Berlin), et à l'heure actuelle l'ouvrage est distribué à plus de 60 femmes et le chiffre des affaires dépasse plus de 30,000 fr. par an.

Pendant l'espace de dix années le mouvement des marchandises générales a été de 300,458 fr. 15 c. dont 69,961 fr. 25 c. ont été le gain positif des ouvrières. Aucune collecte n'est faite au profit de cette Œuvre qui se soutient entièrement par son travail et par la Vente annuelle destinée à écouler le trop plein de marchandises du dépôt, mais il a été nécessaire de créer une œuvre de secours, entretenue par des dons et des souscriptions, pour venir en aide aux ouvrières malades ou trop âgées pour continuer à travailler.

Les œuvres d'assistance par le travail sont bien les œuvres du temps présent; il n'est plus besoin de faire leur apologie et chacun comprend quelle est leur importance, puisqu'il s'agit de tendre une main secourable et amie à tant de malheureux, faibles et petits, qui ne demandent qu'une occupation régulière pour gagner honorablement leur vie et le pain de leurs familles.

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