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de liberté ecclésiastique reprirent peu à peu le dessus; en 1876-77, la majorité des membres du Comité appartenait même aux Eglises nationales de France (réformée et luthérienne). L'article additionnel inscrit en tête de cette notice fut ajouté (1878) au Règlement, pour proclamer le caractère d'alliance évangélique qui est celui de la Société. Quoique ne se rattachant à aucune Eglise, elle les a servies et les sert toutes. Son but est de leur donner ses stations, non de les garder pour elle-même.
Elle n'a renoncé à s'occuper régulièrement du colportage des traités et des saintes Ecritures que parce que d'autres Sociétés sont venues s'en occuper spécialement; elle fait cependant encore un peu de colportage. Elle a encore des écoles, quoiqu'elle en ait du supprimer beaucoup par suite de la concurrence des écoles publiques. Ses cadres et ses principes sont tels qu'ils permettent d'employer toutes les bonnes volontés et « tous les moyens que Dieu met à sa disposition », pour annoncer l'Evangile. Conférences, prédications, instruction de l'enfance, cure d'âmes, soin de nos coreligionnaires disséminés, préparation au saint ministère, bienfaisance pratique, rien de ce qui touche à l'apostolat chrétien ne lui est resté étranger.
Finances.
La Société n'a d'autres ressources que les dons volontaires de ses membres et amis. De 7,580 fr. 1.5 c. la première année (1833), ses recettes ont monté une année (1847) jusqu'à 231,643 fr. 22 c. Jusqu'au 30 avril 1892, elle a dépensé 7,250,350 fr. et reçu, par moitié environ, de France et de l'étranger 7, 188,625 fr. ; déficit 61,725 fr. Depuis 1883, année de son cinquantenaire, la moyenne de ses recettes annuelles a été de 94,000 fr., qui ne suffisent pas aux dépenses, ni surtout aux appels.
Coup d'œil statistique.
L'évangélisation itinérante, à laquelle la Société s'est surtout adonnée, ne se laisse pas facilement estimer par des chiffres. Impossible de faire le compte des traités et des Livres saints qu'elle a distribués ou vendus par millions. On a vu plus haut le bilan des Eglises fondées par la Société dans le premier quart de siècle de son existence et rattachées aux différentes Eglises. En tout elle en a donné 24 avec leurs annexes, à l'Église réformée; 8 aux Églises libres; 2 aux méthodistes; 1 à l'Église de la Confession d'Augsbourg. Elle a fait prêcher l'Evangile dans environ 600 villes, 3,000 villages; elle a employé un personnel