‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 311 sur 326 · REFUGE PROTESTANT DE PARIS · texte numérisé non relu

REFUGE PROTESTANT DE PARIS

Le Refuge protestant de Paris, 20, rue des Buttes (Reuilly), a été une des premières œuvres dues à l'initiative du Comité des Prisons fondé par Mme Elisabeth Fry, en 1839. Sous sa première forme le Refuge a fonctionné pendant une vingtaine d'années, dans la Maison des diaconesses de Paris. Le sauvetage des fdles mineures ayant alors pris un grand développement et absorbé la place disponible, la Maison des diaconesses dut renoncer au Refuge proprement dit, c'est-à-dire à l'institution destinée à la femme tombée, désireuse de se relever et y venant de son propre vouloir. Une riche dame étrangère fonda alors un autre Refuge qui dura quinze ans environ, mais qui, situé près des fortifications, dans la zone militaire, dut être fermé en 1870.

En 1873, la comtesse Pelet de la Lo/.ère laissait un legs de 100,000 fr.

ŒUVRES SOCIALES

pour organiser un nouveau Refuge. Il ne fut rouvert qu'en 1876 faute de personnel dirigeant. L'établissement fonctionna dans des maisons louées jusqu'en 1886. Nous avons alors pu nous installer dans une maison qui dorénavant appartient à l'institution et lui assure de la stabilité. Nous devons ce bon local presque exclusivement à la générosité des protestants de France et surtout de Paris.

Quoique notre maison soit censée destinée aux femmes majeures, le nombre des mineures est de beaucoup le plus considérable. Cela tient à ce que l'âge du désordre moral baisse de plus en plus, en sorte que la femme vicieuse, quand elle atteint la majorité, est vieillie dans le mal. Il faut les arrêter le plus tôt possible.

Nous acceptons les pensionnaires sans distinction de religion ni de nationalité. Jusqu'ici nous avons pir nous eu tirer sans faire payer de pension, sauf dans des cas exceptionnels. Nous ne pourrons continuer sur ce pied si nos ressources n'augmentent pas.

La longueur normale du séjour d'une repentie dans notre maison est de deux ans, quelquefois moins. Quand elles nous donnent bon espoir, nous leur fournissons une place et un trousseau.

Depuis quelques années nous avons souvent dû recevoir des jeunes fdles qui n'étaient pas tombées, mais qui se trouvaient dans des circonstances malheureuses; — quelquefois des personnes qu'il fallait soustraire à la poursuite de gens mal intentionnés. L'ouvrage de couture ne nous produit pas un gain proportionné au temps qu'il nous coûte. Le blanchissage commence à rendre davantage, aussi espérons-nous pouvoir un jour achever l'installation de notre buanderie et étendre notre clientèle.

Une forte proportion de nos anciennes élèves ont été rendues à la vie honnête. Il se trouve quelquefois aussi qu'une personne que nous croyions perdue sans retour profite tardivement du bien qu'on a essayé de lui faire, nous démontrant ainsi la fidélité des promesses divines.

Il serait chimérique de croire que ces pauvres femmes peuvent se relever sans la foi en un Dieu qui punit et qui pardonne au nom de notre Seigneur Jésus- Christ.

La présidente de l'œuvre est Mme la comtesse de Léautaud.

ŒUVRES DIVERSES

ŒUVRES DIVERSES

ÉVANGÉLISATION DU BASSIN HOUILLER DU GIER (Loire)

Le 29 mars 1886, devant quelques pasteurs réunis à Saint-Etienne, M. Comte insista sur la nécessité de porter l'Evangile devant les masses ouvrières. M. Mouchon s'enflamma pour cette idée. Il fut convenu qu'on tenterait un essai, mais que, se tenant au-dessus des questions ecclésiastiques, on se contenterait de dire : « Voilà la religion révélée par Jésus-Christ. Si elle répond à vos besoins, et si vous croyez qu'elle vous aidera à donner satisfaction à vos légitimes revendications, acceptez-la. Nous ne vous demandons pas de vous rattacher au protestantisme. S'il vous convient un jour de vous organiser religieusement, vous formerez vos cadres quand et comme il vous plaira. »

Rive-de-Gier , centre minier, métallurgique et verrier très important, situé à égale distance de Lyon et de Saint- Etienne, fut choisi comme champ d'expérience.

Le 3 juillet 1886, à 8 heures du soir, MM. Mouchon et Comte parlèrent au théâtre devant plus de 700 ouvriers. Après la réunion un Comité, composé de membres pris parmi les assistants, fut formé pour organiser de nouvelles conférences. Il s'occupa bientôt d'ouvrir une bibliothèque populaire, une salle de réunion pour causeries familières et une école du jeudi pour les enfants.

Dans de nombreuses conférences furent exposés les principes de l'Evangile et leurs conséquences au point de vue individuel, économique et social.

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