É V A N G É LIS A T I O N
la naissance de florissantes annexes. La plupart des postes de notre section du .Nord comprennent des protestants sortis du catholicisme. Les convertis de ces régions, et notamment les mineurs du Pas-de-Calais, se distinguent par leur espril missionnaire. Le mineur amené à la foi évangélise ses compagnons de labeur au fond de la mine. Sa maison, son humble chambre devient un lieu de réunion. Là s'assemblent le soir, après la grande fatigue du jour, 25, 30, 50 personnes qui s'entassent, l'hiver, autour d'un poêle surchauffé, pour chanter, lire et écouter sans lassitude la bonne Parole du salut. A Hersin, écrivait en IS(.)I feu le pasteur Dueros," agent de la Société Centrale, une femme âgée s'est convertie, qui a eu à souffrir pour sa foi, mais qui est demeurée fidèle jusqu'à la mort. Pendant plus de trois ans, elle faisait, à Fonds-de-Sains, l'œuvre d'un évangéliste, et bien des âmes ont été amenées par elle à la connaissance de l'Evangile. Pendant les quelques jours de maladie qui précédèrent sa mort, elle fut une prédication vivante pour tous ceux qui vinrent la voir.
Ce n'est que par exception que la Société Centrale fait œuvre proprement dite de prosélytisme. Un certain nombre d'archers écossais de la garde du roi Charles VII s'étant retirés jadis à Saint-Martin-d'Auxigny (Cher), leurs descendants sont l'objet de la sollicitude des chrétiens de leur pays d'origine; et c'est aux frais d'un Comité écossais qu'un ancien prêtre, agent de la Société Centrale, poursuit cette œuvre d'évangélisation dans un milieu tout catholique.
Le Comité parisien de Mission intérieure ou itinérante, dont un des fondateurs est M. E. Réveillaud, a depuis 1889 été rattaché à la Société Centrale. Plus d'une fois ses hardis conférenciers ont ouvert des brèches nouvelles à l'évangélisation, et la Société Centrale a été appelée à consolider l'œuvre des premiers pionniers. Elle ne l'a jamais fait qu'avec prudence et modération.
La Société Centrale, au cours de son activité demi-séculaire, a vu s'étendre de plus en plus le domaine assigné par Dieu à son œuvre. Elle a travaillé autrefois parmi les ouvriers anglais occupés à la construction du chemin de fer à Rouen, et parmi les marins danois, hollandais et allemands du port de Bordeaux; elle fournit un culte, aujourd'hui, aux Suisses romands de Morteau et d'Annemasse, aux Suisses allemands d'Argenteuil, aux Flamands de Roubaix, aux Espagnols d'Oran, aux Italiens de Sfax; en Christ, qu'elle sert et qu'elle annonce, elle ne voit ni Grées ni Barbares, mais des âmes rachetées par un même Sauveur et appelées à une même patrie éternelle. Par la grâce du