‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 35 sur 326 · SOCIÉTÉ CHRÉTIENNE DU NORD · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ CHRÉTIENNE DU NORD

La Société chrétienne du Nord, fondée en 1843 pour évangéliser le nord de la France, se constitua comme auxiliaire de la Société chrétienne protestante, qui peu de temps auparavant avait été établie à Bordeaux. Son principal fondateur a été M. L. Vernes, actuellement président du Consistoire de Paris, et alors pasteur à Nauroy, dans les environs de Saint-Quentin. Le Comité a été composé de la plupart des pasteurs de la région, alors au nombre de 12, et d'autant de laïques. Le champ de travail ne comprenait que 4 départements, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme et l'Aisne; il s'est étendu peu de temps après à ceux de la Marne et des Ardennes, puis, plus récemment, à ceux de la Meuse, de Meurthe-et-Moselle et des Vosges, et correspond ainsi actuellement à la première circonscription synodale de l'Eglise réformée.

Au début, l'œuvre semblait destinée uniquement à venir en aide aux pasteurs pour la visite des protestants disséminés et la desserte de leurs Eglises,

ÉVANGÉLISATION

dont la plupart étaient extrêmement étendues, quelques-unes comprenaient plusieurs arrondissements, et l'une d'elles un département tout entier, celui de la Somme.

Trois évangélistes furent chargés à l'origine de visiter les disséminés ; plus tard M. le pasteur Caillatte créa un Asile à Achicourt pour les orphelins et les enfants abandonnés, Asile transféré plus tard à Lemé, où il a pris un grand développement.

L'œuvre s'étendit rapidement ; des pasteurs furent placés à Cambrai, à Arras et à Amiens, devenue plus tard paroisse officielle. En 18'iG un mouvement religieux se produit parmi les catholiques à Crèvccœur, près de Cambrai. Un pasteur fut demandé par plusieurs personnes qui désiraient connaître l'Evangile; un local fut loué, puis un instituteur évangéliste y fut établi, et ainsi se forma une petite Eglise qui a traversé bien des difficultés, mais qui maintenant a son temple et sa maison d'école. En 1 847, lors de la fondation de la Société Centrale, la Société du Nord s'y rattacha et en devint une section sans perdre son nom et son organisation. Depuis lors son activité s'est étendue d'année en année. On peut distinguer parmi ses œuvres celles qui se sont établies parmi des catholiques amenés à l'Evangile, celles qui ont pour objet l'évangélisation de la population des grandes villes, et celles qui se font parmi les protestants disséminés. Nous commencerons la revue de l'œuvre en parlant de ces dernières.

Dans le département du Nord, des Eglises ont été formées à Dunkerque, au Cateau et à Valenciennes ; elles ont été reconnues par l'Etat et se suffisent à elles-mêmes. D'autres Églises sont en formation à Cambrai et à Fourmies, une école est établie à Saulzoir. Dans l'Aisne un pasteur est placé au chef-lieu, à Laon, il dessert Soissons et visite les disséminés de deux arrondissements. A Tergnier, un évangéliste visite un rayon très étendu où se trouvent les restes d'anciennes Eglises détruites par les persécutions. Dans la Marne de nombreux disséminés sont évangélisés par les pasteurs placés à Epernay et à Châlons; cette dernière Eglise est actuellement reconnue par l'Etat. A Sedan, un pasteur auxiliaire donne ses soins à 5 à GOO protestants dispersés dans un grand nombre de communes. Dans la Meuse, une Eglise fondée à Bar-le-Duc a été reconnue, son pasteur visite, de concert avec celui que la Société entretient encore à Verdun, une population protestante en grande partie originaire de l'Alsace, dispersée dans un très grand nombre de communes. Dans les Vosges, l'Eglise d'Epinal, autrefois soutenue par la Société Centrale, est actuellement reconnue

Page 1