MISSION INTÉRIEURE ÉVANGÉLIQUE
elle trouva des chrétiens disposés à entrer dans ses vues. Dès 1874, il en existait 10G, répartis dans nos différentes. régions protestantes. C'étaient autant de foyers de lumière et de chaleur allumés au milieu des Eglises pour dissiper les ténèbres de l'incrédulité ou de l'indifférence et réchauffer les âmes de nos compatriotes.
Pour fonder les Groupes et les stimuler au travail, elle s'adjoignit le concours d'agents spéciaux — quelques-uns volontaires et temporaires — qui s on allèrent de lieu en lieu, véritables missionnaires à l'intérieur, chercher à ranimer et à organiser la vie par la prédication simple et populaire de l'Évangile éternel.
Ces agents furent promptement amenés à tenir des « réunions de réveil » destinées à placer les âmes, par un effort tout particulièrement pressant et solennel, sous l'action du Saint-Esprit, qui ranime, en réponse aux cris des serviteurs de Dieu, les ossements desséchés et fait souffler sur eux le vent des Pentecôtes. L'un d'eux, M. le pasteur Théodore Monod, a attaché son nom à ces inoubliables assemblées de consécration, dont il est impossible de rappeler le souvenir sans une profonde reconnaissance pour Dieu qui les avait inspirées. Quelques années après lui, un autre apôtre du réveil, M. Sainton, a eu également le privilège d'accomplir, au service de la Mission intérieure évangélique, une œuvre de réveil qui a gagné des centaines d'àmes au Sauveur et dont Dieu seul connaît tous les résultats.
Afin de rendre compte de ses différents travaux, d'établir un lien entre tous ses membres, et de les exciter à l'accomplissement de leur devoir de pionniers de Jésus-Christ, elle avait fondé un journal, le Bulletin de la Missiun intérieure, qui a pris en 1881 le titre définitif de Mission intérieure.
La Société est placée sous l'autorité suprême d'une Assemblée générale, composée de délégués des Groupes, qui se tient tous les deux ans tantôt dans une région, tantôt dans une autre. Elle est dirigée par un Comité central, nommé par chaque Assemblée générale et soumis à la réélection. Dès son origine, et jusqu'en 188:}, elle a eu à sa tète, comme président, M. le pasteur Babut, qui lui a prodigué pendant onze années les trésors de son zèle et de son expérience. En 1883, M. Houter succéda à M. Babut. Le Comité central, dont il est le président, siège à Marseille depuis 1887.
Actuellement, la Mission intérieure comprend 141 Groupes, qui poursui- v vent, par tous les moyens qui sont à leur portée — visites, distributions de livres saints, journaux et traités, prêt de livres, réunions, conférences, etc., —
EVANGELISATION
la tâche qui incombe aux chrétiens de faire connaître leur Sauveur. Les plus nombreux sont répandus dans le Gard, la Drôme, l'Ardèche, les Charentes, le Poitou. Elle se préoccupe d'en créer dans les régions qui n'en ont pas encore, notamment dans le Nord et l'Est, et (rétendre sur la France tout entière le bienfaisant réseau d'une institution qui a pour but de rassembler et d'unir toutes les forées vives du protestantisme évangélique dans la lutte contre l'incrédulité.
Elle a deux agents itinérants : M. le pasteur Maillet, à Saint-Forlunat (Ardèche), et M. François Houx, à Marseille. M. Maillet exerce surtout son activité dans l'Ardèche et la Drôme. M. Houx a surtout pour mission de visiter les Groupes, de les stimuler et d'en fonder de nouveaux; son champ de travail n'est pas limité. Ils poursuivent l'un et l'autre leur tâche avec autant de dévouement que de loi. Elle contribue à l'entretien de trois lectrices de la Bible, à Lyon, à Beaucaire et au Pouzin.
Désireuse d'étendre toujours plus loin l'influence de l'Evangile et de la faire pénétrer dans les campagnes comme dans les villes, et dans le dernier hameau catholique aussi bien que dans les Eglises protestantes, par la voie facile et peu dispendieuse du journal, elle résolut en 1888 d'adjoindre à ses autres moyens d'action une feuille populaire, sans couleur ecclésiastique, simplement mais complètement chrétienne, qui s'en irait frapper discrètement aux portes de nos concitoyens, pour leur offrir la bonne nouvelle de l'amour du Seigneur et du salut éternel, et elle fonda le Relèvement . C'était une heureuse pensée et une création féconde. Le Relèvement a reçu la consécration de la faveur, des encouragements, des vœux et des prières de la plus grande partie de ses lecteurs; et le développement qu'il a pris ne cesse de prouver son utilité. Son tirage était de 0,000 exemplaires au commencement de 1888. 11 est aujourd'hui de 14,000, et ce chiffre sera sans doute prochainement dépassé. On traduit un bon nombre de ses articles en plusieurs langues, et tout dernièrement encore on proposait à son directeur d'en faire une édition spéciale pour l'Italie. Des témoignages de la sympathie qu'il rencontre cl du bien qu'il fait lui parviennent de toutes parts. Il a été l'instrument de plusieurs conversions, et il vient de contribuer à un mouvement religieux dans une région du centre de la France. La bénédiction de Dieu repose visiblement sur cet humble et modeste instrument d'évangélisation.
Assurément la .Mission intérieure est heureuse et reconnaissante du bien que le Seigneur lui fait et des encouragements qu'il accorde à ses efforts. Toutefois elle n'oublie pas qu'elle a été créée en vue d'une œuvre considérable à