‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 45 sur 326 · MISSION INTÉRIEURE ÉVANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

MISSION INTÉRIEURE ÉVANGÉLIQUE

La Mission intérieure évangélique est une œuvre de foi et de patriotisme. Elle a été fondée, au lendemain de la guerre désastreuse de 1870-1871, par la Conférence nationale évangélique du Midi, pour appeler tous les chrétiens français à l'impérieux devoir de travailler au relèvement de la France par l'Evangile.

Cette Conférence se tenait à Nimes en octobre 1871. Tous les cœurs étaient sous le coup de la terrible épreuve qui avait fondu sur la patrie. Devant le spectacle de ses meurtrissures, les membres de la Conférence, sentant frémir en eux la pitié, l'humiliation, la douleur, la tendresse, la foi et l'espérance, résolurent d'entreprendre, autant qu'il serait en leur pouvoir, la guérison de la chère blessée. M. le pasteur Recolin se fit l'interprète de leurs sentiments en montrant, dans un éloquent rapport, que l'Evangile de Jésus-Christ pouvait seul réparer ses brèches, relever ses ruines et lui rendre sa grandeur perdue, et que

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tous les protestants évangéliques devaient s'employer à cette sainte tâche en taisant connaître à notre peuple l'Evangile <|iii relève, (jui console et qui sauve. Il proposa, en conséquence, la création d'une vaste Association qui convierait tous les chrétiens français à la restauration de leur pays. Cette proposition fut

votée d'enthousiasme par les 130 pasteurs et laïques présents à la Conférence, et la Mission intérieure évangélique fut fondée.

Elle mit à sa hase les deux grands principes éminemment chrétiens de l'alliance évangélique et de la confiance en Dieu; et elle voulut être une œuvre d'union, en faisant appel au concours de tous les disciples du Sauveur sans distinction d'Eglises, et une œuvre de foi, en décidant qu'elle vivrait des dons spontanés des amis de l'évangélisation. En dépit de bien des difficultés, elle est restée fidèle à ces deux principes, dont elle a toujours trouvé la sanction dans la faveur constante et les bénédictions multipliées que le Seigneur a

fait reposer sur ses efforts. En 1893, comme en 1871, elle représente, au sein îles divisions de toutes sortes qui affaiblissent l'Eglise chrétienne et la patrie française, l'obéissance au commandement suprême du Maître « Soyez unis! » et elle est, sauf erreur, la seule Société protestante qui ne collecte pas.

Voici quels furent ses moyens d'action. Elle employa en première ligne les Groupes ou unions fraternelles d'activité chrétienne, qu'elle fonda partout où

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