SOCIÉTÉ ALGÉRIENNE ET TUNISIENNE DÉVANGÉLISATION
Dans une visite d'inspection, que M. le pasteur A. Mettetal lit eu 1883, parmi les Eglises d'Algérie, il lut particulièrement frappé des difficultés sans nombre que les pasteurs y rencontrent dans l'exercice de leur ministère, et dont la plus considérable est, sans contredit, l'étendue des paroisses. Pour un territoire qui dépasse les quatre cinquièmes de la France, l'Algérie ne compte qu'une trentaine d'Églises. La dissémination des fidèles y est donc excessive. Eparpillés dans ces vastes provinces, isolés au milieu de populations diverses de nationalité, de race, de mœurs et de religion, les protestants se trouvent aux prises avec toutes sortes d'influences hostiles à leur loi. Dans de telles conditions, le sens protestant et chrétien Unit par s'émousser et par s'éteindre, et le découragement s'empare des esprits. Nombre de familles sont trop éloignées du chef-lieu de la paroisse pour recevoir des visites pastorales; encore moins peuvent-elles fréquenter le culte, ou faire donner à leurs enfants les premières notions d'une instruction religieuse élémentaire.
Cette situation morale appelait l'attention et les sympathies des protestants de la métropole. Leur devoir se trouvait clairement indiqué : venir en aide, et aussi largement que possible, à leurs coreligionnaires d'Algérie. Les présidents des deux Consistoires de Paris provoquèrent la création d'une Société, dont le but principal devait être de recueillir, dans les Églises de France, des souscriptions destinées à fournir le traitement de quelques auxiliaires, pasteurs