ÉCOLE SAMUEL-VINCENT
Au Ier janvier 188.), d'après les documents officiels, 60 des Eglises réformées de France manquaient de pasteurs. Cette disette spirituelle avait pour cause principale la longue et coûteuse préparation indispensable au saint ministère, l'obtention du baccalauréat dans une Faculté des lettres étant exigée par la loi, et avec raison, avant l'admission aux trois années d'études dans une Faculté de théologie. Les jeunes gens portés vers le pastorat appartiennent en assez grand nombre à des familles peu fortunées, d'où souvent pour eux d'insurmontables difficultés : il en est surtout ainsi dans le Midi. Sur les instances répétées des corps ecclésiastiques, la Délégation libérale des Eglises réformées résolut de satisfaire, dans la limite du possible, à d'urgents besoins et de créer à Nimes, dans un milieu très protestant, un établissement répondant à ce qu'est, dans une autre sphère d'activité, celui des Batignolles. Il s'ouvrait le 1er octobre 1885, dans un vaste local généreusement mis à sa disposition par le Conseil presbyléral. Le nom de Samuel-Vincent rappelle l'éminent pasteur et théologien nimois dont la piété chrétienne autant qu'éclairée a exercé une si profonde influence sur le développement de ce protestantisme qu'il déclarait être « la religion des temps modernes », ayant « pour fond l'Evangile et pour forme le libre examen ».
L'Ecole n'est destinée qu'à des jeunes gens désirant se consacrer à l'Eglise nationale. Préparés d'ordinaire, plusieurs mois à l'avance, parles soins dévoués des pasteurs qui ont constaté leur vocation, ils ne sont reçus qu'à la condition d'être capables d'entrer au moins dans la classe de quatrième au lycée de