‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographique (volume 2)Chapitre 35 sur 162 · SCÈNE V GRANGER le jeune, GRANGER, CORBINELI, PAQUIER · texte numérisé non relu

SCÈNE V GRANGER le jeune, GRANGER, CORBINELI, PAQUIER

CORBINELI

Le voicy comme si Dieu nous le devoit. Permettez que je luy parle un peu particulièrement, car vostre mine effarouchante ne l'apprivoiseroit pas4.

GRANGER Fais à ta fantaisie.

CORBINELI

Je vous allois chercher. Vous ne sçavez pas ? On vient de condamner vostre raison à la mort. En voulez-vous appeller ? J'ay moy-mesme receu les ordres et les instrumens de vous enyvrer ; mais si j'en suis crû, vous blesserez vostre ennemi de sa propre espée. Il prétend, le bon Idiot' faire ce soirh les nopces de vostre Sœur avec Monsieur de La Tremblaye, et le contract des siennes avec mademoiselle Genevote : Craignant donc que vostre présence n'apportast beaucoup d'obstacles à la perfection de ses desseins, il m'a donné charge de vous saouler à la Taverne c; et je trouve, moy, que c'est un acheminement, le meilleur du monde, pour l'exécution de ce que je vous ay tantost mandé par Paquier* [que vous ay envoyé].

granger le jeune Quoy ! pour contrefaire le mort ?

CORBINELI

Oiïy ; car je lui persuaderay que dans l'escume du vin vous aurez

pris querelle, et que [Il luy parle bas à l'oreille.] Mais viste, allez

promptement estudier vos Postures ; nous amuserons cependant, Paquier et moy, vostre Père, pour donner du temps à vostre feinte yvrognerie... Venez icy mesme représenter vostre personnage, et nous luy ferons accroire qu'en suite vostre querelle... [etc.]

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