LXVIII L.V VIE DE CYRANO DE BERGERAC
soubz l'authorité dudit Savinian de Cyrano, son frère et curateur, deffendeurs, partyes ouyes.
Nous condamnons lesdits deffendeurs à oyr le compte que lesdits demandeurs entendent leur rendre de ladite exécution testamentaire et ce par devant le commissaire Le Musnier, commissaire de la cour de céans et examinateur de la Cour de Céans, qu'à ce faire commectons, sauf à ordonner du reliquat. En tesmoing de ce, nous avons fait mectre à ces présentes le scel de la dite prévosté de Paris, ce fut fait et donné par Noble homme ^P Augustin le Roux, conseiller du Roy au Chastelet, tenant le siège le mardy vingt sixiesme janvier M.VP quarante-neuf.
Le 29 janvier, M^SL Scopart et Desbois sollicitent, devant la même juridiction, Lautorisation d'obliger Savinien et Abel à entendre Taudition desdits comptes. Duement autorisés, ils lancent le 30 janvier l'assignation pour le V^ février.
Le 1" février, au moment où les comptes vont être lus, M* Pierre François, procureur de Savinien et d'Abel, réclame en leur nom la communication préalable, pendant une huitaine, de l'inventaire, du testament de leur père, du procès-verbal de la vente des meubles et de la grosse des comptes; satisfaction lui est immédiatement donnée.
Le 12, jNP Pierre François rapporte les pièces prêtées et, en présence de MM. Scopart et Desbois, assistés de leur procureur, M* de Beaufort, prend connaissance des comptes de la succession. Cet examen continue le 15 février.
Nous relevons dans ces comptes les détails suivants, relatifs à l'existence des deux frères :
La modeste chambre louée par Cyrano lui avait coûté, pour onze mois (mars 1648 à février 1649), cinquante-huit livres, soit cinq livres environ par mois ; ses autres dépenses, pendant la même période, révèlent une grande économie, nourriture : deux cent seize livres ; chemises, cannessons, chaussures, bas de toile : quinze livres; blanchissage de linge, racoutrage d'habits : quinze livres; bottes neuves et racoutrage de chaussures : seize livres trois sols quatre deniers, etc. Enfin, deux cents livres avaient été versées à Piferre Bignon, marchand bourgeois de Paris, pour lui permellro de remplir la caution, avecconlrainte })ar corps, donnée par lui à Elie Pigou, le maître barbier chirurgien, notre vieille connaissance, sous la condition que ce dernier accorderait, moyennant cette somme, quittance de l'obligation de quatre cents livres, souscrite le l*"" avril 1645,