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sages, et particulièrement au sixiesme chapitre d'Esdre; car Esdre vescut pour le plus du temps durant Artaxerxe, comme on peut lire à ce liurelà ; mais tout certainement la chose va ainsi. Cyrus embrasse la seigneurie des Perses de la façon que tout le monde sçait, tant par l'histoire profane que par la saincte , en laquelle il est appelé Toinct du Seigneur. 11 iouissoit seul d'Assyrie, Mede et Perse, iusques à la mer Ionique, comme dict Thucydide; il commença à régner à quarante ans, et mourut trente ans après. Esaye, quelques centaines d'années deuant, auoit prophetizé qu'il rebastiroit le Temple. Cambyse luy succéda. A cestuy-cy Daire par sort, ou plustot par l'ingénieuse façon dont il feit hennir son cheual, et fust deffaict par Miltiade à Marathon. Xerxe, dix ans après la iournée de Marathon, perdit son armée à Salamine, Tan delà fondation de Rome 266, du temps mesmes que Coriolan mena les Volsques contre les Romains ses citoyens. Aussi Plutarque le compare à Themistocle , qui vescut en mesme temps. Artaxerxe suyuit son père Xerxe, qui fut surnommé Longue main, duquel il faut entendre ce que dit Plutarque sur la Gn de la vie de Themistocle, qu'il se retira vers le grand Roy des Perses. Il fut grand père d'Artaxerxe Mnemon , la vie duquel a esté escripte par le grand personnage que i'ai tantost nommé. Au reste, homme débonnaire, paisible, et recommandé par toute l'histoire pour sa très-grande douceur, et par Esdre pour l'auàncement qu'il donna de tous moyens, conseil, commandement et finances au bas- ^timent du Temple, comme on peut cognoistre par le
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troisiesme de ce prophète, où il y a vne copie de lettres-patentes du grand Roy Artaxerxe à Esdre, prestre et docteur de la loy du Seigneur. Sebastien Munster, escriuain moderne , veut faire place après Xerxe à vn Artaban y sans raison et propos du monde. Plutarque fait mention en son Themistocle de vn Artaban , capitaine de mille hommes de pied , qui esloit du temps d'Artaxerxe. Et de cfttuy-Ià mesmes lustin escript bien quelque chose ; mais Munster a resue en couronnant ce capitaine contre Tauctorité d'Hérodote, Metasthene, Perse, losephiuif, lustin, lan Zonare et lan Sleidan , lesquels tous ne parlent nullement d' Artaban comme d'vn Roy.
Metasthene dit bien qu'Artaxerxe Assuere eut trois enfanSy Gyrus, Artabane et Daire, qui débattirent longuement de l'empire à force d'armes; mais ce n'est rien qui puisse sauner ce bon Aleman , car vn Garion attribue notre histoire à Daire, grand père d'Artaxerxe, abusé de ce que Philon rappelle Daire Longue-main , et songe qu'Esther est prise pour cette Aristhone que Daire aima in6niment, outre la Royne Atosse, sa femme. Et faut cet asseurer en mille sortes, et au temps, et au nom, et à la chose; car, pour taire le demeurant, TEscriture sainte et loseph enseignent notamment qu'Esther fut femme espouse du roy des Perses après Yasthe. Il est mal aisé de se forpalser en cela. Mais quant aux noms et à la suite de ces rois , il est assez aisé de s'y mesconter, car on y trouue quelque doute mesmes aux liures de Neemie et Esdre, et y a vne toute cognuc diuersité
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en ce qa'escriuent Metasthene et Sleidan , mais bien plus encores des rois Chaldœns et Assyriens, en quoy ils s'accordent fort peu et discordent bien en quelque point de l'histoire sainte , ce qu'il n'est nul besoin de cotter icy. Somme, l'histoire d'Ësther escheoit au temps d'Artaxerxe , cinquième empereur des Perses et l'an de la fondation de Rome 266, au commencement de la 73e%lympiade , l'an de la création du monde enuiron 3480, et 454 auant la natiuité de lésus-Christ; tout cela se porte ainsi. Quant à la ville de Suse dont il est tant parlé en tout ce discours , c'est la mère ville des Perses , en laquelle Cyrus establit le siège de son empire. Munster dit qu'elle est aujourd'huy appelée Baldacha -, les autres prennent Baldacha pour Babylon. Vn Estienne, qui a escript des villes en langage grœc, dit que Suse est ainsi nommée pour l'abondance des lis, d'autant que les Perses appellent les lis de ce nom. Voilà ce que i'ay a dire pour l'histoire que i'ai tout tiré de bons, Gdeles et anciens aucteurs. I'ay cuidé passer soubs silence la misérable ignorance de ceux qui don^ nent ce discours à Ârtaxerxe Mnemon , arriere-fiis du nostre, dont i'ay bien parlé là haut , et encores le dis-ie à regret pour sentir en le comptant , la honte de celuy qui l'a pensé. C'est abuser des lettres et des Muses et de la patience des hommes quand on trebusche si laidement et si deshonnestement. Pour le reste, ie me suis rangé le plus reseruement et es« troitement que i'ay peu en escriuantceste tragédie à l'art et au modelle des anciens Grœcs , et n'ay esté ny trop superstitieux , ni trop licentieux , ni en la rime
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ni es autres parties de la poôsie. Cela peux-ie bien asseurer, et quelques vns de mes familiers me sont fidèles tesmoins que deuant que me contenter de moy-mesmes en ce genre d'escrire, i'ai fait des tragédies en toutes les langues qu'on en list auiourd'huy. Quant à mon intention, ce n'a pas esté pour en rapporter louange (que ie ne cbercheroy pas en si petit que quand i'en serois désireux comme ie ne le suis nullement) ni autre quelconque mentionnable. Car i'auoy presque fait deuant qu'auoir pensé pourquoy ie faisoy. ËnGn ie me suis résolu que Tayant escripte en ma grande ieunesse en vn style si rare à nos François, et argument si sainct, ellepourroitestre leûe auec plaisir et contentement de ceux qui aiment les sainctes lettres, et ne sont ennemis des Muses que Marc Ciceron appelle gratieuses. Et est encores cestecy la première besoigne à qui i'ay fait humer Tair et prendre le vent de beaucoup de choses que i'ai escriptes sur la langue grœcque et les sainctes lettres, quei*ay laissé denteler aux rats philosophes, craignant deux sortes d'hommes. La première est de ces superstitieux et renfroignes qui veulent bannir du monde la plus gentile et polie part de la Doctrine , voire delà vie humaine, et qui cuident tout le zèle chrestien consister en mines , morgues, rechignement et incivilité, vsure d'accoustrements mal-propres, enfoncement d'yeux, en faces plombées et saturniennes, et pour ce qui touche ce propos, en vn stile ni docte, ni gaillard, ni eueillé, m^is qui sente son vieux trépassé et sa charoigne de trois sepmaines. L'autre est de ces malins refroignés et esuentés cen-