‹ Les œuvres poétiquesChapitre 22 sur 47 · LE CHANT DE LA TROVPE · texte numérisé non relu

LE CHANT DE LA TROVPE

durs regrets , ô prières , ô pleurs !

Larmes en vain tant de fois espandues, chauds souspirs, ô cuisantes douleurs, Forces d'en haut pour néant atendues, Les pires donc sont maistres des meilleurs!

Vn temps estoit que la puissante main De Dieu rengeoit toute force payenne ; Que contre nous on se dressoit en vain; Comme iadis la race Isalenne Brisa l'orgueil du Philistin hautain.

Les vierges, lors de la saincte Cité»

Chantoient tout haut aux cantons de la ville : Deux hommes seuls beaucoup en ont dompté ; Mille Saûl et David bien dix mille ^ Que David soit sur tous autres vanté !

Lors assuré dormoit le peuple sainct Des Chaldœns et des Amalecites; Alors ni Tyr, ni Sidon estoit craint, Ni les assauts des larrons Moabites; Mais ce pouuoir nous est du tout estaint.

Que si ce Dieu , ce grand Dieu daignoit or Tourner sur nous ses deux yeux pitoyables , S'il redonnoit aux siens ce siècle d'or Qui nous faisoit iadis insurmontables, Cent mille vœux luy rendrions encor*.

Aa ne réponse , ô Seigneur Dieu , nos vœux , Car nous savons que les iustes prières Forcent Tacier, et le fer et les feux , Et des tyrans les armées entières, Et les prisons, et les mers , si tu veux.

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