‹ Les œuvres poétiquesChapitre 29 sur 47 · PREMIER LIVRE D'ANDRE DE RIVAVDEAY · texte numérisé non relu

PREMIER LIVRE D'ANDRE DE RIVAVDEAY

Ores i'ay tout perdu : ton manteau me demeure, Tu n'es pas libre encor', ie te hay bien autant. Malheureux 9 que ie t'ay aimé par ci devant.

Au treitre, mes amis , secoures ma faiblesse, loseph me veut forcer, il m'importune et presse; Au meschant, hastés-vous : maintenant tu es pris. Tu n'auras pas l'honneur tout ensemble et le prix, l'ay perdu, tu perdras, la mort cruelle et dure Seule pourra finir ta maudite auenture.

Apelle, si tu veux à ton aide ton Dieu, Tu sçauras s'il te peut soulager en ce lieu : Ta vie maugré luy sera tantost destruite, Et tu verras que peut vne amante esconduite.

Qui d'amour prend sa haine, et ie n'auray pourtant Mon cœur tout résolu, tout aise, ni content.

La haine est satisfaite, et l'amour non fournie, Auec toy ie voudroy paracheuer ma vie :

Il m'est desplaisant viure, et voir celuy mourir, Lequel seul nous pouuoit deux ensemble guérir. Tu mourras donc loseph ! ta fortune est heureuse , ie luy porte enuie, et ma vie ennuyeuse Auec ta douce mort ie voudroy bien changer.

Pendant en mon malheur, i'ay l'heur de me venger.

COMPLAINCTE QVATRIE$ME

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