SVR LES SAINCTES OEVVRES
D'ANDRE DE RIVAVDEW
JR, ay-ie assez vescu, ores suis-ie contant, Muses, voyant cela que ie desiroy tant :
le voy la Poésie autresfois transportée En vn lieu très-indigne, en ce temps rapportée En sa vraye demeure, ores ie iouy de vous Comme chastes, ô seurs, mon passe-temps très-doux t Ceux qui chantoient par vous les Amours et les fables Ne vous estimoient pas pucelles véritables.
Les Grœcz, premiers menteurs, vous auoient là conduit, Les Romains et Gaulois ont votre loz destruit , Et vous ont fait seruir aux sales paillardises, outrage! qu'ils ont escriptes ou commises !
ALBERT BABINOT, AVX HVSES.
Quelques vns en ce siècle ont eu pitié de vous, Et vous ont reuenché du tort de ces vieux fouz. Sur tous vn RTVAVDEAV, en sa basse ieunesse, Lumière de vostre art, vous a serui d'adroisse, Et vous faisant quitter ces très-infàmes lieux, D'vne très-docte main vous lance jusqu'aux Cieux Dont vous printes naissance, et pour vous seruir quitte Le service des roys, que son scavoir mérite, Et de la république, ores vous lui deuez.
Muses, pardessus tous Thonneur que vous auez! Et à moi vous deuez que depuis cinq années l'arrache le labeur de bien peu de iournees De ses poings resserrés pour vous gratiGer En vn bien que Tautheur vous a voulu nier.