‹ Les œuvres poétiques d'André de RivaudeauChapitre 13 sur 35 · LE CHANT DE LA TROVPE DES FILLES D'ESTHER · texte numérisé non relu

LE CHANT DE LA TROVPE DES FILLES D'ESTHER

Or, est-il temps d'oublier, mes compagnes.

Les biens du temps heureux.

Or, est-il temps de remplir les campagnes De regrets douloureus , Ma vie cesse , La mort me presse , L'heure est voisine De ma ruïne , Nous sommes près du destin mal-heureux.

Il faut quitter ces afiquets de teste ,

Ces chesnes et carquans , Ores il faut que chacune deueste Ces riches vestemens , La gentillesse Et la tristesse Mal s'accompagnent , Et se dédaignent :

Les tristes pleurs fuyent les ornemens.

Ayans perdu la tres-douce espérance

De maris vertueux , Il faut quiter le plaisir de la dance, Les festins et les ieus.

La mignardise Est mal requise , Ou telle angoisse S'est fait maistresse Qu'elle enveloppe et le cœur et les yeux.

Las! faudra-t-il par l'ennemie rage

Voir nos frères mourir, Et à nous mesmes au plus vert de nostre aage La dure mort souffrir !

mort cruelle Triste bourrelle De nostre vie ! faulse enuie Qui fais les bons et innocens périr.

Seigneur, tu vois la barbare iniustice Qui oppresse les tiens ,

TRAGEDIE SAINGTE. 75

Et abolit quand et eux ton seruice Si tu ne les maintiens ;

Ouure Toreille

Et nous reueille.

Seigneur, encore

Vne Débore Pour destourner les maux Agagiens.

Fay ceste grâce à la saincte emperiere

Qu'elle puisse renger Ce fier Grégeois , qui dVne main meurdriere Veut ton peuple outrager; Ores desserre Ton grand tonnerre , Brise la teste De ceste beste , Car tu es seul qui nous saches venger.

VNE AVTRE DE LA TROVPE.

Seigneur, fay branler Soudain parmi Tair L'Ange glorieux Qui deffeit Tarmee Jadis animée Contre nos ayeux.

Nous sçauons , Seigneur, Que soubs ta faueur Les plus impuissans Forcent la puissance Et la violence Des plus forts tyrans.

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