DE LA FAMILLE RIYAUDEAU
ni. Pierre, éc, sieur de la Groizardière, décédé sans postérité , vers 1620.
Les registres de Tétat civil des cantons de Beauvoir-sur-Mer et Challans (Vendée) sont remplis du nom de Rivaudeau pendant le xvii* siècle. Cette famille parait avoir tenu un rang considérable dans la contrée jusque vers 1730, époque où elle disparaît complètement.
Les principaux lieux possédés ou habités par la famille Rivaudeau, dans les environs de Beauvoir, Challans, la Gamache, sont les suivants :
La Guillotière, simple ferme , dans la commune de Notre-Dame-de-Monts. Ce premier fief de la famille est en plein marais, et n'a jamais dû être habitable qne pour des fermiers.
Ldi Floceliere , commune de la Gamache, n'oflfre aujourd'hui qu'un hameau. Plusieurs actes , où figurent des membres de la famille Rivaudeau , attribuent à ce lieu le titre de châtellenie ; mais il ne semble pas que la Flocelière ait jamais été habitée par cette famille : le château avait sans doute cessé d'exister dès cette époque. Il ne faiit pas confondre ce fief avec la seigneurie , bien plus importante , qui a laissé le même nom à une commune du canton de Pouzauges.
La Groizardière, commune de Châteauneuf , fut habitée par le poëte, de 1562 à 1570; il a daté de là son épître à M. de la Noue , le 1" mai 1565 , celle à Françoise de Rohan le jour suivant, et la lettre à Honorât Prévôt, le 20 janvier 1567. Il ne prit jamais
Si GÉNÉALOGIE
le titre de seigneur de la Groizardière , parce que cette terre appartenait à son père, et qu'elle fut, après la mort de celui-ci , dévolue à Baptiste , le plus jeune des cohéritiers. La Groizardière est situé sur le versant nord du coteau qui regarde le marais et les vastes herbages de Tlle-Chauvet, Bouin, Machecoul, Bois-de-Cené (le marais de Bois-de-Cené avait anciennement le titre de châtellenie du Coustumier, et dépendait de la seigneurie de Retz). La vue de la Groizardière s*étend, au delà de Timmense prairie, sur la baie de Bourgneuf sans cess^ sillonnée par des flottilles de bateaux pêcheurs et encadrée par les collines de Noirmoutier et de Pomic. Les coteaux de Retz , qui font suite à ces dernières , laissent apercevoir l'église de Saint-Cyr, dans le rayon de laquelle naquit, en 1531, le célèbre François de la Noue, surnoiûmé Bras-de-Fer, le contemporain par conséquent de Rivaudeau, qui fut lié avec des membres de cette famille. Le manoir de la Groizardière est aujourd'hui démoli, et ne laisse voir que les fondations. Ce n'était pas im château important, mais seulement ce que les titres du pays nomment habituellement un hôtel noble. Les pierres de taille qui encadraient les ouvertures et dessinaient les angles étaient extraites des belles carrières de Saint-Savinien et de Crazanne, aux bords de la Charente, et indiquaient que la construction avait été faite avec un certain luxe. Ces mêmes pierres figurent aujourd'hui dans la reconstruction qui a été faite de la ferme et des étables. La Groizardière était accompagnée autrefois de plusieurs métairies; elle n'est aujourd'hui qu'une simple ferme , avec un bois taillis d'une certaine étendue , qui jadis fut sans doute ime futaie ombrageant les méditations du poète. Elle fut saisie sur la succession de Pierre de Rivaudeau,
DE LA FAMILLE RIVAUDEAU. Ss
vers 1620, par des cohéritiers mêmes, et vendue à leur requête. Une famille de la Forêt la possédait pendant le XVIII® siècle et en prenait le nom.
La Jolonnière était le plus important des domaines possédés par les descendants de Robert Ribaudeau. Elle occupait le versant opposé du coteau, au pied duquel est la Groizardière. Le château, entouré de cinq fermes, s'élevait, non loin de la route de Challans à Beauvoir, au bord de l'herbage de Sallertaine ; et la vue , plongeant sur cette fertile contrée , n'avait d'autres limites que les dunes aux reflets dorés qui tracent le rivage des anciennes îles de Rié et de Monts, aujourd'hui réunies au continent. Le manoir a été démoli par le temps encore plus que par les hommes ; quelques murs du rez-de-chaussée ont seuls été conservés, et contribuent à former l'habitation du fermier; ils indiquent une construction du xvi® siècle. .A l'un des angles se voyait encore , il y a trois ans , une tourelle à pans coupés , construite en simples briques posées de champ. Ce fragile donjon a survécu plus d'un demi-siècle à la féodahté. La Jolonnière a passé à la famille de la Rochefoucauld-Bayers , par suite du mariage d'un membre de cette famille avec Françoise de Rivaudeau, vers 1720 ^ La Jolonnière est ainsi restée à la famille Rivaudeau im siècle de plus que la Groizardière.
Les Loges, commune de Châteauneuf , étaient habitées en 1650 par Louis de Rivaudeau, s' de la Guillotière, petit-fils du poëte et époux de Renée de Croc. Ce manoir, encore debout, est sans style; quelques
1 Dictionnaire des familles du Poitou, par M. Beauchet-Filleau, art. L'Espinay.
cheminées indiquent le xw siècle. Deux tourelles flanquaient les angles avancés du jardin : elles ont été rasées. Les Loges étaient possédées au siècle dernier par la famille Lingier, puis par la famille Bougrenet de la Tocnaye.
La Gilktiêre, commune de Saint-Gervais, était habitée en 1632 par Louis de Rivaudeau , au moment où il se maria avec Marguerite Chabotte ; par Benjamin de Louvain , son beau-père (mari de sa mère), et par Nicolas Mourain et Jeanne de Rivaudeau , son épouse. Le petit-fils de ces derniers, Benjamin Mourain avec Jeanne de Rivaudeau , sa femme , y résidait également vers 1670. Elle a passé, pendant le xvin« siècle, à la famille de la Forêt, et de celle-ci, éteinte pendant la Révolution, à la famille de Régnier, continuation de Louis Régnier, seigneur de la Planche , auteur de VEstat de la France sous le règne de François II. L'ancien manoir de la Gilletière a été remplacé en 1777.
Le Puy-Yerger est une maison du bourg de Saint- Gervais, qui fut habitée, vers 1650, par divers membres de la famille Rivaudeau et par Benjamin de Louvain, s' de la Flocelière.
Le Catalogue des Nobles de la généralité de Poitiers, arrêté par M. Barentin, intendant, en 1667, contient les lignes suivantes :
« Chdteauneuf : André Rivaudeau, s' des Rallières.
« Sallertaine : Louis Rivaudeau, s' de la Jollonière.
« Saint-Jean-de-Monts : Louis Rivaudeau , s^ de la Guillotière, »
Ce dernier habitait les Loges , à Châteauneuf ; mais on Tavait appointé à son domicile seigneurial.