Chapitre X. — De la formation de la langue française
Dans les chapitres précédents, — chapitres qu*il nous a fallu singulièrement tronquer, mais qui seront complétés ultérieurement, — on a vu que tout reposait sur une théorie,
d'aprèB laquelle il n*est pas de langue, parmi les langues postérieures aux trois ou quatre langues babéliennes, qui n'ait été le résultat d'une fusion de patois ou de langues tombées à rétat de patois. Nous essaierons de prouver ici Texaclitude de cette théorie, en l'appliquant de toutes pièces à la formation de la langue française (^).
La langue française a dû sa formation : 4» aux patois celtiques; 2<>aux patois germaniques; 3» aux patois osque, ombrien, sabin; 4<> au latin vulgaire ou des soldats romains (peut-être n'était-ce que les patois sabin, osque et ombrien); 5<> au latin de la décadence; 6<» au latin classique de Cicéron et de Virgile.
Patois celtiques. — L'influence de ces patois sur la langue française fut à la fois grammaticale et lexique. Le français a adopté du celtique l'article pré-nominal, mais en recourant, toutefois, au latin Uk, iste (S) pour composer cet article. (Il est des langues, comme on sait, qui par leur dictionnaire se rattachent à une langue et par leur grammaire à une autre langue). — Dans les noms de nombre français et celtiques, on remarque cette coïncidence : six vingts (anc. fr., pour 420); en celtique : c'houec'hr^gent (six vingts), — Mais, chose plus
(1) Toutefois, nous abrégerons encore, faute d'espace. — V. les ouvrages de MM. Villemain, Littré, Maory, Paulin Paris, Désiré Nisard, Saint-Harc-Girardin, Raynouard, Fallot, Burguy, Diez, Schoell, Fuchs, Pierquin de Gembloux, F. Michel, L. de Baecker, F. Godefroy, etc.
(3) ïl-l-€, mot à mot là-de-le, c'est-à-dire celui de là. Is-t-e, mot à mot cide-le, c'est-à-dire celui de ci. — Nos langues modernes sont plus minutieusement analytiques encore.