‹ Les œuvres sociales des industries métallurgiquesChapitre 26 sur 44 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Oui^riers ou e

De 6 000 à 9 000 fnancs

De 9 000 à 15 000 francs ....

Owriers oi De 9 000 à 15 000 francs ....

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Les 2/3 des versements sont faits au profit du mari, 1 /3 au profit de la femme.

Sur les sommes ainsi obtenues, on prélève une part, celle qui correspond aux prescriptions de la loi de 1910 pour les retraites légales. Le reste est versé à la Caisse nationale de Retraites.

Aux rentes produites par ces versements, la maison ajoute une majoration d'ancienneté pour tous les ouvriers et employés présents dans l'établissement à soixante ans et comptant au moins 10 ans de service. Le taux de cette majoration est fixé comme il suit :

f jusqu'à 6 000 fr 12 fr. 1

Salaires V de 6 000 à 9 000 fr , . . 15 fr. / par année

et } de 9 000 à 12 000 fr 18fr. > de

appointements, i de 12 000 à 15 000 fr 21 fr. \ service.

f de 15 000 et au-dessus 25 fr. )

Enfin un minimum de 720 francs de retraites est garanti à tous les ouvriers comptant au moins 20 années de service.

Avec ce système, les ouvriers et employés qui auront commencé leurs versements à vingt ans, et dont le salaire aura varié de 3 600 francs à 6 400 francs, par an, pourront toucher, avec le taux actuel de capitalisation, à soixante ans une retraite allant de 2 125 francs à 3 160 francs. S'ils ont commencé leurs versements à trente ans, leur rente variera de 1 285 francs à 2 030 francs. S'ils les ont commencés à quarante ans, elle variera de 960 francs à 1 126 francs.

Signalons encore une innovation : l'institution de la retraite invalidité prématurée. Dans le cas d'infirmités survenues avant l'âge normal de la retraite, on peut liquider la retraite par anticipation. Dans ce cas, il est accordé une majoration d'ancienneté calculée suivant le nombre des années de service. Si le tout n'arrive pas à produire une rente de 720 francs, ce minimum est assuré à l'invalide par la maison.

Enfin un régime transitoire est prévu de façon à améliorer

R. Pinot. — • Œuvres Sociales, 14

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les retraites des ouvriers et employés pendant la période où le régime nouveau ne pourra pas recevoir encore son plein effet ainsi que les pensions des agents qui sont déjà retraités conformément aux régimes anciens.

Ce régime date du 1^^ mars 1920. Il a obtenu aussitôt un plein succès. Bien que les versements ne soient pas obligatoires, 88 p. 100 du personnel s'est, dès le début, conformé au règlement.

Signalons, en terminant, une institution déjà ancienne : la Maison de Retraite. Elle a été ouverte en 1887. On y reçoit les anciens ouvriers des Établissements, leurs femmes ou leurs veuves. Ce n'est pas un hospice d'incurables. On n'y prend que des vieillards encore valides. Bien entendu, on les garde s'ils deviennent infirmes. Cet asile est destiné surtout à adoucir un peu la solitude des vieillards. Pourtant on y voit quelques ménages. De 1887 à 1912, la Maison de Retraite avait abrité 397 vieillards, dont 214 hommes et 183 femmes.

Logements et jardins ouvriers. — Avec l'assurance maladie, les retraites, l'organisation des soins médicaux, nous sommes loin d'avoir terminé l'énumération des œuvres sociales des établissements métallurgiques. Mais nous n'avons ni la possibilité, ni l'intention d'être complet et nous nous bornerons maintenant à quelques indications sommaires.

La question des habitations ouvrières mériterait un volume spécial. La plupart des établissements ont construit ou ont acquis des logements à l'usage de leur personnel. Il en est qui logent presque tout leur personnel. Ils perçoivent un loyer très modique : 5, 10, 15 francs par mois le plus souvent, du moins avant la guerre. La construction se fait soit directement, soit par l'intermédiaire d'une Société d'habitations à bon marché.

Dans les grands centres, on a construit quelques grands

bâtiments abritant de nombreux logements. Mais toutes les fois qu'il leur a été possible de le faire, les usines ont préféré, avec raison, l'habitation pour une seule famille, avec un jardinet. Nombreuses sont les petites maisons qui s'éparpillent autour des usines, dans les centres industriels qui ne sont pas trop importants ou même dans les faubourgs des grandes villes.

Combien de logements ont été construits par les soins des métallurgistes? Il nous est impossible de le dire même approximativement. Il y en a en tous cas un nombre respectable de milliers. En 1907, M. Emile Cheysson estimait que les dépenses faites en constructions à bon marché par les métallurgistes s'élevaient à 300 millions. Ce chiffre a été depuis très largement dépassé, aujourd'hui il est de plus d'un milliard, car à la fin et au lendemain de la guerre, les industriels ont construit plus que jamais, non seulement par esprit de philanthropie, mais par nécessité, parce qu'ils avaient besoin d'un surcroît de personnel.

Citons les Chantiers navals français, qui ont construit une cité-jardin à proximité des chantiers de Blainville. | Ils ont constitué une Société d'habitations à bon marché f et une Société de crédit immobilier. La cité comprenait à la | fin de 1923, 160 logements et un hôtel pour 75 ouvriers | célibataires. Chaque logement dispose de 500 mètres carrés | de terrain à usage de jardin. Une usine élévatoire alimente I d'eau la Cité. Il y a été installé une boucherie et une suceur- l sale de la coopérative de l'établissement. Une école et une | salle de cinéma ont été créées dans la commune de Blain- î ville où se trouve la cité ouvrière. g

La Société des Hauts Fourneaux et Forges de Denain î et d'Anzin loue à son personnel, à un prix très modique (6 à

15 francs par mois) un grand nombre de maisons qu'elle a l bâties ou achetées. En 1920, ces maisons étaient au nombre f de 518. La construction ou l'achat avait coûté à la Société |

plus de 3 millions. Chaque maison, comprenant de 3 à 5 pièces, n'est habitée que par une famille, et un petit jardin y est attenant. Un certain nombre de ces maisons sont groupées en cités-jardins.

La Société de Commentry, Fourchambault et Decazeville possède à Decazeville et Campagnac 93 logements pour chefs de service, contremaîtres ou employés, concédés gratuitement en grande partie, et 330 logements d'ouvriers loués à raison de 4 francs par chambre et par mois. Il y a environ 500 jardins de 300 mètres carrés en moyenne, dont plus de la moitié sont contigus à l'habitation ou situés à proximité, les autres sont disséminés dans la région. A Imphy la même Société dispose de 410 logements dont 120 sont concédés gratuitement. Ces logements, groupés par cités, comportent un jardin dont la superficie varie de 150 à 400 mètres carrés. En outre, 13 hectares de terrains de culture et de prairies artificielles sont mis à la disposition du personnel.

Les Usines Peugeot ont fait construire 1 500 logements. Les Établissements de Wendel ont fait construire ou acheté 1 100 logements dont chacun a un jardin de 2 ares. Les Aciéries du Nord et de l'Est ont 400 logements ouvriers. Les Usines de Rosières, qui n'emploient que 500 ouvriers, possèdent 300 logements. Les Établissements Chappée, à Port Brillet et Antoigné, près du Mans, logeaient en 1921, 318 familles dans 296 maisons.

Mentionnons encore les maisons ouvrières de la Compagnie d'Alais, Froges et Camargue, des Établissements Arbel, de la Société d'Aubrives-Villerupt, des Usines Métallurgiques de la Basse-Loire, des Boulonneries de Bogny-Braux, des Établissements Bouchayer et Viallet, de la Compagnie française de Constructions mécaniques, de la Société électrométallurgique de Dives, de la Société Leflaive et C^^, des établissements Grammont, des Forges de Gueugnon, de la Compagnie générale de Construction et d'entretien

de matériel de Chemin de Fer et de la Compagnie française de Matériel de Chemin de Fer, de la Compagnie des Minerais de fer magnétiques Mokta-el-Hadid^ de la Société métallurgique de Montbard-Aulnoye, de la Société des Forges et Aciéries de Nord et Lorraine, Société des Hauts Fourneaux Forges et Aciéries de Pompey, des Ateliers et Chantiers de Provence, de Saint-Nazaire, de la Société Thomson-Houston, des Établissements Viellard-Migeon; les logements et jardins ouvriers des Établissements Augustin Normand, de la Société Babcock et Wilcox, de la Société de Construction des Batignolles, des Établissements Decauville, des Aciéries de France, des Mines de Jarny, de la Société métallurgique de Knutange, des Établissements Lefort et C^^, de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt, des Forges et Chantiers de la Méditerranée, des Hauts Fourneaux de Rouen, des Chantiers de la Loire, des Établissements J.-J. Carnaud et Forges de Basse- Indre, de la Société alsacienne de Constructions mécaniques, des Forges et Aciéries de Saint- Étienne, etc.

Ces logements sont généralement donnés en location. Mais quelques industriels en facilitent aussi l'acquisition à leurs ouvriers. Il est même certains établissements, comme les Hauts Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson, qui accordent à leurs ouvriers des prêts pour qu'ils puissent construire leur maison à leur guise. Par ailleurs, cette même Société avait fait construire jusqu'en 1911 à Auboué et à Foug, 350 maisons comportant 504 logements. Le capital engagé dépassait 2 millions et demi de francs. Aces maisons un jardin est attenant. En outre, la Société louait en 1922, pour la culture, 163 parcelles de 5 ares en moyenne, au prix de 2 francs l'are, et 38 parcelles de 3 à 4 ares, à raison de 4 francs l'are.

Dès 1845, les Établissements Schneider au Creusot ont encouragé leur personnel à acheter des terrains et à construire des maisons. Ils cèdent aux ouvriers des terrains à bas prix

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et ils leur consentent des avances pour la construction de leur maison. En principe, ils ne font ces avances que si l'ouvrier possède déjà la moitié de la somme nécessaire à la construction projetée. Les ouvriers du Creusot sont ainsi devenus propriétaires de nombreuses maisons qu'ils ont fait construire suivant leurs goûts. De 1845 à 1912 le total des avances s'est élevée à près de 5 millions de francs.

Les Établissements Schneider ont eux-mêmes fait construire de nombreuses habitations. Depuis longtemps ils ont cherché à donner à chaque famille sa maison et son petit jardin. Dès 1860 on a commencé à bâtir des pavillons isolés à l'usage d'une seule famille, ou comprenant 2, 3 ou 4 logements au plus, contigus, mais indépendants. Chaque logement contient 2, 3, ou 4 pièces. Un jardin est attenant à la plupart d'entre eux.

Un certain nombre de ces pavillons sont alignés de chaque côté de longues rues et forment ainsi des cités.

Enfin on a édifié quelques grands immeubles avec chambres pour célibataires.

Les loyers sont toujours très bas. Avant la guerre, ils variaient de 1 fr. 25 à 10 francs par mois. Comme ces logements sont très recherchés, ils sont attribués dans un ordre fixe et connu de tous. Pour le classement des demandes, on tient compte du temps de service passé à l'usine, des charges de famille, des infirmités. Le tableau de classement est affiché et chacun peut le vérifier. De la sorte on évite tout arbitraire.

Avant la guerre, les Établissements Schneider avaient construit près de 2 500 logements, dont près de 2 000 avec jardin. Depuis la guerre, plus de 600 ont été bâtis au Creusot; dans les diverses usines il a été mis en tout à la disposition des ouvriers plus de 1 000 logements nouveaux.

Depuis plus d'un siècle les Établissements Schneider se sont attachés à l'œuvre des jardins ouvriers. En dehors des

profits matériels qu'en retirent les ouvriers, le jardinage leur procure une distraction saine. Ce n'est pas là une des moindres causes du bon état sanitaire de la population du Creusot. Les Établissements Schneider louent actuellement en plus de ceux qui sont joints aux logements, 2 500 jardins. Ils ont même créé une pépinière où les ouvriers peuvent trouver des plants d'arbres à des prix très réduits- Œuvres diverses. — Il existe une foule d'autres œuvres, sur lesquelles nous devons passer très rapidement. Depuis longtemps les métallurgistes ont songé à subvenir aux charges de famille de l'ouvrier. Autrefois ils accordaient des secours pour les familles nombreuses. Actuellement, c'est le système des allocations familiales qui s'est généralisé. Il n'est presque pas d'usine où il ne se soit pas introduit. La plupart sont affiliées aux Caisses de Compensation que nous avons décrites dans la première partie de cet ouvrage. Quelques établissements, et des plus importants, distribuent directement des allocations : 0 fr. 75, 1 franc ou 1 fr. 50 par jour pour la femme de l'ouvrier et pour chacun de ses enfants en bas âge ou seulement pour chaque enfant, ou encore 20 francs, 25 ou 30 ou davantage par mois. Nous avons déjà dit que les métallurgistes ont distribué en 1922 indépendamment des Caisses de Compensation, plus de 75 millions à titre d'allocations familiales.

Dans la même catégorie de secours, il faut ranger les allocations de naissance ou primes de natalité, qui sont versées à la femme de l'ouvrier lors de la naissance d'un enfant et qui vont parfois jusqu'à 300 francs. Ajoutons-y les primes d'allaitement, les allocations de mariage, les distributions de layettes, etc.

Toute une série d'œuvres a pour objet le développement moral ou physique de la population ouvrière. Nous mentionnerons simplement ici, pour être complet, les nombreuses écoles primaires et techniques, les chapelles et les églises qui

ont été dans les grands centres métallurgiques construites pour le service de la population. On parle beaucoup aujourd'hui de l'utilisation des loisirs ouvriers. Certaines personnes se sont avisées de découvrir cette question depuis que la journée de huit heures a été introduite. Il y a beau temps que dans la métallurgie, pour ne parler que d'elle, on s'en est occupé.

Depuis longtemps de nombreuses usines ont mis à la disposition de leur personnel, soit directement, soit par l'intermédiaire d'une association, des bibliothèques, des salles de lecture, des salles de réunions et de fêtes, des cercles pour leurs employés, etc. Ils ont organisé des séances récréatives de théâtre et de cinématographe. Ils ont, comme nous venons de le voir, facilité à leurs ouvriers le jardinage. Ils ont multiplié les encouragements et les subventions aux sociétés de musique, de sport, de pêche, etc. Bornonsnous à quelques exemples.

Ainsi les Établissements de Wendel ont installé à Jœuf et à Hayange des terrains de jeux où les ouvriers et les enfants des ouvriers affiliés aux sociétés sportives que ces établissements ont organisées, pratiquent le football et les sports athlétiques. Il a été créé en outre dans ces deux centres, des Sociétés récréatives.

Les Établissements Schneider au Creusot ont mis à la disposition de leur personnel des locaux où il a été fondé un cercle avec bibliothèque et salles de jeux. Une salle de fêtes, des parcs avec terrains de jeux, sont ouverts au personnel. Des subventions sont distribuées aux Sociétés sportives.

La Maison Chappée, dans chacune de ses usines d' Antoigné et de Port-Brillet avait créé bien avant la guerre une Société musicale. Elle a fondé également des Sociétés de comédiens amateurs, à la disposition desquelles elle a mis des salles de spectacle. Elle organise chaque année des concours de jardins avec distribution de primes.

Les Établissements Marcellot à Eurville et Bienville

(Haute-Marne) possèdent 346 logements avec jardins de 2 à 3 ares par ouvrier. Ils louent, en outre, à leurs ouvriers, moyennant un prix modique, des champs pour la culture des pommes de terre. Ils ont créé à Eurville une salle de gymnastique et un vaste terrain de sports (football, sautoirs, piste, etc.). Ils subventionnent deux Sociétés de musique. Ils ont créé deux cafés de semi-tempérance, où la vente de Talcool est interdite et où les ouvriers peuvent lire des journaux et des périodiques. Ce sont surtout les jardins qui donnent de bons résultats au point de vue moral, car la Maison constate que « Fattrait du billard et de la lecture lutte difficilement contre celui du dancing et du verre de goutte ».

Les Établissements Jacob Holtzer à Unieux (Loire) dès avant la guerre s'étaient occupés des jardins ouvriers; ils en louent actuellement 300 dont la superficie varie entre 150 et 300 mètres carrés. Ils ont créé en 1903 un club athlétique et une Société de gymnastique, pour lesquels ils ont construit des locaux couverts (1 000 mètres carrés) comprenant une salle de répétition, une salle de mouvements d'ensemble, une salle d'agrès, une salle d'escrime, enfin une salle de douches; en outre, une cour fermée sert à la gymnastique en plein air. On a mis à la disposition du Club un grand terrain de football (2 300 mètres carrés) avec pistes pour la course à pied, sautoirs, etc. Il existe aussi un stand permettant le tir à l'arme de guerre.

En 1888, la Société Jacob Holtzer a créé une fanfare qui donne des concerts dans une salle des fêtes que l'usine met à sa disposition. La Société de gymnastique possède d'autre part une clique avec tambours, clairons et fifres.

De tout temps, une bibliothèque a existé à l'usine. Elle est administrée par un Comité de 3 ouvriers et 4 employés. Louis Holtzer lui a fait, en 1896, un don de 30 000 francs. L'établissement lui donne une subvention qui est actuelle-

ment de 3 000 francs par an, et met les locaux à sa disposition. En outre, les membres, qui sont au nombre d'environ 500, versent une cotisation de 0 fr. 25 par mois. La bibliothèque renferme 6 000 volumes et elle est abonnée à plusieurs quotidiens et périodiques.

Les Usines Renault à Billancourt ont mis en 1917 à la disposition de leur personnel toute l'île Séguin. Des terrains de sport et une baignade y ont été aménagés. C'est le Club olympique de Billancourt, largement subventionné par la Maison Renault qui en dispose. Il compte environ 600 membres. Il comprend des sections de jardinage, de footballrugby, de football-association, d'athlétisme et de course à pied, de tennis, d'aviron, de pêche. Il y a, en outre, une section féminine et une section de préparation militaire.

M. Renault a mis en 1918 à la disposition du Cercle des chefs de service et des contremaîtres, un hôtel entouré d'un grand parc. Les Membres du Cercle trouvent là une bibliothèque, des billards, salle d'hydrothérapie, salle d'escrime, tennis, etc. En 1918-19, se sont créées 3 sociétés artistiques comprenant 250 membres : Harmonie, Réveil (tambours et clairons), Estudiantina, Symphonie. Tous les frais sont supportés par M. Renault. Les employés ont un Cercle auquel M. Renault a donné trois salles d'un hôtel situé près de l'usine. L'Amicale des Monteurs, fondée en 1919, a également un Cercle avec bibliothèque et jeux divers. La Maison Renault a mis des salles à sa disposition.

La Société des Aciéries de Longwy, afin de compléter son œuvre de rénovation physique des enfants qui avaient vécu dans les régions occupées pendant la guerre, a favorisé la réorganisation de l'enseignement public dans la région par de larges subventions qui ont permis de reconstituer le matériel scolaire. Elle a rouvert son groupe scolaire de Moulaine, son école ménagère et son cours d'apprentissage. Elle a créé en 1921 à Longwy-Bas, un étabhssement sco-

laire d'enseignement pour les jeunes filles. La Société a réorganisé deux sociétés musicales; elle subventionne plusieurs sociétés sportives et une compagnie de sapeurspompiers. Elle a mis un Cercle à la disposition de ses employés.

Pour terminer ce tableau des œuvres sociales de la métallurgie, nous ne mentionnerons que pour mémoire l'aide apportée aux coopératives de consommation. Un grand nombre ont été fondées par les Établissements eux-mêmes. Actuellement, elles en sont indépendantes, mais beaucoup ne subsistent que parce que les usines sont là pour fournir à intérêt infime le fonds de roulement nécessaire ou pour combler leur déficit. Nous ne ferons ainsi qu'indiquer les cantines et les restaurants qui, surtout pendant la guerre, ont rendu de grands services.

Nous avons terminé l'œuvre que nous nous étions proposé.

Après la présentation des Institutions Sociales que le Comité des Forges et l'Union des Industries Métallurgiques et Minières ont créées et organisées pour les collaborateurs ouvriers de leurs adhérents, nous avons indiqué, dans une rapide esquisse, de quel vaste champ d'institutions privées et propres à chaque établissement ces œuvres collectives étaient aujourd'hui entourées. Nous avons retenu pour chacune de ces institutions, à titre de spécimen, certaines que nous avons choisies au milieu de toutes celles que l'on rencontre dans les établissements métallurgiques.

Il y a dans cette œuvre syndicale, aussi bien que dans ces œuvres individuelles, un effort et des résultats qui méritent attention et réflexion.

Quel que soit le problème qui ait été posé aux chefs des

établissements de la métallurgie et aux dirigeants de cette industrie depuis plus d'un demi-siècle, que ce soit le problème de la maladie, celui de la retraite, celui des accidents ou celui du logement ouvrier, etc., etc., ils en ont abordé l'étude et ont réussi à la mener à bien; les solutions qu'ils ont dégagées, tout autant que les institutions qu'ils ont fondées, ont rendu et rendent chaque jour les plus grands services à ceux pour lesquels elles ont été créées. Elles méritent, croyons-nous, d'être prises en sérieuse considération, au moment même où l'on déclare qu'il faut reprendre « avec hardiesse » l'étude de ces questions.

Ces institutions ont au moins le mérite, dans leur organisation actuelle, de pouvoir être améliorées toutes les fois qu'apparaît la nécessité d'une meilleure adaptation ou d'une transformation pour serrer de plus près les conditions que les méthodes et l'organisation du travail imposent aux familles ouvrières; et cela précisément parce qu'elles ne sont pas emprisonnées dans l'étau d'un texte législatif uniforme et immuable.

Elles suivent la loi du progrès. Nous ne pouvons que souhaiter que les législateurs ne leur fassent pas perdre cet avantage, qui est la condition nécessaire à la vie.

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